ladytherapy

Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

28 juillet 2009

On s'en fout, on n'y va pas...

J'étais là, à mon bureau. Journée fatigante, mais il y a eu pire. Un beau soleil, un peu de vent pour moi qui n'aime pas avoir chaud. Mon patron, des plus adorables, m'avait offert son dîner.
J'ai considéré ma fourchette et son taboulé au curry et à l'anis. J'ai soupiré.

Et si je ne rentrais pas chez moi ce soir ?

C'est vrai quoi, tu dois être à nouveau ici dans 12h, dont 3 consacrées aux transports, alors qu'en fait, bah, ce serait plus simple de dormir ici !
Le délire n'a duré qu'une demi-seconde. Ou bien ?

J'ai fini par prendre le chemin du bus. Il faisait beau, un ciel sans nuage ou si peu. Sur mon portable, une découverte musicale qui remonte seulement à dimanche et qui s'accorde si bien à la saison. Je marche lentement. Des bus passent au bout de la rue, mais je m'en fiche. Je ne suis pas pressée du tout. Je souris, un peu sans raison, un peu parce que je reviens de loin. En toute honnêteté, je souris surtout parce que je ne pense même plus au fait que je reviens de loin. J'ai mangé à ma faim et je n'ai plus peur de crever la dalle. Pas aujourd'hui en tous cas. Je souris parce que c'est mon miracle à moi : manger. Et bien, en plus.

Dans le bus pourtant, les larmes me viennent. Mes yeux dévorent l'autre côté de la vitre, la ville, ses rues, ses bâtiments, ses passants. Je suis au cœur de Paris et le mien bat plus fort. Et il saigne, aussi. Il commence à se déchirer de savoir où le bus me conduit.
Déjà, le terminus. Je ne veux pas descendre. Passées les portes, il y a la gare, le train, une heure avant de descendre.

Et si je ne sortais pas du bus ce soir ?

Allez tu restes là, tu circules dans tout Paris jusqu'à l'aube, transport pour transport, tu t'en fous, tu trouveras bien quelque chose, t'y retournes pas !
Le délire est donc finalement tenace.

J'ai envie de pleurer. Je ne veux pas y aller, je veux rester chez moi. J'en ai marre de retourner en exil tous les soirs.
J'ai des problèmes de riche, me dis-je dans le train.
Ça me consolera jusqu'à demain soir.

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16 juillet 2009

Exorcisée

Je pensais à mes conflits au boulot, ces derniers temps. Et soudain, ça m'a frappée : ma progression professionnelle s'est faite sans le moindre vice de ma part.
Je n'ai pas cherché à être promue. Je n'ai pas cherché à avoir plus de responsabilités. Je n'ai pas cherché à escalader les marches de l'escalier social quatre à quatre. Je n'ai pas cherché à évincer qui que ce soit. Je n'ai pas cherché à me faire bien voir des personnes influentes, et surtout pas en diminuant les collègues. Je n'ai rien manigancé, rien fait de spécial. J'ai juste travaillé, et suivi le mouvement.
Sans le moindre vice.
Ça m'a paru très étonnant. Alors j'ai essayé de penser à mes actes ces derniers mois, et j'ai cherché la dernière fois que j'avais fait quelque chose dont je n'avais pas lieu d'être fière, la dernière fois que j'avais manipulé quelqu'un ou simplement élaboré tout un tas de théories pour parvenir à ce que je voulais. Et je n'ai rien trouvé. Serait-il possible que je sois libérée de tout vice ?

Quand on m'accuse de chercher à me faire passer pour une assistante parfaite afin de prendre la place de mes aînées, je trouve l'attaque basse et infondée. Mais quand j'y réfléchis je m'aperçois à quel point il est vrai que j'ai mené ma vie, ces derniers mois, avec une conscience immaculée. Je ne cherche à prendre la place de personne si ce n'est la mienne. J'aime simplement travailler. Dans mon esprit, je me dois de mériter mon salaire. Alors je bosse dur et en toute sincérité, ce n'est même pas contraignant pour moi d'être sur le pont 10h par jour avec le sourire. Parce qu'à travers cette façon de travailler dur, je sens instinctivement que je vais m'améliorer. Je me dépasse et j'en finis par n'avoir plus besoin de rien d'autre. Et surtout pas de voler la place de qui que ce soit. Parfois, c'est juste que j'aimerais que tout le monde donne tant de valeur à son travail, mais je peux concevoir que d'autres aient des priorités différentes.

Mais l'addiction au travail ou, plutôt, l'addiction au fait de travailler dur, me permet surtout de me purifier. En cherchant à être une meilleure assistante (et non la meilleure) et bien que ce métier n'ait jamais été ma vocation, je finis par être meilleure tout court. En réalité, travailler dur me stimule et m'aide à me focaliser sur l'important. De fil en aiguille, un cercle vertueux s'installe : en allant et revenant du boulot, j'ai envie d'écrire et j'y passe environ deux heures par jour ; puis à la maison, je fais vivre mes différents sites et blogs.
Et en résumant ma vie à ces quelques domaines d'épanouissement, j'élimine progressivement le vice de mon âme. Seuls comptent le travail, l'écriture, la musique et les séries. Il n'y a pas de temps pour tout, chaque jour, mais le fait de n'avoir pas à faire de place pour autre chose m'aide à ne plus rien ressentir de vil. Et du coup, c'est l'esprit beaucoup plus serein que je sors, vais au restaurant ou autre, avec mes quelques proches, et étrangement, je ne suis jamais autant sortie que ces derniers mois, alors que j'ai réussi à cultiver un temps bien à moi pour tout et que je ne lésine pas sur les heures supplémentaires. M'adonner au travail 50h par semaine me libère du temps...

Évidemment, par moments, j'ai envie de plus. Mais ensuite je réalise que ce n'est qu'une façon de vouloir améliorer ces aspects de ma vie, et non l'ambition de la changer. Déménager à Paris, être titularisée, adopter un troisième chaton... tout ça n'est qu'une façon de persister dans mon style de vie, de donner du confort à mon ascétisme.

En évitant d'avoir des gens trop proches (ce qu'aujourd'hui je considèrerais comme un facteur d'étouffement), je me concentre sur l'essentiel au lieu de me créer des tentations, et voir ressortir les vieux démons néfastes, qui doivent forcément être cachés quelque part en moi. J'ai peut-être la conviction qu'en tenant les gens à distance, je me protège autant d'eux que je ne les protège de moi ? Je crains peut-être que laisser les gens entrer trop en avant dans ma vie ne me rende à nouveau excessive, possessive, terrifiée. Mais en tous cas, à l'heure actuel, le mal semble circonscrit, si on regarde ma vie de ces derniers mois.
En moi, il n'y a plus de vice.

Après tant d'années passées à craindre que l'héritage de mes 18 premières années de ma vie n'ait laissé à jamais une empreinte maudite sur mon âme, je constate, comme surprise, que je me suis débarrassée du mensonge, de la manipulation, et de toute forme de méchanceté. Toutes les habitudes de cachotteries, les alibis, les plans étranges pour parvenir à mes fins, tout ce que mes parents m'ont appris, en fait, est derrière moi. Finalement, cette existence où je m'implique peu humainement dans la société, mais beaucoup intellectuellement, m'a purifiée.
Exorcisée.

Dans mes actes comme mes pensées, aujourd'hui il n'y a plus de vice.
...J'espère.

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