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ladytherapy
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12 janvier 2005

L'histoire est un éternel recommencement

J'ai la sensation étrange d'avoir déjà vécu cette scène. Attendez, je me concentre sur les mots exacts : "Tu n'es pas chez toi ici, je te signale, ce n'est que temporaire et en fait, ça l'est de plus en plus. Fin mars, travail ou pas travail, il faudra que tu sois partie."

Ah, oui, c'est très proche de ce qui a sifflé à mes oreilles il y a quelques mois. Au lieu d'un jeune éphèbe pété de thunes, c'est une vielle dame rondouillette qui me le dit. Ca, et le délai (deux mois et demi au lieu de trois mois pleins) : sinon il n'y a aucune différence.

J'en ai marre de tous ces gens qui acceptent de me prendre chez eux et qui se rendent compte que ça veut dire que je vais être chez eux. Ils changent tout simplement d'avis et me mettent à la rue, et c'est vrai que ça règle le problème : le leur. Mais quand on prétend aider, pourquoi ne pas vraiment le faire ? Dans ce cas-là, pourquoi ne pas dire dés le début "non je n'ai pas envie que tu viennes", mais non, à chaque fois, ils font des choix et vous les reprochent ensuite "je n'ai jamais voulu que tu vives ici". Alors pourquoi y suis-je ? Comme si je m'étais invitée en forçant la porte. Quand les gens assumeront-ils leurs choix ???

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9 janvier 2005

Descendance

C'est fini. A jamais. Je n'aurai pas d'enfant de Lord T.

Ca peut paraître stupide à dire : je n'en voulais pas spécialement. Mais vous savez, les femmes... Elles oublient leur plaquette de pillules à 350 km, ne reprennent qu'au bout de deux jours après un week end sans médecin... et hop ! Elles s'imaginent être enceintes. Elles se disent que c'est un lien qui survit. Elles se demandent comment elles pourraient le gérer dans la situation actuelle -déjà rien que financièrement ! Elles s'imaginent tout un tas de choses. Et puis... Et puis non. Pas d'enfant. Arrive le dimanche (ce fameux dimanche du mois) et, aucun doute, il n'y aura pas de bébé.

Mesdames et Mesdemoiselles, ça vous le fait aussi à vous ? Je sais qu'il y a peu de lectrices sur ce blog, ou en tous cas peu qui se déclarent, ou en tous cas c'était vrai la dernière fois que j'ai regardé (ça commence à dater d'ailleurs). Mais je pose tout de même la question. Est-ce qu'il vous arrive parfois de compter comme je le fais, le nombre de bébés qui ne sont pas nés ? Depuis bientôt dix ans que je pourrais, je n'ai pas eu d'enfant. Grand bien me fasse, mais parfois je compte. Et je me dis : j'ai empêché tout ce petit monde de venir à la vie. Je sais pertinemment que le calcul est erroné : non, je ne pourrais de toutes façons pas avoir 12 bébés par an même si j'essayais. Mais... j'ai une pensée pour tout ce petit monde tout de même. C'est un sacré pouvoir, à la réfléxion. J'aurais pu choisir d'avoir des bébés plus souvent que ça. Je ne l'ai pas fait. Curieuse chose.

Ce qui me renvoie aux premières tentatives de contraception. Jusqu'à l'âge de 18 ans, la chose était simple : abstinence. Ca me fait sourire aujourd'hui de penser à quel point j'étais aggrippée à ma virginité par principe (et par peur dudit bébé, ah, les nanas...) Donc naturellement quand la première fois est venue, je n'avais aucune contraception, je me suis ruée sur une sorte de pillule du lendemain que m'avait passée une copine, même pas de médecin (ah, les nanas entre elles...) Et avec dans les jours qui ont suivi est arrivée l'angoisse : vous parlez d'une tranquilité d'esprit, la première fois avait une saveur un peu amère ! (ah, les nanas...) Mais cette pillule du lendemain, comme je l'ai détestée ! Et moi avec. J'avais l'impression de tuer ce qui n'était probablement même pas là. Je me sentais très mal. Féministes, remontez vos manches, j'étais une indécrottable de la vieille école !

Je n'ai pas pris la pillule à proprement parler de suite. Le plus longtemps je pouvais contraindre au préservatif, mieux c'était. Peur panique des gynécos ? Ah oui, tout-à-fait, et c'est encore vrai (le jour où on aura droit à quelques consultation de familiarisation avec ledit praticien, je consens à y réfléchir. Un ptit dîner par exemple. Quoi ? D'ordinaire c'est bien le minimum pour en arriver là, non ???) Quand il a fallu s'y mettre, à la pillule, je me haïssais. C'était du meurtre permanent. Le premier mois, chaque soir à heure dite, en avalant l'objet de la honte, je me répétais que je détestais ce que je faisais. Tout ça pour s'envoyer en l'air, non mais franchement. Préférer sacrifier une vie pour son petit confort ! Je suis terrible, je sais. Je l'étais. C'est vite fait d'avoir des principes quand on est jeune. Si stupides soient-ils, ensuite, avec le recul.

J'avais 16 ans quand j'ai commencé à parler d'enfant. D'enfants, à vrai dire. J'en voulais cinq, rien que ça, et dans mon quasi-délire, j'avais même imaginé un tas de choses à leur propos : leur année de naissance, leur sexe, leur prénom, leur type de personnalité. Dans la lancée j'ai commencé à écrire une sorte de roman dont je faisais une lecture hebdomadaire à mes copines de l'époque (belle époque d'ailleurs) J'étais à fond dedans. Assortie à ma passion récurrente pour l'imagination de maisons et de décoration d'intérieur (merci les Sims de me permettre de vivre cette passion à peu près décemment), c'était vraiment terrible. Sur la fin j'avais même une petite frise chronologique sur les années à venir (ça me ferait bien marrer de la relire maintenant d'ailleurs, je sais que je suis déjà en retard sur mon planning, à bien des égards)

Et pourtant, en fait, malgré tout cela, et aussi surprenant que cela paraisse, je n'en veux plus, des enfants. Surtout pas. J'ai peur, tellement peur, d'être mauvaise, de refaire tout le chemin dans l'autre sens, de succomber à ce qui est implanté en moi depuis toujours, de faire du mal, beaucoup de mal, d'être une mère odieuse, de rendre les enfants en question victime de mes tourments passés... A l'heure actuelle, je serais une très mauvaise mère, et pas seulement parce que j'aurais à peine de quoi nourrir un rejeton, mais bel et bien parce que je suis incapable de me préoccuper de quiconque excepté moi. C'est la vérité toute nue, comme on dit : dans ma situation je m'en fais trop pour moi-même. Et puis, je n'ai pas de certitudes à transmettre, pas de sentiment de sécurité duquel enrober mes gestes, pas de chaleur à donner.

Pour l'avenir ? Question récurrente. Réponses variables. J'en voudrais sans en vouloir. Qu'il soit dit, su et connu désormais que je n'en sais rien. Oui, d'une certaine façon, tout cela est alléchant : c'est sympa d'idéaliser une maison dans laquelle enfin des enfants seraient heureux. Mais ce ne serait pas moi. Ai-je réellement envie d'être mère ? Je ne sais pas. Parfois je prends un de mes chatons dans mes bras, et je me demande si c'est si compliqué d'avoir un enfant, parce que ça semble tellement naturel de ne faire aucun mal, de ne dire aucun mot blessant, d'être la personne vers qui on vient ronronner quand on a besoin de quelque chose (hem) mais je ne serai jamais celle qui a des parents, qui peut compter sur eux, et même si je sais que je n'en aurai jamais, je n'en ai pas tout-à-fait fait le deuil, apparemment. C'est une déception encore trop vivace. Construire ma propre famille ? Pourquoi pas, quand j'aurai accepté l'échec de celle qui m'a vue naître ? Avec la bonne personne, celle qui n'aura pas peur et surtout pas d'elle-même. Dans un environnement calme, serein, stable (surtout stable). Oui, peut-être que j'aurai à ce moment-là, s'il vient, envie d'y réfléchir.

Ou peut-être pas. Mon autre fantasme, c'est ce foyer aux meubles stylés et aux larges et grandes videothèques, cet appart d'intellectuel parisien, et il n'y a pas de place pour des enfants dans ce fantasme-là.

La révolution sexuelle est sensée être passée par là. Mais dans le fond, ne sommes-nous pas, en grande majorité, plus perdues les unes que les autres ? Quand les hommes nous faisaient faire les choses selon leur point de vue, au moins tout était clair. De temps à autres, une Colette levait la tête, mais dans le rang, silencieuses, nous abattions notre travail de femme et c'était sécurisant. Quand comme moi on a vécu en cage pendant des années et qu'on commence à peine à avoir ses propres envies, on regrette ce genre d'expérience. J'aurais peut-être, dans le fond, aimé être mariée à 16 ans, avoir déjà une tripotée de marmots à éduquer, et laisser Monsieur s'en faire pour le contenu de la marmite. J'aurais peut-être aimé être docile et n'avoir aucune ambition autre que ma famille. Je me le dis parfois, comme à regrêt.

