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Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

12 novembre 2007

Ridicule

Je ne voulais pas que ça se finisse comme ça. Mais qui le veut ? C'est vraiment si ridicule de finir une relation de cette façon...

Vous savez le pire ? Mercredi, je l'ai quitté parce qu'il ne m'inclut pas dans ses projets... pas parce que je ne l'aimais plus. Et voilà où nous en sommes. C'est vraiment le comble du ridicule, non ?

"Peut-être que..."
Avec des peut-être, on pourrait en faire des choses ! Peut-être qu'il n'a jamais souhaité qu'on reste ensemble après son déménagement. Peut-être qu'il le voulait mais ne savait pas comment le formuler, et qu'il aurait fallu lui laisser plus de temps. Peut-être... peut-être...

C'est difficile de savoir quoi penser.
Avec le temps il avait fini par me convaincre que si lui et moi rompions, ça ne se passerait pas comme ça. Je ne le formulais jamais mais j'avais fini par le croire quand il me disait que les ruptures propres, c'était possible. Que nous pouvions rester en contact. Que nous pouvions finir TP ensemble. Qu'il ne me laisserait pas tomber.

Aujourd'hui il a démissionné, et je sens que la tristesse commence, lentement, à l'emporter sur la colère.
Je m'étais promis de ne pas me laisser vaincre, mais je n'avais pas prévu que les choses empireraient...

C'est vraiment ridicule tout ça. J'ai l'impression d'avoir toujours 18 ans. J'ai l'impression que rien n'a jamais changé dans ma vie. Je me sens ridicule de me dire les mêmes choses qu'il y a quelques années, à la rupture précédente. Je me sens ridicule de penser encore que je vais devoir faire sans lui. Je me sens ridicule d'être triste.

J'ai hâte de m'être endurcie. Ce sera bien quand j'aurai atteint le point où je m'en fous. Espérons que ça me prenne moins de temps que pour ma rupture précédente, histoire que je ne fiche pas en l'air des mois de ma vie...

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Equation

Plus il me brise le coeur, plus je suis en colère.

Du coup je me demande si c'était pas mieux, l'époque où j'étais "juste" triste... au moins je n'avais pas autant de haine. C'est pas meilleur que la tristesse, la haine...

Les mecs sont vraiment tous plus dégueulasses les uns que les autres. Si j'avais le coeur à en rire, je dirais bien que je ferais mieux d'être lesbienne, mais actuellement ça me ferait pas tellement rire mais plutôt pleurer.

Remarquez que, quand je vais pleurer, ça sera peut-être libérateur, finalement. Seulement tout est tellement bloqué que j'ai pas encore réussi. Mais au train où ça va, je vais bien finir par y arriver à un moment. J'espère juste que quand ce moment viendra, ce ne sera pas au boulot ou à un entretien, quoi.

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11 novembre 2007

Heureusement qu'il y a la colère

Le cafard s'arrête ce soir. C'est décidé et je n'y reviendrai pas ! Je vais pas me laisser miner par une rupture, il est fini ce temps-là.

Clairement, j'ai passé mon week end à essayer de m'occuper l'esprit pour ne pas déprimer, et en général chaque phase où je m'occupe est précédée d'une autre pendant laquelle j'essaye de trouver quelque chose à faire. Ce qui se résume souvent ainsi : "Et si je regardais quelque chose à la télé ? ...oh non, ya rien qui soit dans le ton. Et si je faisais une news sur mon site ? ...oh non, ya pas de chanson dans l'ambiance à écouter en ce moment." Etc. J'ai donc perdu pas mal de temps à cafarder ce week end, à essayer de trouver quelque chose qui soit dans la même humeur que moi pour pouvoir m'y défouler, mais rien à faire. Et quand on est démotivé, c'est encore plus dur de trouver l'inspiration, d'ailleurs je suis sûre que des séries ou des chansons qui soient à la fois désespérées et pleines de rage, il doit y en avoir, y compris dans les sorties récentes, simplement je n'ai pas l'énergie de chercher, voilà tout.

Je décrète donc qu'à partir de demain, j'arrête tout ça. Je m'endurcis un peu (comme promis), j'envoie paître toute cette histoire, je tourne la page et je passe à autre chose. Lorsque mon contrat actuel sera fini la semaine prochaine, il est absolument hors de question que cette histoire me bouffe la vie.

Je suis tombée sur un mec avec une queue mais pas de couilles ? Et alors, genre c'est le premier !
Ils sont tous comme ça. Ils veulent vivre leur vie de leur côté mais aussi avoir une petite amie. Ils veulent une poupée gonflable qui parle. Qu'on peut ranger dans l'armoire et puis ressortir lorsqu'on en a marre d'être seul. Et puis surtout, se dire qu'il y a du sentiment derrière pour ne pas trop se dégoûter soi-même. La belle affaire, comme si c'était le premier de cette espèce.
On va pas y passer la nuit. Je refuse de me laisser bouffer une fois de plus par des histoires de coeur.

De toutes façons c'est bien simple, il y a tellement de colère et de déception dans mon coeur que j'ai même pas envie de pleurer. C'est ça qui est bien dans cette rupture, c'est qu'il n'y a pas que de la tristesse : il y a le sentiment de trahison et tout ce qui s'en suit, c'est super pratique pour ne pas se laisser démonter.

Du coup au lieu d'être super triste et de passer mon temps à chialer, je suis furieuse et ça se passe drôlement mieux pour moi. Je bouillonne de colère, et c'est sans doute aussi la raison pour laquelle j'ai du mal à trouver une activité, le week end, où je puisse à la fois laisser exprimer cette colère en même temps que ma tristesse. Mais bon, à choisir, ça vaut mieux que de se morfondre. J'aime mieux que ça se passe comme ça plutôt que les fois précédentes où j'étais complètement défaite, démontée, déglinguée, vous voyez le tableau.

Evidemment, en dépit de ma rage, je ne suis évidemment pas dans un état idyllique, la tristesse, la déception et tout ça, ça n'a évidemment pas disparu. Mais ça passe quand même beaucoup mieux que s'il n'y avait pas la colère pour jouer les cache-misère. Je me demande comme il le prend... s'il a envie qu'on en reparle pour poser les choses à plat et essayer de conserver un semblant d'amitié, ou s'il a des regrets, ou s'il veut qu'au contraire on parachève le travail et que je disparaisse définitivement de sa vie.

En même temps, j'arrête pas de me dire que c'est moi qui ai rompu, mais que c'est lui qui est parti. Dans le fond, il n'arien fait pour qu'on reste ensemble. C'est donc un signe de ce qu'il veut. Il doit finalement très bien le vivre, et peut-être même être bien content que j'ai eu le cran de rompre alors que lui n'a pas eu les couilles de le faire. Evidemment il n'aura plus de copine pour les rares fois où ça l'arrangeait d'en avoir une, mais bon qu'est-ce qu'une copine comparée au confort de n'avoir plus d'attache ? Il voulait son indépendance, c'est exactement ce qu'il a eu, il doit être ravi. Un peu retourné que j'aie été virulente au téléphone, sans doute, mais dans lefond, ravi et soulagé, oui, c'est comme ça que je l'imagine.

La colère me permet de le détester pour ce comportement qu'il a eu, plutôt que de m'en vouloir, me détester de n'avoir pas fait ce qu'il fallait pour lui donner envie de rester, ou toutes les conneries que j'ai pu me dire pour mes ruptures précédentes. Je devrais peut-être me remettre en question et me dire que j'aurais dû ci ou ça, mais non, je l'ai fait les fois précédentes et j'ai appris une chose : ça me fait souffrir mais ça ne m'aide pas à affronter les ruptures. Au contraire ça prolonge la douleur pour moi ! Donc merde, quoi. Je vais pas me prendre la tête pour cette rupture comme je l'ai fait pour les autres.

A une époque, la colère prennait le pas sur tous les sentiments chez moi : la surprise, la déception... Je pensais que c'était un défaut. C'en était un par rapport aux autres. Mais dans le cas présent, ça me sauve de la noyade.

Ouais, heureusement qu'il y a la colère. C'est sans doute elle qui me permettra de refaire surface demain, même si le week end a été pourri. Le seul bémol, c'est que ça n'empêche pas encore la tristesse, mais c'est quand même déjà mieux que la détresse dans laquelle je pourrais être plongée.