Mais où mène cette note ?! C'est effarant comme j'ai pu dévier de mon sujet.

En tous cas, ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas pour cette fois.

1 janvier 2005

Ce conflit entre moi et mes proches

Lors d'un accrochage cet après-midi avec Mirador, j'ai compris qu'elle n'avait pas réellement de reproches à me faire : en réalité, ce qui lui déplaît, c'est la personne que je suis. Je ne suis clairement pas la personne qu'elle a été, je ne prends pas les décisions qu'elle aurait prises, et je ne pense pas de la façon dont elle le fait.

Ce constat m'amène à craindre les mois à venir : je n'ai rien à me reprocher sinon de ne pas être une autre.

Elle cherche désespérément des arguments à m'opposer sur ce que je devrais faire/penser/dire/ressentir, mais en réalité, rien de tout cela ne tient la route : je ne lui plais tout simplement pas.

De toute évidence, une personne de plus de mon proche entourage qui n'apprécie pas la personne que je suis.

De là, une question qui me taraude depuis quelques heures : faut-il, parce que les gens proches de vous n'apprécient pas votre façon d'être, en changer pour autant ?

Lord T (précisons : dans la prériode post-rupture) n'appréciait pas mon mode de pensée (trop axé sur l'émotionnel à son goût), Mirador n'apprécie pas mes occupations pendant mon temps libre (comme je dis, une fois toutes mes démarches effectuées, il vaut mieux que je m'occupe intelligemment, en écrivant, participant à la vie "associative" en faisant du bénévolat sur SériesLive, etc... plutôt qu'en fixant le téléphone en espérant qu'un recruteur m'appelle, mais apparemment non), mes parents n'ont jamais aimé mes choix dans pas mal de domaines (mes amis, souvent trop colorés à leur goût, mais aussi mes passions : l'écriture, le dessin, la japanime du temps où je m'y adonnais, les séries TV un peu après, etc... en fait dés que mon père me voyait avec un livre il me trouvait une autre occupation de type ménage et de fait, j'ai longtemps lu dans la clandestinité, bref, vous voyez le genre...)

Ca fait beaucoup de monde qui n'apprécie pas des traits de ma personnalité ou mes goûts.

La question se pose donc : devrais-je donc changer ? Dois-je faire ce travail sur moi pour cesser de déplaire ? Est-ce la condition sine qua non pour obtenir l'affection de mes proches ?

Ou bien cela veut-il dire que ce ne sont pas les bonnes personnes à placer dans mon entourage ? Ce sont des réactions que j'entends plutôt de personnes avec qui je vis, et il faut le dire, la cohabitation n'est (ou n'a été) facile dans aucun de ces cas.
Alors ? Dois-je m'en inquiéter et envisager une refonte de ma personne, ma façon de faire, de penser, d'envisager le monde, les choses que j'aime... ou décider qu'un jour quelqu'un s'accordera à mon tempérament et l'appréciera pour ce qu'il est : en ce moment, prêt à tout pour un peu de Paix.

26 décembre 2004

Leg

Triste héritage que ce que m'a légué Lord T depuis cette étrange cohabitation de plusieurs mois.

Je suis lui.

Je m'en suis d'abord vaguement doutée le premier soir que j'ai passé ici. J'étais déprimée à mort que tout cela prenne fin, je n'avais pas envie de manger, juste de pleurer (ce que j'ai d'ailleurs fait une fois à couvert). Mirador m'a proposé de dîner, j'ai refusé et elle a dit "tu devrais, prends au moins une soupe", et j'ai répliqué sèchement : "ce n'est pas la peine d'insister, je n'ai pas faim, je n'ai pas envie de manger, je ne mangerai pas et plus tu insisteras, moins j'aurai envie. Ne cherche pas à me faire changer d'avis". J'ai bien vu sa mine triste quand elle a dit dans un souffle "bon, d'accord", et j'ai pensé à Lord T qui n'était encore que dans la pièce d'à côté en train de se préparer à partir, et je me suis dit "je viens de dire exactement ce que j'ai entendu ces derniers mois". J'ai haussé les épaules mentalement, me disant simplement que c'était la fatigue, la douleur, que ça n'arriverait plus.

L'évidence est là. Chaque mot que j'ai envie de répondre à Mirador semble emprunté à Lord T. Du moindre "ça doit captiver ceux que ça intéresse" (une blague récurrente avec Lord T jusqu'à ce qu'il me la balance un jour mesquinement, lui faisant perdre son statut de private joke à jamais) aux réponses de type : "je ne ressens rien pour toi".

C'est d'ailleurs assez terrible de me rendre compte que je ressens pour ma famille la même chose qu'il ressent(ait ?) pour moi : indifférence totale. Cohabitation minimale. Politesse de justesse. Aucune affection. Besoin d'être séparés aussi souvent que possible.

Le fait d'avoir l'impression de ressentir la même chose est à double tranchant. D'un côté, je me dis que je le comprends enfin, et ai envie de l'appeler, et de le lui dire, qu'enfin j'ai compris... Mais les raisons qui font que j'ai envie de l'appeler, font que je ne le fais pas. Simplement parce que je peux à présent me mettre à sa place et comprendre que je ne suis pas la bienvenue, ni au téléphone, ni ailleurs dans sa vie, quelle qu'ait été notre dernière semaine.

Et juste comme ça, à la fois la blessure s'ouvre et commence tristement à cicatriser.

C'est officiel, je l'ai perdu, comme ma famille m'a perdue et ne me retrouvera jamais. De la même façon que leur seule existence dans mon entourage m'insupporte, que les mots, les gestes, la présence de Mirador, me font pousser des soupirs d'impatience, de rage et de frustration. Je voudrais être n'importe où ailleurs qu'aussi près. Je voudrais pouvoir continuer à vivre sans eux. Fichues réalités financières, qui m'obligent à entendre, en une semaine à peine "je suis chez moi ici je te signale, pas toi". Ah, qu'elle est originale celle-là !

Suis-je quelqu'un d'insupportable à vivre ?

Je me le suis demandé, mais pas forcément. La vérité c'est que vivre avec des gens que l'on aime et qui vous le rendent bien n'a évidemment pas le même niveau de difficulté que de vivre avec des gens avec qui on a des contentieux.

Certes, je ne fais rien pour les régler avec Mirador. Je n'en vois pas l'utilité. La frustration ne changerait en rien. Et quel intérêt pour moi de lui dire froidement qu'elle ne compte pas à mes yeux ? Elle n'a pas besoin de l'entendre, ni moi de le dire. Et franchement, je ne le ressens pas comme un poids duquel me soulager, je n'ai rien à lui confier, elle n'est qu'une personne, pas une proche, elle n'a pas plus de valeur à mes yeux... que 6 milliards d'autres êtres humains.

Merci pour le leg.

24 décembre 2004

C'est tous les matins dimanche

En ce qui concerne le déphasage, je suis experte. Vous lisez tout de même quelqu'un qui depuis environ un an, ne se levait pas avant 13h environ, du fait qu'elle s'endormait sur les coups de 6 ou 7h du mat. Eh ouais.
Mais là, je bats mes propres records.

Je pensais sincèrement que le changement de rythme allait être brutal chez Mirador. Ce surnom, elle le doit en partie à ses pulsions de contrôle sur mon emploi du temps. Je n'en avais plus l'habitude : depuis la rupture avec Lord T (et en vérité, déjà avant même si cela n'avait cours que pour les heures de sommeil), je décidais de mes horaires seule et le plus souvent, en complet décalage avec les 'normes' en la matière. De l'ordre du petit déjeuner sur le coup de 16h (j'ai du mal à avaler quelque chose dans les heures qui suivent mon lever). Vous voyez le genre.

Alors quand j'ai compris qu'il faudrait avoir des repas au même moment, ne pas regarder la télé tard ou ne pas laisser l'ordi allumé lorsqu'elle dort, j'ai envisagé un désastre complet. Pour tout dire, je m'imaginais vivre des heures d'insomnie dans mon lit, en train d'écouter les chats ronfler (car mes chats ronflent. Enfin, surtout Tomcat, Trixie serait plutôt du genre à siffler dans son sommeil).

Rien de tout cela (excepté pour les bruits nocturnes de mes camarades de chambrée). En fait, j'ignore comment j'en suis arrivée là, mais depuis lundi ou mardi, je me lève en pleine nuit et ne parviens pas à me rendormir. Avec pour effet d'avoir des horaires de veille du type : 4h-20h, enfin dans ces eaux-là, quoi.

Un décalage dans l'autre sens.

Finalement, mon problème n'était pas tant de ne pas être adaptée aux horaires de sommeil classiques (que je suppose être en 22h et 8h), mais la vérité est la suivante : je suis nulle pour dormir. Pas étonnant que je déteste ça. Ou bien ? Où est l'oeuf, où est la poule ?

Le problème persiste, je suis en décalage complet.