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09 novembre 2007

I hear the clock ticks, and think of you

J'ai envie de l'appeler, mais nous n'avons plus rien à nous dire. Alors je regarde défiler les heures en me disant que je finirai bien par m'évanouir de sommeil.

Ca finira par me passer.

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08 novembre 2007

FIREWALL III

Quand je regarde les choses avec du recul, je me dis que c'était si évident...

Si cet homme m'avait sincèrement aimée, il n'aurait pas accepté un travail à plusieurs centaines de kilomètres de moi, c'est évident...

Au lieu de ça, il attendait depuis le printemps que cet employeur lui fournisse du travail, et a déménagé en deux jours lorsqu'un CDD lui a été offert...

Comment ai-je pu croire que cet homme m'aimait alors que je ne faisais que lui tenir compagnie ? Je n'étais là que pour meubler sa vie en attendant que ce qu'il voulait vraiment se produise.

Il dit qu'il ne veut pas couper les ponts, garder le contact... mais je me sens tellement trahie que j'hésite entre pleurer toutes les larmes de mon corps et lui arracher les yeux. S'il était en face de moi, je ferais probablement les deux en même temps, mais il s'est justement enfui, alors je ne peux pas montrer ma rage, juste ma tristesse.

Je suis profondément déçue parce que je me suis laissée berner. Je m'étais promis que ça n'arriverait plus. J'ai été vigilante pendant longtemps cette fois, mais pas assez encore de toute évidence. J'ai cru aux mots d'amour mais ils ne voulaient rien dire pour lui.

Quand je pense qu'il y a quelques temps il me disait que sa priorité, dans la vie, c'était moi... mais ça n'a jamais été moi... et je comprends maintenant que ce n'est pas une question d'immaturité, il n'y a rien à attendre : je ne serai jamais la priorité de cet homme, parce qu'il me considère comme un accessoire dans sa vie, pas comme une personne aux côtés de qui avancer. LA priorité ç'a toujours été lui et nul autre.

En vérité, je n'aimais pas quand il me disait que j'étais sa priorité. Mais avec le temps, même si je ne voulais pas êtr sa priorité, je rêvais que ce soit "nous" cette priorité.

Je devrais arrêter de croire que ma vie peut s'améliorer. Non, je ne trouverai jamais d'homme qui soit meilleur que les autres, aucun à qui je puisse donner ma confiance, et je me déteste d'avoir été eue à l'usure.

Quand il y a un an et demi maintenant, il m'a montré qu'il m'aimait et que je pouvais lui faire confiance, j'étais réticente, méfiante... je n'avais pas encore tout-à-fait guéri de l'expérience précédente avec T., j'avais peur que quelqu'un d'autre me fasse du mal. Il m'a mise en confiance ; je ne pense pas qu'il y avait d'intention cachée de sa part. Il n'y avait probablement aucune intention cachée de sa part. Il devait juste se dire que si je ne lui faisais pas confiance, ce ne serait pas une relation facile.

Il a mis du temps à gagner ma confiance. J'ai arrêté de me méfier de tout. J'ai arrêté de craindre qu'on me brise le coeur... j'ai arrêté de prendre les hommes pour des salauds égoïstes et les mettre tous dans un seul sac.

Aujourd'hui, je regrette de ne pas être restée sur mes gardes. J'aimerais tellement pouvoir me promettre que je ne tomberai plus jamais amoureuse, que je ne ferai plus jamais de projet d'avenir avec quelqu'un, que je n'espèrerai pas quelque chose pour mon futur... mais je sais qu'à chaque expérience de ce type, je me referme brutalement sur moi-même, puis je m'aperçois que je manque encore plus d'affection et tout recommence...

Peut-être que quelque chose m'a manqué à un moment. Peut-être que je ne saurai jamais choisir des hommes qui ne me font pas souffrir. Ca s'appelle un schéma, je suis tout-à-fait le genre de fille à traîner des schéma depuis toujours... ça me ressemble bien ça.