Comme si je vivais en permanence des décalages horaires de pays où je n'ai jamais mis les pieds. Tiens, pour rigoler, j'essayerai de voir dans quel pays je dors en ce moment. Les voyages forment la jeunesse.
Donc tous les matins, me voilà éveillée très tôt. La lumière des lampes dans la rue filtre à travers les rideaux épais mais lâches de mon vasistas. Hm...

L'ambiance est celle d'un dimanche matin.

Quand j'étais petite, le dimanche matin, je me réveillais plus tôt que tout le monde. La maison était silencieuse. On entendait les bruits du jardin (les oiseaux, le vent...). Je restais là, à rêvasser encore un peu, à tortiller mes doigts dans les draps, à lire.
Et puis sur le coup de 9h, les portes s'ouvraient, la maison se mettait en mouvement, je reposais tout et attendais que ma mère vienne me réveiller -car bien-sûr, comme beaucoup de gosses, je faisais semblant de dormir. Pas pour rire. Pas pour faire une surprise (quoique ça a dû m'arriver une ou deux fois). Juste pour que le matin se passe comme si de rien n'était et que tout le monde ignore tout de ma vie nocturne. Ma double-vie. Personne ne sait comme moi avoir l'air profondément endormie. Je sais même moduler mon souffle. Tout le monde tombe dans le panneau. Dimanche matin d'enfance.

A présent j'ai l'impression de revivre ces dimanches matins dans une maison endormie. Et d'attendre l'heure pour descendre, comme si de rien n'était.

Les dimanches matins, les vrais, c'est important. C'est mon fantasme personnel. C'est ma réponse à la question métaphysique "qu'est-ce que le bonheur ?". Se réveiller un dimanche matin lumineux, une lumière blanche filtrant de derrière les volets, une odeur de café (que pourtant je ne bois pas) dans la maison, et un visage endormi et serein posé sur l'oreiller aux motifs de lierre pastel à côté de moi.

Ne me demandez pas. C'est un fantasme. Il n'y a rien à expliquer.

Mais le matin où je vis cela, en ressens toute la plénitude, et n'ai pas envie de traîner dans mon lit, seule avec ma vie parallèle, ce matin-là j'ai gagné.

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21 décembre 2004

Rappelez-moi de mourir jeune

Seigneur ! Il ne fait pas bon avoir 75 ans si j'en crois l'exemple de ma grand'mère Mirador !

Voyons-voir : en moins de 3 jours, elle m'a parlé 4 fois de ses proprios qui se sont fait opérer des yeux, 3 fois d'une cuiller de bois qu'elle a cassé (et si elle devait la garder, et si elle devait en racheter, mais savez-vous qu'une aussi bonne cuiller, on n'en fait plus ? Alors où en trouver !?), une dizaine de fois de ce qu'on allait manger (pour note, elle m'a fait dresser pas plus tard que la semaine dernière une liste exaustive de ce que je mange ou non, et à quel repas), a reporté à plus tard par 6 fois des travaux à effectuer dans la maison en raison de mon installation (je soupçonne ces tâches d'être effectuées le lendemain de mon départ), m'a montré 3 fois les mêmes photos (de gens que je ne connais même pas, et ne connaîtrai jamais d'ailleurs), a raconté plus d'une dizaine de fois qu'elle était passionnée par l'histoire de sa famille (PS : vous ne la verrez jamais faire quoi que ce soit dans ce sens de la journée), m'a exhortée 7 fois à me couvrir plus, a radoté 4 fois sur la température de la pièce (variante : l'escalier, une autre pièce) et a tenu des propos racistes une seule fois (on est en progrès). Ah non attendez : deux. C'est déjà un bel effort. Et a gâtifié sur mes chatons une bonne quinzaine de fois, au moins. Bien. Ca, c'est fait. (Oui, j'ai compté, rares sont les occupations actuellement)

Intriguée (je devrais dire, angoissée), je lui ai demandé comment elle occupait ses journées. Le bilan est terrifiant.
Elle se lève à 9h, prépare son petit déjeuner, déjeune, fait sa vaisselle du matin, va à la toilette... hop il est déjà temps de préparer le déjeuner ! Elle déjeune, fait sa vaiselle du midi... et là on entre dans un grand flou artistique, car elle explique qu'elle 'fait des trucs' dans la cuisine. Selon mon observation, elle fait des mots croisés, relit pour la énième fois son France Soir, et... mais attendez ! Il est l'heure de préparer le dîner ! Elle dîne, 'fait des trucs' dans la cuisine et va se coucher sur le coup de 21h ou 22h (les soirs fastes). La vie de vieux est captivante. C'est atterrant.

Ok, j'avoue : je sais pertinemment que TOUS les vieux ne vivent pas de cette façon. La grand'mère de Lord T, à titre d'exemple, fait une quantité de choses : elle donne des cours particuliers à des jeunes, est membre d'associations (dont le Lyon's Club, eh oui quand même), voyage d'un de ses enfants à un autre (ou les petits-enfants quand la génération précédemment citée est épuisée), va à des expos, au cinéma, etc...

Qui représente la majorité des comportements chez les personnes âgées ? Je crains que ce ne soit pas Grand'Mère T. C'est dommage d'ailleurs.

Du plus loin que je me souvienne, la vie de mes grands-parents paternels est à peine plus palpitante que celle de Mirador, rythmée par quelques cérémonies d'anciens combattants (auxquelles ils ne vont plus à présent, car d'après ce que je sais mon autre grand'mère est mal en point et mon grand-père ne se déplace pas sans elle).
Alors, je vous en conjure, abattez-moi avant que je ne devienne vieille.

A la réflexion, ce ne sera pas nécessaire, j'ai déjà eu tellement d'occasions, je suis quasiment certaine de trépasser prématurément. Ouf !

18 décembre 2004

Ces hommes qui ont peur

Nous y voilà. Et la souffrance est réelle. Plus que je ne me l'étais imaginé ces derniers jours -je suis simplement naïve.

Quelque chose a changé. Mais pas lui.

J'étais tellement stupide de croire... Je ne sais plus en quoi j'ai cru, en fait. Je suis juste certaine que je n'y crois plus.

Les adieux n'en seront peut-être pas, après tout. Demain il me ramène les chatons restés chez ses parents, la semaine prochaine il me ramène de nouvelles affaires... (d'ailleurs ça a failli être un dernier voyage à deux mais, merci Maman T., ce ne sera pas le cas)

Alors il y aura peut-être un encore. Peut-être des nouvelles. Je dis ça mais j'en suis si peu sûre. Et puis, j'en ai marre.

Voilà tout j'en ai marre de lui mettre le nez dans ses évidences.

Il me dit que cette semaine a été plus que juste du sexe, quand je lui dis "je peux pas te dire je t'aime parce que c'est trop fort pour ce que je ressens, mais je voudrais dire quelque chose dans ce genre" il me répond qu'il comprend et que lui aussi, quand je souligne qu'avec n'importe qui d'autre, une semaine similaire lui aurait donné envie de poursuivre, il avoue que c'est vrai, que c'était bien.

C'est mon problème.

Pourquoi dimanche dernier les choses ont-elles glissé ? Pourquoi ne pas nous en être tenus au scénario de départ ? Nous aurions appris à nous haïr, au moins aussi fort que nous avions appris par nous aimer. Désormais c'est l'ambiguité la plus totale.

Il a réclamé plus. Mais quand moi j'en fais autant, il me regarde froidement et répond avec mépris.

Peut-être que dans le fond je l'aime encore, ou que je suis retombée amoureuse, je n'en sais rien. Ou tout simplement ne suis-je pas de ces filles capables de baiser sans s'investir un minimum.

Plus simplement, quand je passe une bonne semaine, je me dis que je veux que la suivante soit du même niveau, je n'ai plus envie de me demander si, et à quel point, et est-ce que...? Non, j'ai juste envie d'être bien.

Moi tout ce que je voulais c'était guérir, mais il n'y a que lui qui se sente victorieux dans tout cela. Il a toujours eu ce qu'il voulait. Moi pas. Ce sera toujours la différence entre nous. Le peu qu'il comprend vouloir, il l'obtient, quant à moi j'ai beau me battre de toutes mes forces, c'est l'échec.

C'est trop dur. Comment j'ai survécu à cela en étant amoureuse ? Sans plus l'être (ou au moins plus tout à fait dans le pire des cas) je suis déchirée. J'ai le coeur si gros que j'ai l'impression qui va m'étouffer.

Je veux juste... juste faire perdurer ce que nous avons retrouvé.

Mais au nom du passé, je n'ai pas droit à un présent convenable.

Les hommes sont des lâches.

Désormais ce sera mon ours en peluche et moi. J'ai donné.

18 décembre 2004

Entracte

Bonbons, caramels et chocolats ! Esquimaux glacés !

Voici une très légère pause dans ce blog. Légère de deux à trois semaines, certes, mais ce n'est qu'une pause. Promis. Je suis toujours revenue jusqu'à présent, pas vrai ? Le temps d'avoir à nouveau Internet et me revoilà.

En attendant, faites-moi plaisir, prenez-soin de vous, aimez-vous les uns les autres (couverts autant que possible), et passez d'excellentes fêtes de fin d'année.

Quant à moi, avec la dernière semaine, j'ai plutôt une faim d'année - celle à venir. On verra bien.

Dans les commentaires de ce post, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques, petits bonjours et autres notes, j'aime avoir de vos nouvelles. Et profitez-en pour voter : voulez-vous que je vous fasse part des notes rédigées le temps de mon éloignement ? A vous de me dire, à vous de voter, Joyeux Noël et tout ça, on se revoit en 2005.

16 décembre 2004

Touchants adieux et merveilleuses retrouvailles

Notre adieu est sans doute le plus beau dont j'aie jamais entendu parler. Combien de personnes qui ont vécu les 5 années les plus constructives de leurs vies côte à côte, se sont aimées, fait rire, fait pleurer, rassurées, soutenues, délaissées, appelées, parlées, touchées, suppliées, exortées, et pour finir se sont déchirées, se quitteraient sur une semaine de lune de miel, avec rires, insouciance apparente et confidences ?

J'avais raison de penser que c'est la plus belle histoire de ma vie. La plus romanesque. La plus exaltante. La plus remuante. Celle qui de bout en bout aura fait battre mon coeur - peu importe au rythme de quoi. Larmes tantôt de joie, tantôt de douleur, il m'aura fait vivre plus passionnément que quiconque. Je n'ai jamais osé imaginer quoi que ce soit de tel, et pourtant croyez-moi, mes "jeux" ne manquaient pas de rebondissements très Danielle Steelien...

Ce soir alors que nous déconnions sur quelque chose de charnel, soudain un frisson (et bizarrement au premier abord il n'était pas très agréable) :

lui - Ce serait bien qu'un jour tu me montres...
moi - J'y penserai.
lui - Il faudra que ce soit dans la semaine sinon chez ta grand'mère... bof quoi.
moi - Tu veux bien répéter ?
lui (coi) - J'ai rien dit.

Mesdames et Messieurs, sous vos yeux ébahis (bien qu'en très léger différé), il a sous-entendu que cette aventure se poursuive au-delà de la semaine. Vous le comprenez comme moi, pas vrai ? Lui-même était estomaqué. A la suite de quoi, cette seule pensée m'a tout coupé, lui c'est la pensée de ma grand'mère qui l'a refroidit, il allait se coucher mais je lui dis... "c'est dommage de finir la soirée comme ça". Eh bien celui-là même qui tenait à se coucher tôt, celui-là même qui ne passe d'ordinaire pas une minute de rab' avec moi, celui-là même qui avant dimanche soir m'aurait rabrouée comme c'est pas permis, celui-là a demander si j'avais un ptit DVD à nous mettre sous la dent, et l'a tendrement regardé avec moi.

Les hommes devraient faire attention quand ils nous donnent de l'espoir : on a tendance à y croire.

Et moi qui ai douté : mais triple buse que je suis, ce n'est pas qu'il ne ressente plus rien, c'est seulement qu'une fois de plus il était perdu, une fois de plus il était immature, une fois de plus il n'était pas prêt ! Comment ai-je pu me remettre en question alors que c'était si évident. En trois jours à peine nous voilà dans notre élément. Comment ai-je osé douter que je survivrai jusqu'à notre guérison ?

28 novembre 2004

Ca sonne occupé

Je me souviens avec nostalgie du temps où le seul moyen de me contacter était par mon téléphone fixe, et qu'il suffisait pour avoir la Paix et se couper temporairement du monde, de décrocher le combiné pendant un jour ou deux. J'ai ces derniers jours la nostalgie de ce stratagème simplissime.

En fait, depuis que j'ai Internet (car un portable s'éteint très facilement et n'est donc pas un gros obstacle), je ne m'étais pas rendue compte à quel point j'étais fréquemment sollicitée. Mails, notifications, messages privés, publicités, etc... Une centaine de messages arrivent quotidiennement dans ma boîte, m'exortant à une plus grande sociabilité. Sauf que ce n'est pas du tout l'humeur du moment. Je n'avais pas remarqué tout cela jusqu'il y a deux jours, peut-être trois, où morte de fatigue toute à la fois physique et morale, j'ai décidé de prendre quelques jours de vacances vis à vis de mes congénères internautes. Dormir les trois quarts du temps et surfer tranquillement le reste du temps semblent profondément incompatibles avec la communauté avec laquelle je me suis liée ces derniers mois.

Pourtant je n'ai rien contre aucun d'entre eux, je ne me suis disputé avec personne (de ma part c'est même étonnant car cela arrive souvent, caractère explosif oblige), je ne suis pas vexée ni rien, je veux juste être au calme. Pendant quelques jours. En l'espace de 24h, pourtant, les mails inquiets inondaient ma boîte de réception. Ne peut-on pas s'absenter quelques temps ? Cela semble opressant et me décourage de réattaquer, retourner sur les lieux que je fréquente, répondre aux mails, etc...

Chose d'autant plus ironique que pendant un certain temps, du fait de mon déménagement imminent, je n'aurais pas de connexion, et vais m'en plaindre, forcément. Mais actuellement je ressens comme une saturation, et je sens l'éloignement temporaire nécessaire avant d'arriver à l'extremité qui ne plairait à personne : claquer la porte, me trouver un nouveau pseudo, et tout recommencer au sein de nouvelles communautés. Ce serait tout de même dommage ! Seulement visiblement, on ne peut prendre de vacances d'Internet en toute impunité.

19 novembre 2004

Cette musique qui me transporte avant

On ne devrait jamais écouter de chansons qui signifient quelque chose pour soi. Rien que ne soit raccordé à un souvenir, au plus petit lien affectif.

Evolution. Quand je l'ai découverte il y a un an et demi, j'ignorais tant de choses... Mais de l'entendre, c'est comme d'être replongée dans cette époque et de me remémorer mon bonheur d'alors. Quand Lord T et moi étions bien.

Ce n'est déjà pas une chanson gaie, mais alors là... J'en pleure de me souvenir ma vie d'alors. Des espoirs que mon coeur était encore capable d'entretenir. A cette époque, je pensais très sincèrement que ma vie irait s'améliorant. Que j'avais trouvé une personne idéale avec qui partager ma vie. Je le pensais et j'avais toutes les raisons de le penser, et elles me reviennent, maintenant, là, en écoutant ces cris de douleur qui se veulent enjoués, je me rappelle tout ce que nous avions il y a un an et demi, tout ce que j'avais, en fait, et notre relation semblait faire partie des acquis (s'il y a pourtant bien une chose qui soit sûre, c'est que rien n'est jamais acquis, comment ai-je pu penser cela ?!). Je croyais que je n'allais plus jamais être malheureuse, que mes années de disette affective touchaient à leur fin, que j'avais un refuge.

Je me hais, soudain, d'avoir cru tout cela possible. D'avoir imaginé que ça allait durer : cette liesse, cet amour non seulement en moi mais en lui aussi (double miracle !), et tout ce à quoi j'étas capable de rêver. Je suis même jalouse de moi-même, ce moi-même passé, je le hais à en crever, à m'en étouffer dans mes larmes, parce que cette espèce de petite connasse avait tout, elle avait tout ce dont elle rêvait. Un avenir, voilà ce que je pensais avoir. Je me déteste de savoir que j'en ai eu un à une époque.

Il faut vraiment que je vire cette chanson de ma playlist.

PS : Inutile de préciser quelle chanson j'écoutais en rédigeant cela, pas vrai ?

10 novembre 2004

Ombre au tableau

Quand je me lève au milieu de la nuit pour vomir, ou d'autres choses amusantes de ce type, je me retrouve ensuite invariablement devant mon ordinateur. Voilà le résultat de cette nuit et, franchement, ça donne pas envie d'aller dormir.

Disorder Rating
Paranoid: High
Schizoid: Moderate
Schizotypal: Moderate
Antisocial: High
Borderline: Very High
Histrionic: High
Narcissistic: Moderate
Avoidant: High
Dependent: Very High
Obsessive-Compulsive: Moderate

-- Vous aussi, testez votre santé mentale ! --

Plus drôle, aussi, et qui m'offre quelques pistes quant à la note : Au nom du Père ?

Le test de l'Enfer de Dante : j'ai atteint le Sixième Cercle de l'Enfer - La cité de Dis ! Voici mes scores pour chaque cercle :

Level Score
Purgatory (Repenting Believers) Vry Low
Level 1 - Limbo (Virtuous Non-Believers) Moderate
Level 2 (Lustful) Moderate
Level 3 (Gluttonous) High
Level 4 (Prodigal and Avaricious) High
Level 5 (Wrathful and Gloomy) Moderate
Level 6 - The City of Dis (Heretics) High
Level 7 (Violent) High
Level 8- the Malebolge (Fraudulent, Malicious, Panderers) High
Level 9 - Cocytus (Treacherous) Moderate

Passez le test de l'Enfer de Dante

Je m'ennuie, la nuit...

4 novembre 2004

Réconciliation ?

Suis-je réconcilée avec mon blog ? Pas encore.

Depuis vendredi dernier, j'étais ulcérée par le message de crash aware. Pourquoi ?