Ca me fait horreur de penser que j'ai su m'ouvrir à quelqu'un une fois de plus, et que j'ai fait l'erreur de me laisser approcher.
Je déteste mon besoin d'affection. Je me déteste de vouloir plus que ce que je ne peux avoir. Je me déteste d'espérer en partie qu'il me rappelle et qu'il me dise des mots rassurants. Je me déteste parce que je sais que s'il le faisait, j'aurais envie de le croire. C'est terrible cette race d'homme qui n'a pas besoin de vous mentir pour vous trahir...

La vérité, c'est que malgré moi, je commençais à faire des projets. Mais les projets, ça ne marche jamais. Je devrais le savoir maintenant.

Je me déteste de n'être pas capable de m'endurcir plus encore. C'est vers ça que j'ai envie de tendre : devenir plus dure et intouchable encore.

T. m'avait pas mal transformée déjà, mais cette fois je dois aller plus loin, je dois plus me blinder, je dois plus me fermer.

Ce ne doit pas être si dûr de faire une croix définitive sur mon besoin d'affection, finalement ; j'ai su faire une croix sur tout le reste après tout...

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05 novembre 2007

Nécessité fait loi

Vendredi en quittant la gare, je n'étais pas démoralisée. J'étais presque motivée, même ! Bon, on peut éventuellement décider de mettre ça sur le compte de l'adrénaline dégagée par les efforts pour arriver au train à l'heure... mais l'essentiel c'est que j'étais pas complètement déconfite, quand même.

J'ai tourné le dos en me disant  ce n'est que pour six mois, dans six mois de nouveaux choix seront à faire, je n'ai qu'à trouver un boulot pour que ces choix soient plus simples. Voilà, je me donne six mois pour trouver un poste stable, pour pouvoir prendre mon propre appartement et tout et tout ! C'est clair en fait : il est temps que j'arrête de faire ce qu'il faut faire, et que je recommence à faire ce que je veux faire !" Le simple fait que je sois capable de penser ça est déjà surprenant en soi tant, je suis devenue pessimiste sur ce genre de questions avec le temps. Mais admettons. Parce qu'après tout, depuis plusieurs mois, c'est en train de germer en moi : je veux une vie normale ! Je veux avoir un salaire tous les mois, je veux avoir mon propre chez moi (ou un chez nous, même), je veux acheter un bon petit plat quand j'ai envie de manger autre chose que des patates, je veux tout ça et même pas plus encore. Depuis plusieurs semaines je fais le calcul de ce qui compose ma vie rêvée et je m'aperçois que j'ai déjà vachement revu mes critères à la baisse en quelques années, alors merde, maintenant c'est le moment !!!

Il a suffit d'une heure de trajet pour revenir, et les forces m'avaient alors quittée. J'ai mis tout le week end à chercher ma motivation (et elle n'était pas sous la couette, croyez-moi j'ai cherché !). Ce week end de profond glandage ne m'a bien-sûr pas remise sur les rails, ce serait même plutôt l'inverse, car comme chacun sait, la glandouille appelle la glandouille. Voir l'appartement vide, silencieux et froid, croyez-moi, ça m'a ôté toute combativité.

Et du coup en ce lundi matin, en allant au boulot, j'étais sur un mode beaucoup plus réservé :  De toutes façons, si lui a un CDI là-bas dans six mois, c'est mort pour que se réinstalle ensemble, en admettant que ce soit toujours à l'ordre du jour." Beaaaaaaaucoup plus réservé, comme je vous le disais.