D'abord parce que je ne m'étais pas du tout préparée à ce que ma parole soit remise en question en rédigeant ce blog. J'étais parfaitement consciente que des gens ne seraient pas d'accord avec mes choix ou mes opinions, mais pas qu'on puisse douter de la véracité de ce que j'y dis. J'avoue que je ne verrais pas l'utilité de mentir dans ce blog, je n'ai strictement rien à y gagner. Et ça ne m'a pour ainsi dire même pas effleurée, le but de ce blog n'est pas d'entretenir un public mais bien de pouvoir écrire et me décharger du poids qui me pèse. C'est ce qu'il m'avait semblé expliquer dans le premier post dudit blog. D'autant que n'ayant personne à qui me confier au quotidien, ce blog est le dernier rempart entre le mensonge et la sincérité.

Deuxièmement, pendant environ les 16 premières années de ma vie, on m'a toujours dit que je faisais toute une histoire de pas grand'chose simplementp arce que je n'avais pas la possiblité de prendre autant de recul que les adultes qui m'entouraient, et de mettre de la distance entre les évènements et mes sentiments. Pendant des années, et je soupçonne que cela soit encore vrai, mes parents ont pensé qu'il n'y avait rien de bien terrible dans ce qui s'était passé, et chaque fois que j'ai amené le sujet, on m'a dit que j'exagérais. Je ne sais pas de quelle façon il me faudra expliquer que les 16 années les plus formatrice de ma vie ont été passées à me détester, et autoriser tout le monde à me déprécier. Ca m'a fait tellement de mal toutes ces années, et il faut croire que c'est encore le cas aujourd'hui.

Mais j'ai envie de ne pas abandonner ce blog, je veux le poursuivre parce que c'est vraiment trop dommage, en un mois seulement, de penser que j'en ai fait le tour. Je me suis fait quelques contacts intéressants, et ai découvert une communauté dont il y a un mois à peine j'ignorais tout, et je n'ai pas fini de l'explorer. Je n'ai pas fini de comprendre ce qu'Internet peut m'apporter.

Et surtout, j'ai noté en mon 'absence' que pas mal de monde avait réagi (ma soeur, en particulier, Rei, qui a posté tout au long de mes notes et s'est apparemment tapé quelques heures de lecture ! Tiens, Rei, dis-moi : est-ce que j'ai jamais menti ?) ce qui m'a mis un peu de beaume au coeur ?

Réconciliée, moi ? Pas tout à fait mais, voyez, j'y travaille...

29 octobre 2004

Trop propre

Je rentre du travail ce soir et je trouve la maison nickel. Vous voulez que je vous dise ? C'est trop propre. Jamais de sa vie ce type n'a fait son lit et là il serait presque au carré. Il a même fait le mien. Tout ce qu'il rechigne à faire a été exécuté pour la seule fois que je ne suis pas à la maison. Je suis la seule à trouver ça suspect ? Pour quelqu'un qui avait promis de me dire si jamais il aviat quelqu'un, je trouve ça assez ironique. Presque mesquin. Limite mensonger. J'ai honte de tenir à cet homme.

29 octobre 2004

Il vous plaît mon bureau ?

De là où vous êtes, vous me voyez dans mon bureau. Ok d'accord, "mon", c'est beaucoup dire : celui que je vais occuper pendant deux semaines. Je dois dire que je suis mitigée sur ce poste : à part la paie, rien ne m'y captive. Je suppose que je peux m'estimer être comme tout le monde sur ce point, non ?

J'ai grandi dans une famille où on m'a répété qu'on ne faisait jamais ce qu'on veut dans la vie, où l'on n'exerçait pas le travail que l'on aurait souhaité, et où très jeune j'ai été instruite sur la façon de s'accomoder d'un travail peu réjouissant, plutôt que sur la façon d'en décrocher un qui nous plaise, et où, enfin, le mot travail était éminemment proche du mot corvée : ce n'était pas vraiment une valeur positive, juste nécessaire, et incontournable. J'ai tendance à oublier que certains aiment le métier qu'ils pratiquent. Passionnément, même. En fait à la réflexion, la plupart des gens avec qui j'ai travaillé étaient passionnés par leur métier : Muriel (à qui je suis bien incapable, et depuis des années, de faire l'affront de trouver un surnom), MCG, le Sarf, etc... mes supérieurs ont toujours été des gens amourrachés de leur travail. Un bien meilleur exemple que mes parents, en réalité.

Mon père change très régulièrement de poste : il n'arrive jamais ni à se faire apprécier de ses collègues et supérieurs, ni à se faire au travail qu'on lui demande. De toutes façons il hait sa profession. Mais je suis sûre que, quelque part, de par le monde, un homme aime exercer son métier de flic, non ? Pas un seul ? Bon. Peut-être, après tout.

Est-ce que j'aime mon métier ? Certes pas. Aucune chance, quand on pense que je ne l'ai pas choisi. Que le fait même de l'exercer est un puissant aveu d'échec : chaque jour passé dans la peau d'une assistante me rappelle à quel point mes projets étaient ailleurs. A une époque, j'avais l'audace de formuler des rêves et même des projets pour ma carrière. Quelle ironie, quand j'y pense. Ce que j'aurais voulu faire ? Aujourd'hui c'est plutôt flou, finalement, sans doute parce que j'ai soigneusement évité de me souvenir de toutes ces choses que je ne pourrais jamais faire. Ca vaut tout de même mieux que de se gonfler d'amertume, non ? Je voulais étudier une centaine de langues étrangères (et chaque année, une nouvelle vient encore s'ajouter à la liste des "quand je serai grande j'apprendrai à parler..."), et surtout : écrire. Ecrire et produire des choses qui viennent de moi. Pas appliquer des méthodes, pas suivre des procédures, encore moins écrire des courriers insipides où nul n'est besoin de savoir écrire, il suffit de savoir tenir un stylo. C'est tellement dommage, cette profession, après tout : on vous demande de grandes qualités qui jamais ne sont mises à profit : capacité de rédaction, initiative, talents d'adaptation, etc... Tout cela pour rédiger des lettres-types, c'est trop triste. Répondre au téléphone avec une voix d'hôtesse de l'air, et répéter les mêmes phrases, sans même avoir une opportunité, une seule, d'échanger un vrai sourire sincère.

Je mens. Une fois, au téléphone, il y a bien longtemps de cela, peut-être deux ans, un homme a appelé pour parler à une personne qui n'était pas là. Charmant, mon interlocuteur (qui n'a pas laissé de nom et je le regrette) n'a pas raccroché pour si peu, et a taillé le bout de gras cinq minutes avec moi : pas pour me draguer, uniquement parce qu'il a dit que j'avais une belle voix et qu'elle donnait envie de discuter. On a un peu plaisanté, il m'a expliqué son travail, pourquoi il appelait alors qu'il savait que l'autre n'était pas là (pour rassurer son chef), et puis au bout de quelques minutes on a raccroché et je me suis dit que, pour une fois, mon métier était humain.

Ce métier je ne l'ai pas choisi, tout d'abord parce que je n'ai pas choisi mes études. En fait du plus loin que je remonte, je n'ai rien choisi de mon orientation (ce fichu mot qui a commencé à me faire trembler dés mon entrée en 6e... tout ça pour rien) : ma première langue vivante (imposée sous le prétexte qu'il y avait plus de monde pour m'aider, résultat mon allemand je l'ai quand même fait toute seule), ma seconde langue (qui découlait directement du choix de la première, puisque, disaient mes parents "l'anglais c'est obligatoire si tu veux travailler"), mon redoublement (ils m'ont donné un mois de réflexion, mais ma conclusion ne leur a pas plu, j'ai dit "non", ils ont dit "alors oui"), ma dominante au lycée (en même temps, vu mes notes, le choix était tout fait : c'était littéraire ou pas du tout bachotière). Ma crise d'adolescence sur ce point s'est bornée à choisir d'aller en fac d'anglais, manque de chance des ennuis personnels (et le fait qu'une crevette d'eau douce aurait aussi bien pu suivre les cours) m'ont fait abandonner en cours de route. Résultat des courses, mes parents m'ont dit de travailler. Je ne voulais pas m'en tenir au Bac, j'ai cherché à toutes forces une formation rémunérée, et me voilà dans la première qui m'a acceptée. Trois ans plus tard, le fameux diplôme en poche, ma vie n'est pas meilleure, mais qu'importe.

Je perpétue une longue tradition familiale...

26 octobre 2004

Profession de foi

Je reviens d'un entretien pour un boulot, et je m'aperçois qu'il y a quelque chose de boiteux dans ma démarche de recherche d'emploi. Depuis un an que je cherche du travail, ma façon de procéder a grandement changé. Et surtout : mes critères.

Alors qu'auparavant je n'étais pas prête à faire tout et n'importe quoi, accepter tout et n'importe quoi, etc... Aujourd'hui je feins mes questions. "Quelle est l'organisation", "quels sont les outils logisitiques", "quelle rémunération" ? Sans rire, je m'en fiche les mecs, prenez-moi et puis c'est tout ! Payez-moi le minimum, donnez-moi un boulot un ingrat, ce que vous voulez mais payez et moi et donnez-moi un boulot !