A quel moment ai-je décidé que mes projets à long terme n'avaient plus de légitimité ? En fait ça fait des années que je n'ai plus de projet, voilà le drame. J'en suis au point où je regarde la nécessité et strictement elle. Je n'arrive plus à imaginer que mes projets soient réalisables, alors je ne m'y accroche même plus... Je crois que c'est ça qu'on appelle le découragement. Finalement moi aussi je me suis laissée avoir, je suis tombée dedans, c'est exactement ce que je voulais éviter il y a quelques années lorsque je me répétais qu'il n'y a pas de raison pour être aussi déçue de la vie que mes parents, aussi amère qu'eux de ce que j'aurais pu faire et vivre... eh bien finalement j'en suis arrivée là, moi aussi. Mes projets, je les traite comme des utopies, des châteaux en Espagne, je ne leur donne plus aucun crédit et j'ai pris le réflexe de me dire que ce que je voulais importait peu, seul comptait ce que je devais faire. Mais c'est exactement avec ce type de réaction que je m'enferme dans une vision à court terme, c'est un vrai cercle vicieux ! Je voulais continuer à vivre avec mon homme mais au lieu de ça, j'ai cédé à la loi de la nécessité : puisqu'il le faut... "Puisqu'il doit partir et que je ne peux que rester, alors à quoi bon ?" Et c'est vrai que d'un strict point de vue rationnel, il est hors de question que je parte à l'aventure à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi, sans être certaine de ce qui m'y attend (fool me once, blame on you, fool me twice, blame on me !), il est hors de question que je me lance dans un déménagement vers l'inconnu, il est hors de question que je retourne en Province alors que dans 6 mois il faudrait peut-être tout réenvisager à Paris. Ce n'est même pas discutable, c'est le comportement le plus raisonnable au vu de la situation...

Quand je suis dans cet état d'esprit, quand je rends les armes devant la force de la nécessité au nom du bon sens, je sais que je suis capable de tout, même de me détacher de lui à cause de la nécessité... c'est grave quand même. Me dire que le plus simple, entre me mettre en danger et le quitter, c'est encore de le quitter, c'est grave. Mettre ma vie entre parenthèses par peur de ne pas pouvoir survivre, c'est perdre la liberté de choisir pour moi...

Est-ce que je fais encore des choix pour ma propre vie ? Je n'en suis plus très sûre. J'ai laissé les impératifs prendre le contrôle. En même temps, il faut bien faire ce qui est nécessaire, surtout lorsqu'on n'est pas à l'aise financièrement. Mes finances ne me donnent pas beaucup de choix... Mais sur le reste ? Ai-je baissé les bras ? Et au juste, qu'est-ce qu'il reste de choix lorsque les finances contrôlent des aspects inattendus de la vie ? Lorsque les problèmes d'argent changent la donne d'une relation amoureuse, la compliquent, la placent sur le chemin d'une voie sans issue, que reste-t-il ? Dans ces conditions, n'est-il pas justifié de faire passer la nécessité, la rationnalité, avant tout le reste ?

Quand je vois mon état d'esprit de ce week end, je ne doute pas un seul instant de la dose de découragement qui s'est insinuée en moi avec les années, et qui se cache derrière le moindre de mes actes. Je me rends compte que chaque déception, chaque impossibilité, chaque sueur froide, accumulées, m'ont retiré pas mal de forces vitales. Je n'arrive plus à m'imaginer vivre, j'en suis juste à survivre. J'aimerais mieux vivre évidemment, et depuis plusieurs mois je ne rêve que de ça, mais tout me semble tellement compliqué dés lors que c'est concret... "Avant de faire des plans pour dans six mois, je devrais certainement m'inquiéter du mois prochain" : voilà ce que je me dis irrémédiablement.

Je reporte l'avenir indéfiniment.

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03 octobre 2007

Elle me dit que je suis belle, qu'elle n'attendait que moi...!

Elle me dit que je suis celle... juste faite pour son secrétariat.

Lorsqu'on est habituée aux CDD, aux remplacements et autres "on va jusqu'à la fin de la semaine, ok ?", on finit par avoir l'impression d'être perpétuellement une débutante. Après tout, vous êtes constamment "la nouvelle" quelque part. J'oublie alors facilement que, quand je dis en entretien que je suis une assistante de 3 ans d'expérience, bah c'est vrai (cumulé, mais quand même).

Exemple : là où je bosse en ce moment, la secrétaire sur le départ a pris le temps de m'expliquer comment photocopier un document, ou encore comment on répondait au téléphone. Bieeeen. Comment dire ? Je prends mon mal en patience et j'explique : ya deux-trois trucs que je sais faire, vous pouvez accélérer sur certaines explications (d'autant que c'est une boîte où j'ai déjà bossé alors je connais même quelques ficelles internes).
Dans ce département, c'est tellement ancré dans les mentalités que ce n'est pas une personne, c'est tout le monde qui me glisse, allez, une fois par jour, qu'est-ce que je dois faire et quand. Ce qui finit en général de la façon qui suit :
- Vous savez, j'ai pensé, ce serait pas mal que vous fassiez un tutorial de tout ce que vous faites. Vous voyez, vous êtes notre deuxième remplaçante cette année, ça simplifierait les choses...
- Oui. Comme ça, là ? (Et je sors un livret de 5 pages)