Tout ce que j'ai à dire c'est : regardez dans les yeux mon envie de travailler, regardez c'est ce que je veux, c'est ce que je sais faire, j'y suis bonne, compétente, extraordinaire ! C'est moi celle qu'il vous faut même si c'est 20 fois plus inintéressant que le plus initéressant des boulots que j'ai fait ! Embarquez-moi, et hop !

Tout ce qui compte c'est que je me tire d'ici.

23 octobre 2004

Tout va bien : ça va mal

Cela fait deux coups de fils avec ma mère. La connaissant, elle n'a pu s'empêcher de se dépêcher d'aller tout raconter à mon père. Le ton de la confidence ? Connaît pas.

Voyons voir, à quoi peut bien ressembler la conversation de quelqu'un qui va raconter à mon père que je vais revenir ? J'imagine en tous cas la prmière phrase, qui se veut rassurante sur l'avenir : "Tout va bien : ça va mal".

Eh oui, tant que ça va mal pour moi, ils peuvent espérer que je revienne. Que je m'excuse. Mais alors que ce soit clair tout de suite : revenir, bon, j'y pense. Mais m'excuser, complètement hors de propos. Non seulement je ne m'excuserai pas d'être qui je suis, mais je ne m'excuserai pas d'avoir faits mes choix. Ce serait pas un peu hypocrite de leur part, de toutes façons ? Depuis ma plus tendre enfance, ils me répètent d'être adulte et d'assumer la conséquence de mes actes. Pas d'bol : voilà que je le fais.

Ok, ça va mal pour moi. On a définitivement atteint le stade de non-retour avec Lord T. Une plaie sur le nez, lequel a saigné une bonne heure et demie, je crois qu'on peut dire que j'ai donné sur ce coup-là (sic). Je n'ai pas quitté mes parents pour vivre ça avec un autre. Joker a raison : Lord T m'inflige pareil que mon père. Nom de Dieu, quand même, depuis juin pour réaliser ça ! Je m'ferais presque pitié. Ok, l'Amour est aveugle. J'en ai mis du temps à ne plus l'aimer. Mais ya rien de tel qu'une bonne torgnole pour vous rappeler au bon sens.

J'aurais tenté. Vous êtes témoins ? J'aurais tenté pas vrai ? J'ai essayé de parler, j'ai essayer de négocier, j'ai essayé de comprendre. J'ai donné, n'est-ce pas ? Est-ce que je me suis bien comportée ? Est-ce que j'aurais pu faire plus ? A vous de me le confirmer, ou pas. Lisez le blog, jugez sur pièces, certes chaque minute de mon quotidien n'est pas répertoriée ici, mais vous avez un aperçu de ma personnalité et de mes tentatives.

Je regrette de partir. Je n'ai pas envie d'abandonner. Ce n'est tout simplement pas moi, d'abondonner sur l'important. Mais il ne changera pas : il veut vivre en nombriliste et ne pas tenter de s'améliorer. Ah vous savez, je pardonne beaucoup, surtout à celui-là, mais ne pas vouloir être une personne meilleure ne m'inspire pas la moindre indulgence.

Et puis quoi ? Parfois il faut laisser les gens dans leur merde. Parfois il faut admettre qu'on est impuissant. Certes, j'ai horreur de ça. Bon. Je voudrais penser que sur les plan des affaires humaines, mon coeur est suffisamment grand pour venir à bout des problèmes. Soit, j'ai eu tort. Ou bien j'ai misé sur le mauvais cheval. Ca arrive. A 22 ans je peux encore avoir l'excuse d'être dans mes jeunes années. Au moins sur le papier disons.

Résumé des faits de ce soir. Je tente de dialoguer pendant près d'une heure, il m'assène un sournois "j'ai pas envie de faire d'efforts parce qeu tu m'es indifférente, c'est faire trop juste pour toi", je lui dis "s'il te plaît ne laisse pas tomber", il me balance encore une horreur et là, vlan ! Je le giffle du bout des doigts mais avec colère. Là je ne sais pas ce qu'il a fait mais ce dont je me souviens ensuite, c'est d'avoir le nez en sang, lui me maintenant les bras en me les tordant, et moi, réflexe de survie appris chez mes parents, le pied sur sa gorge. Roccambolesque, hein ? Si ça, ça me rappelle pas mon père, chais pas ce qu'il me faut. Il y a quelques mois à peine, je le croyais bon, pacifique, attaché à ne pas nuire. Je n'aurais jamais pensé vivre une scène d'une telle violence avec lui. Qu'on en soit arrivé là m'horripile. Il m'avait promis qu'il ne me ferait jamais de mal. Qu'il ne serait jamais comme mon père. Je comprends mieux qu'il déteste faire des promesses : il ne sait pas les tenir. Et comme mon tendre géniteur, ment effrontément quand on tente de les lui rappeler. Si seulement j'étais sûre de ne plus jamais me faire avoir. Mais la preuve, c'est que non.

Alors tant qu'à vivre ces scènes, autant que ce soit avec mon partenaire habituel : mon père. Lui et moi on est quand même 'achement plus rôdés. Avec un peu de chance, il aura lui-même suffisamment vieilli et mûri pour ne pas céder à ses pulsions, et donc ne pas tenter les miennes. Et avec encore plus de chance, limite un miracle, l'éloignement nous sera salvateur, à Lord T et à moi. Il faudra survivre à tout cela, la distance le permettra peut-être.

J'aurais voulu ne pas faire marche arrière. J'aurais voulu ne pas baisser les bras. Mais il est temps de mettre mon orgueil en berne et d'admettre que cette fois, je ne gagnerai pas. Et à mon avis, c'est perdu pour de bon, bien que ça me brise le coeur.

Nan, je mens effrontément. Je ne veux pas partir. Je ne veux pas lui donner une chance d'apprécier la vie sans moi même si je sais pertinemment que c'est ce qui arrivera. Je ne veux pas partir parce qu'il ne me demandera jamais de revenir dans sa vie. Il se dira "tant pis" et passera à autre chose. Il a fait comme cela pour tout le monde. Moi plus que les autres. Il ne cherchera pas à guérir, il cherchera à oublier. Et je sais qu'il en a la capacité. Oui, dans ma tête, la préoccupation vis à vis de lui, c'est comment soigner le mal, pas comment le fuir. C'est une telle douleur cette situation, mais je ne veux pas pour autant l'erradiquer de ma vie. Non, surtout pas. J'ai vécu les années formatrices de ma vie avec lui, nous nous sommes construits côte à côte, non, je refuse de laisser tomber par fénéantise, parce que c'est dur, parce qu'il est quelqu'un de si différent de par son fonctionnement. Je refuse de m'avouer vaincue. Je voudrais avoir une garantie que c'est un pas en arrière pour deux en avant. Je voudrais être sure que si je m'éloigne, il permettra que ce ne soit que temporaire. Mais tout tend à prouver le contraire, n'est-ce pas ? On a commis l'irréparable, on en est venus au mains. Jamais plus je ne retrouverai mon Lord T, n'est-ce pas ? C'est ça la vérité vu de derrière vos yeux, pas vrai ?

Chez mes parents, ce sera tout aussi immonde. Parce que je n'aurai plus de contact qu'avec eux. Nan, je ne veux pas ça. Je ne veux pas, en plus de perdre l'homme que j'aime, l'homme avec qui je songe toujours à faire ma vie (malgré les délires aux odeurs de bière d'un certain Tibou, je ne songe à passer mon existence qu'avec Lord T), je ne veux pas être coupée du monde comme je l'ai été pendant au moins les 16 premières années de ma vie. Vous vous rendez compte ? Je m'apprête à faire de même que ma mère : sacrifier sur l'autel du confort, ma sérénité et ma dignité.

Pitié, que feriez-vous ?

21 octobre 2004

Voyez comme je vais bien

La douleur est toujours la même. Pourquoi je n'arrive pas à faire mûrir cette peine et la transformer en souvenir malheureux ? Et ainsi enfin avancer.

J'en suis à un stade de ma vie où il faut absolument que je me bouge, que j'avance, et au lieu de cela mes douleurs me pétrifient. Mes parents, Lord T, l'échec de cette année passée... tout me cloue au sol. Je suis tétanisée à l'idée de devoir affronter ces choses plus longtemps encore.

Ce n'est pas que j'aie tout raté, mais rien en va quand même dans ma vie, et si vous m'autorisez, je vais faire un bref bilan pour le prouver.

1) Je n'ai plus d'amis depuis longtemps. A quand remonte mon dernier ami sincère ? Parce que dénicher des copines, des filles avec qui déconner mais à qui on ne peut rien dire de sérieux, c'est facile. J'en ai eu plein. Mais un vrai ami ? Un qui sache tout sur moi et auquel je n'aie pas peur de m'ouvrir ? Le dernier c'était Lord T, probablement. Depuis lui... Pendant lui... Et même un peu avant lui, personne. Ma vraie meilleure amie, la seule sans doute, je l'ai perdue il y a bien longtemps maintenant. Bref calcul mental : il y a 7 ans. C'est comme si elle était morte et avait emmené la signification du mot Amitié avec elle. Plus jamais je n'aurai confiance en quelqu'un à ce point. C'est sûr, il y a les "amis". Ceux à qui je parle, mais à qui en même temps je n'ai pas envie de... de quoi exactement ? Je voudrais qu'ils m'aiment et je les sens distants (et bien souvent ils le sont géographiquement). Alors je n'en dis que la moitié, avec un pincement au coeur, mais quoi : qu'il s'agisse du Tibou ou du Poussin Jaune, c'est pareil, ils ont quelque chose de lointain, de trop froid. Et puis simplement je ne sais plus faire ça.

2) Est-il vraiment besoin de dire que j'ai perdu, sans doute définitivemetn malgré tous mes espoirs et tous mes efforts, l'homme que j'aime, l'homme qui fait partie de ma vie depuis 5 ans, l'homme avec qui je voulais vivre encore une vingtaine de fois ça. Je voulais... je voulais tout sauf ce que je vis. J'ai tout risqué pour lui. Et puis, voilà. Rappelez-moi de ne plus aimer. Je m'oublie quand j'aime. Je suis conne quand j'aime.

3) Mes parents... mes parents sont une catastrophe. Mes parents ne lèveraient pas le petit doigt pour moi même si le monde devait s'effondrer, à moins que je ne m'aplatisse en excuses, ce dont il est hors de question : les parents sont bien à mon sens les dernières personnes auprès desquelles il faudrait s'excuser d'être ce qu'on est. Et puis, quand j'avais déjà quelques problèmes d'argent, ils ont fait semblant de rien, avec un petit air "ça lui apprendra la leçon", ils n'ont pas bougé, attendu que je m'enfonce, mes parents sont dégoûtants et je suis polie. Mes parents sont des enflures.

4) Je n'ai pas de travail. Je désespère d'en trouver un. Plus je suis au chômage... plus je chôme. Cercle vicieux. Et pas de travail, pas d'argent. Et donc pas de vie, rien. Sans argent je ne peux rien faire. Je suis victime, quoi que j'en dise. Je suis obligée de me laisser trimbaler, de me laisser virer, de me laisser faire. Eh oui navrée de vous décevoir, on ne peut pas vivre sans argent.

5) Je n'ai plus d'endroit où vivre d'ici décembre. La vache. La prophétie de mon père va donc s'accomplir ? Je serai une nulle, une ratée ? Une paumée ? Si encore j'étais potable, mais non, je ne pourrai même pas faire le tapin pour gagner ma vie misérable. Ca servira à rien d'avoir ou non un don, la question se règlera d'elle-même.

6) Je suis en dépression. Ok, ça fait un an que je me dis que "je n'y suis pas, enfin si mais j'y étais j'y suis pu", mais clairement, j'ai replongé. Et bas comme je suis, pour me remonter, il faudra une grue. J'en chiale à longueur de temps (voilà pourquoi, monsieur Tibou, je ne peux pas aller papoter) et le reste du temps je pionce. Brillant hein ? Voilà qui fait de moi la plus digne des femmes. Et moi qui aspirait au respect, faudrait voir à le mériter déjà. Je suis une vraie loque. J'ai arrêté de me nourrir voilà 3 jours, ne me demandez pas pourquoi je n'en sais rien, moi qui me baffre d'ordinaire, je n'ai rien avalé que du jus d'orange. Ce qui en soi est déjà pas mal, d'un certain point de vue. Je n'ai plus de valises sous les yeux : à ce stade ce sont des conteners. Je pleure sans arrêt. Je me déteste malgré mes efforts désespérés pour me voir des qualités. Le moindre pas hors de chez moi me coûte plus que si je devais vendre mon âme. Eh oui, chuis en dépression. Mais cette fois, pas question de pouvoir cuver ma détresse tranquillement, parce que cette fois, c'est la rue qui m'attend. Je ne peux pas approfondir, étudier la question : je dois faire comme si j'allais bien parce que j'ai tellement de choses à régler... Et ça me décourage encore plus. Et n'avoir personne sur qui me reposer, vous voyez, c'est trop dur. Ni ami, ni parents. Surtout des parents. Des gens qui n'en seraient pas à négocier mon retour : ils m'accueilleraient, sans condition. Parce qu'à la base je n'aurais pas eu de raison de les fuir.

La vache. Je me prépare encore une nuit blanche on dirait. Allez, j'vais pleurer sur mon "lit", ça me fera changer de décor.

C'est assez pessimiste pour toi, Slide-irma ?

...Et pour clore, la chanson qui tournait pendant la rédaction de ce post : Aerosmith - What it takes

19 octobre 2004

Liste des choses bien que je ferai dans un avenir improbable

Depuis mes plus tendres années, je prends des engagements avec moi-même pour améliorer le monde, ou m'améliorer à travers mes efforts pour lui, au moins. En voici un bref récapitulatif, pour que quand les choses iront enfin mieux pour moi, vous me rappeliez à quel point je voulais être gentille quand je n'avais pas encore les moyens de m'acheter une bonne conscience :

- faire des dons à des foyers pour accueillir les enfants maltraités

- essayer d’adopter un enfant orphelin ou de servir de foyer-relais

- prendre des cours de psychologie pour faire du bénévolat de temps à autres, ou même travailler avec des enfants en crise familiale

C'est vrai, tant qu'on est en crise on trouve le monde ignoble, mais dans le fond, quand ça s'est arrangé, qu'est-ce qu'on fait ? N'hésitez pas à me ressortir ce post si les choses s'arrangent pour moi. Ce serait quand même un moindre mal.

19 octobre 2004

Le problème avec le sexe

Mon post précédent m'a un peu fait réfléchir. Je me dois d'éclairer un point : ce n'est pas vraiment que je n'aime pas le sexe. Ca veut dire "ni oui, ni non", en fait.

Je ne dis pas, c'est plaisant. Je ne suis pas non plus frigide. Mais les hommes sont vraiment nuls pour ça, voyez-vous. C'est vrai, leur besoin déborde à un tel point qu'ils n'ont plus de désir. Et donc, n'accordent pas la moindre attention aux vôtres.

Et en l'occurence, mon désir numéro un, c'est de ressentir autant de choses que j'en sens. Clairement, ma zone la plus érogène est le coeur. Et d'ailleurs, cela a ses inconvénients : avec les bons mots au bon moment, mes défenses tombent immédiatement. Mais rares sont les hommes qui pensent à dire quoi que ce soit de gentil en ces circonstances. Les seuls mots qu'on entend sont laids.

Soudain l'homme se sent commentateur sportif, et raconte l'action comme si vous n'y étiez pas. Les mots qu'il choisit sont laids, sordides, crus, ce qui lui semble du plus haut érotique. Il combine dans sa tête un tas de positions compliquées que très vite je n'ai aucune envie d'adopter tant j'ai l'impression de lutter pour une médaille aux JO. Irrémédiablement, au bout de quelques accrobaties, je le regarde et il me semble soudain bien seul. Les mecs ne savent pas s'y prendre, ils vivent leur plaisir en égoïstes. Et Lord T plus qu'aucun autre, je me dois de le confesser.

Bref, en soi, ce n'est pas le sexe le problème, ce sont les mecs.

Mais alors, me direz-vous, pourquoi pas les femmes ? Eh bien ça me pose un gros problème : j'aime les queues. Désolée mais c'est comme ça. Et tripoter une poitrine, si ça me captivait tant que ça, je pourrais le faire moi-même. Or c'est loin d'être le genre de la maison.

Et vous savez, le pire, c'est que ça ne me manque pas. Ce qui me manque en période de célibat, c'est le soutien, l'affection, les sourires, les bonnes intentions. J'ai passé 2 ans d'affilée en célibat, et jamais ça ne m'a manqué de ne pas avoir de relations de ce type. Pas une seule fois. Je me suis même fait peur. Mais non : ce n'est tout simplement pas ma priorité.

En fait, je crois que le problème, avec le sexe, c'est que j'ai d'autres impératifs sur ma to do list. Mener une vie sentimentale, affective et professionnelle équilibrée, ça, c'est vital. D'un certain côté, le sexe est un luxe, qu'on ne peut se permettre quand on n'est pas heureuse dans les autres aspects de sa vie.

19 octobre 2004

Moi, je choisis

De quoi au juste suis-je la plus fière au monde ?

De ne pas me considérer comme une victime. De choisir. Et surtout, de choisir qui je suis.

Dans cette sale affaire avec Lord T, je suis on ne peut plus fière de pouvoir regarder en moi-même sans honte, sans rougir, sans détourner les yeux, de me fxer droit dans l'âme et de dire "je ne déteste pas la personne que je suis". Au contraire : j'aurais tendance à m'impressionner. Je développe dans cette épreuve, comme dans celles qui l'ont précédée, des qualités humaines dont je ne peux que me vanter auprès de mon ours en peluche.

Je suis d'une patience incroyable. D'une ténacité incroyable. D'une combativité incroyable. D'une foi, enfin, inaltérable. J'ai profondément foi en ce que je peux accomplir (je ne peux malheureusement pas avoir la même foi dans le comportement des autres ni dans le cours de la vie), ce que je peux choisir.