Je n'avais jamais réalisé jusqu'alors à quel point cette façon d'être perpétuellement la petite nouvelle quelque part, non seulement donnait cette impression à mon entourage professionnel, mais aussi s'était imprimé en moi. En fait, j'en suis à un point où, à chaque nouveau poste, je me fais la réflexion, surprise, que j'ai gardé certains excellents réflexes.
D'un autre côté, tout ce petit monde n'a pas entièrement tort : je me sens nécessairement comme une newbie, puisque je dois à chaque fois prendre tous les repères nécessaires au bon déroulement de mon travail : qui gère tel dossier, qui travaille comment, qui contacter en cas de, etc... Bref tous les trucs qui me sont nécessaires pour faire plus que les photocopies et répondre au téléphone, justement.
Alors, quand "elle" me dit que je suis la recrue idéale, qu'elle a envie de travailler avec moi et qu'elle va faire tout ce qui est en son pouvoir auprès de la hierarchie pour que ça se fasse... je réalise soudain que c'est la première fois depuis des années qu'on me considère comme une professionnelle. De facto. Et que ça ne mérite pas la discussion. Qu'elle s'est faite une idée bien précise de ma façon de travailler et que non seulement ça lui convient mais en plus, c'est ce qu'elle cherche.

Je me surprends à imaginer que cette offre se réalise, et j'imagine de travailler dans un environnement où je pourrai être reconnue en tant que professionnelle à part entière, et pas en tant que pis-aller en l'absence de X ou Y.
C'est certainement, avec la perspective de travailler avec cette personne et son supérieur que j'apprécie beaucoup tous les deux, une excitation professionnelle telle que je n'en ai jamais connue.

Imaginer que je pourrais travailler ainsi, dans de telles conditions, c'est franchement mieux que je n'avais espéré dans le cadre de mon métier depuis des années. Jusque là je pensais que je me contenterais de prendre ce qu'on me proposerait ; je n'avais pas imaginé un instant qu'on se battrait pour m'avoir. Evidemment ça flatte, mais ça rassure avant tout.

Maintenant, on verra bien si ça se fait. C'est pas anecdotique évidemment, mais c'est pas non plus le principal, finalement...

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23 août 2007

Au mérite

J'ai été élevée dans l'idée que dans la vie, "tout se mérite", et qu'"on n'a que ce qu'on mérite". On vit de toutes façons dans une société qui pense en terme de mérite. Il faut mériter ce que l'on a et même ce que l'on est. Etre français, être travailleur... tout se mérite. Si tu veux le devenir, tu ne le devras qu'à ton propre mérite. Et si tu le mérites, alors tu le deviendras !

Est-ce que c'est vrai ?

Quand j'étais en thérapie il y a plusieurs années, j'étais impreignée de tout cela. Et ma psy me répétait "mais enfin, on n'a pas ce toujours ce qu'on mérite dans la vie ! et puis qui jugerait qui mérite quoi ?"
En ce moment ? Tout le monde et n'importe qui. Comme on vit dans une société basée sur des idéaux de mérite, et où, notamment avec internet, tout le monde peut trouver son espace de parole, alors n'importe qui se permet de juger de qui mérite son travail, son argent, sa liberté, sa nationalité, l'endroit où il vit...

Mes parents font partie de ces voix. Ils jugent. Ils s'octroient le droit de juger mon existence à l'aune de ce qu'ils en savent, c'est-à-dire pas grand'chose, d'autant qu'ils ne se sont jamais intéressés à un grand nombre de sujets (combien de fois me suis-je fais rabrouer le soir pour avoir parlé de mes histoires avec mes copines, sur l'air de "mais si je te demande comment s'est passée ta journée c'est pas pour ces conneries !"). Les émotions ? Ils s'en fichent. On dirait que ce sont des machines à statistiques, ils collectent des chiffres : combien de temps a-t-elle travaillé, quel âge a-t-elle, combien elle nous doit. Et le statistiques ne sont pas en ma faveur il faut bien le dire.