Présentement, je choisis. De ne pas perdre la partie. De ne pas baisser les bras (ou pas trop longtemps car soyons honnête : dans l'état de dépression dans lequel je suis, il y a forcément des phases d'abandon). De ne pas mal me comporter. Je choisis de ne pas faire de concession sur l'important au nom du vital.

Je choisis et c'est ma plus grande fierté. Certes, il y a quelques années, je n'aurais pas trouvé cela éminemment glorieux, mais voilà : je ne savais pas à l'époque le nombre de gens qui se laissent vivre sans jamais rien choisir pour ensuite avoir des regrets et se détester. Je n'avais à vrai dire même pas réalisé que mon père était de ceux-là. Que le second homme le plus important de ma vie, Lord T, en était aussi. Qu'à vrai dire une écrasante majorité des jeunes de mon âge vivaient dans ce marasme émotionnel. Et aujourd'hui je me regarde intérieurement avec fierté et je me dis : "même au pire de mes jours, je n'ai pas succombé à la tentation - ô combien grande - d'être lâche et de fuir mes responsabilités. J'ai choisi, certes, des voies difficiles (lutter quotidiennement auprès de Lord T pour que nos relations restent cordiales est un sacré choix de vie, et pas des plus faciles), mais je sais que ce n'est qu'en empruntant celles-là dans les différents domaines de ma vie que je vais réussir à avoir une certaine estime pour moi-même. Pas le temps que durera le combat, certes pas, mais ensuite, quand j'aurais arraché à la vie mes petits bouts de victoire.

Oui, moi, je choisis, et pas la solution de facilité, c'est sûr, mais au moins je reste fidèle à moi-même de bout en bout.

18 octobre 2004

Puisque les autres le font...

Aux quelques lecteurs qui fréquentent ce blog, par accident ou par goût, j'ai une petite question : que pensez-vous de cette habitude qu'ont pris beaucoup de bloggeurs de donner le titre de la chanson qu'ils écoutent au moment de rédiger leur note du jour ?

C'est vrai, à quel point est-ce révélateur ? Et d'ailleurs, où est l'oeuf, où est la poule : n'a-t-on pas tendance à s'adapter à ce qu'on écoute plutôt qu'adapter ce qu'on écoute ? Cela vous intéresse-t-il, en fait, de savoir ce que j'écoute lors que j'écris ? A vous de me dire.

18 octobre 2004

Le retour de l'Homme sans Visage

Me revoilà à retomber dans les bras de l'Homme sans Visage. Me réfugier dans ses bras. Lui et moi avons une longue histoire, plus longue qu'avec Lord T. Il est celui avec lequel j'ai été pendant et après chaque déconvenue sentimentale, de la plus bégnine à la plus carabinée.

Et pourtant, je le déteste : chaque fois qu'il apparaît c'est parce que j'ai besoin de quelqu'un, pas parce que j'en ai envie. C'est parce que personne de réel ne m'offre ce que je lui demande à lui... et qu'il est incapable de me le donner, je le sais. Il meuble juste mes soirées en entretenant mes rêves de bonheur, sans jamais les concrétiser.

Parce qu'il est temps de vous le dire : le soir, je "joue". C'est un terme que j'ai fixé il y a une douzaine d'années environ quand mes parents ont cessé de venir me dire bonsoir gentiment et que plus personne ne me disait de belles choses avant de dormir. Et vous pouvez me croire, plus encore que n'importe qui d'autre, j'avais besoin d'entendre de jolies paroles avant de m'endormir, histoire de me réconforter sur les beautés de la vie. Puisque mes parents ne le faisaient plus, j'ai donc dû m'en charger moi-même.

Me voilà donc, depuis environ 12 ans, presque tous les soirs, à entretenir ma vie extérieure du lendemain grâce à la vie intérieure du soir.

J'en suis venue à adopter une sorte de double-vie, à certaines périodes de ma vie. Le jour, la vie réelle, rarement joyeuse, et le soir, ma vie rêvée, idéale et blessante, forcément. J'ai souvent été tentée de donner un nom à l'Homme sans Visage, en lui attribuant l'identité de personnes rencontrées lors de mes jours. La nuit ils s'occupaient de moi. La plupart du temps, je me projetais dans un avenir incroyablement ravissant. Se faire des films ? Moi je jouais dedans. Dans mon propre rôle, et jamais ingrat je vous prie de le croire.

Quand les choses vont au mieux, je n'ai pas de temps pour l'Homme sans Visage. En général, à la lumière du jour, un homme porte un nom pendant cette période. Mais quand les choses vont mal, je reviens vers lui. Et je l'en déteste pour ça. Le seul fait qu'il existe est une trahison immense. Le seul fait de rêver de lui, d'imaginer une vie heureuse, loin de celle que je mène aujourd'hui, est une attaque personnelle : une façon que j'ai de me dire à moi-même "ta vie est nulle et le seul qui sache t'apaiser n'existe qu'une fois tes paupières fermées".

Je le hais parce qu'il me montre à quel point je hais ma vie quand je voudrais la mordre à pleines dents... mais j'ai la mâchoire à nu, les gencives en sang, je ne peux même pas la prendre avec une paille cette fichue vie !

Je rêve à la fois de gens de ma vie, de retrouver mes chats expatriés chez les parents de Lord T, avoir un toit au-dessus de ma tête où je n'aie plus peur, d'avoir un rythme de vie, des moyens de me payer sans angoisse quelques petites choses, ne plus avoir honte sitôt que je passe par la librairie ou la FNAC. Je veux avoir une vie normale !

Il est loin le temps où l'Homme sans Visage et moi envisagions de conquérir Hollywood : lui avec son charme, moi avec mes scénarios ! Tout ce dont je rêve aujourd'hui, c'est d'une vie banale au possible, mais stable, par pitié, stable. Où soudain l'Homme sans Visage s'évaporerait dans un recoin de ma chambre.

18 octobre 2004

Ce qu'il a fait de moi

Pétrie de doutes, de soupçons, de peurs, de douleurs... je me regarde et je vois une femme devenue infiniment laide à l'intérieur.

Je suis simplement devenue une personne qui n'a plus confiance. Qui suspecte tout le monde des pires vices (il me faut tout de même ajouter que je n'ai que rarement l'occasion de me tromper...), qui attribue à ceux qu'autrefois elle a aimé, les pires intentions.

Je ne sais plus faire confiance. C'était l'une de mes plus belles qualités : avoir été capable, malgré la trahison de mon père, de donner mon coeur à d'autres en étant certaine que ça valait la peine d'offrir un tel présent. Je n'étais pas naïve, tout de même pas : j'étais juste capable d'accorder ma confiance à d'autres !

Quand au juste ai-je perdu cette part de moi qui était pure ? Qui me donnait une âme plus limpide que le cristal ? Ce qui faisait de moi quelqu'un de beau, de riche (tout cela à l'intérieur bien entendu).

Est-ce petit à petit ? Ou après un mot qu'il m'a dit ? Une épreuve en particulier ?

Je me fais horreur.

18 octobre 2004

Message étouffé

J'interroge mon portable. Je ne le fais que rarement le week end : ce n'est pas pour les amis que j'ai...

Et là, un étrange message. De Lord T. Vendredi. 16 heures et des poussières. Heure à laquelle il est sensé être en cours. Et moi pour une fois, où je suis dehors à un rendez-vous. L'étrange message est inaudible. En fait, il y a juste des bruits : un rythme régulier, un souffle, et une voix étouffée qui demande "pourquoi" en chuchotant. Une voix qui n'est pas la sienne.

J'ai peur.

Peur de comprendre pourquoi samedi, il a dit que tout était fini (une fois de plus) "au cas où je voudrais être avec quelqu'un". Quelle idiote je fais.

Il oserait ? Vendredi soir encore il m'a touchée avant de partir à sa soirée JdR. D'ailleurs était-ce une soirée JdR après tout ? Et s'il avait une autre fille dans sa vie ? Parce que des soirées JdR il y en a 2 par semaine à présent. Plus d'autres soirées à l'extérieur. Lui si asocial. Comment je peux être si bête ? Si aveugle ?

J'en tremble. Il ne faudrait jamais écouter les répondeurs quand on sait qu'on n'aura pas de bonne nouvelle. Je veux mourir d'avoir été si stupide : et moi qui ai cru qu'à force de patience, de persévérance... Mon Dieu je me battrais.

Laisserait-il ce genre de message ? Non je ne peux pas y croire, pas venant de lui, je me fais forcément un film, ce n'est pas le Lord T que j'ai connu pendant près de 5 ans.

Cette fois c'est trop. Je suis agitée de soubresauts tandis que je tente de me calmer. J'en pleure. Ce n'est pas possible. Je dois me tromper. J'ai l'esprit mal placé, ça ne peut être que ça. Il n'est pas aussi mauvais, il ne peut pas, pas lui. Il ne ferait pas ça, n'est-ce pas ?

Seigneur je suis trop conne.

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