Est-ce que pour autant je mérite d'être traitée ainsi ? Je ne peux pas m'empêcher de me le demander... mais ce qui me semble être le comble de l'horreur, c'est que je ne parviens pas à trouver une réponse.

Au fond de moi, je suis toujours convaincue que je n'ai que ce que je mérite, et que je ne mérite que ce que j'ai. Et encore, je devrais m'estimer heureuse de l'avoir car je le mérite à peine.
Ai-je le droit d'attendre de mes parents qu'ils m'aiment comme j'en ai besoin, alors que je ne parviens pas à me réconforter moi-même ?
Souvent, je me dis que j'ai les parents que je mérite.

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22 août 2007

Trahison

Ce n'est pas le fait qu'ils me demandent de l'argent qui me choque, je sais que je n'ai pas payé ce loyer et je n'ai aucune intention de le nier. C'est le fait que mes propres parents ne m'aient pas adressé la parole pendant des mois, et que les seules nouvelles directes que j'obtiens d'eux après tout ce temps, c'est une lettre de menace.

Menaces voilées d'expulsion, de poursuites judiciaires... plutôt que d'agir comme si nous étions de la même famille, et prendre le téléphone, et en discuter en adultes. Je ne vois pas pourquoi ils prennent de telles mesures alors que je n'ai jamais rien nié, je n'ai jamais refusé de payer : juste pas pu. Je vis depuis le début de l'année avec l'argent que j'ai gagné pendant 5 mois en été et automne dernier, et si j'avais dû payer le loyer, je ne sais pas comment je ferais actuellement. C'est la seule raison pour laquelle je n'ai pas payé ce loyer, et je n'ai jamais eu l'intention de m'en cacher ! Pourquoi ne pas en parler avant de sortir l'arsenal juridique et m'envoyer des recommandés ?

Ils me disent qu'ils ont besoin de cet argent parce que mon père va bientôt être à la retraite, et qu'ils ont des ennuis de santé. Je pensais que mon père n'entrait pas en retraite avant quelques années encore, et j'ignore de quels problèmes de santé on parle : les mêmes depuis des années qui empirent, ou de nouveaux ? Mais ils ne me parlent de rien eux non plus, et maintenant ils utilisent ces raisons pour me prendre de l'argent que je n'ai pas... et ça non plus ils ne s'y intéressent pas, au fait que je n'en ai pas. Ils sont partis en vacances (et je ne leur reproche rien même si évidemment je suis un peu jalouse, mais ils ont gagné leur argent et je ne vais pas leur reprocher de s'en servir) mais ils ne m'ont même pas envoyé une carte pour partager leur plaisir de réaliser le rêve de toute leur vie, j'ai appris ça par ma soeur, voilà tout, mais d'eux rien, et pourtant c'est quelque chose que j'aurais eu envie de partager, moi.
Et aujourd'hui, leur courrier typographié commence par "n'ayant pas de tes nouvelles depuis le début de l'année" ! Mais moi je n'ai rien de spécial à dire, alors qu'eux ont visiblement des nouvelles à me donner mais me tiennent à l'écart. Dans ce cas je trouve injuste de sous-entendre que je suis une fille indigne si eux-mêmes ne m'ont pas non plus adressé la parole !

Pas de nouvelles depuis le début de l'année ? Ce qui en plus est faux. Nous nous étions parlé plusieurs fois au téléphone, et la dernière dont je me souvienne, c'est mon père m'appelant de son portable pour me dire qu'il avait acheté une vitre pour la douche de mon appartement, mais qu'il ne la poserait qu'une fois terminé les travaux dans l'appartement de ma soeur. "Il me reste encore des choses à faire, on en reparle quand j'ai fini, en attendant prend les mesures du bac de douche, tu me les donneras à la prochaine occasion". Mais il n'y a jamais eu de prochaine occasion. Je ne l'ai pas créée, non plus, mais je pensais que vu les tensions, ça ne servait à rien d'appeler pour avoir l'air de réclamer.

Je pensais qu'il y avait une sorte de statu quo. En fait ils préparaient sans doute cette lettre bourrée de termes juridiques, de menaces lourdes (de "procédure longue, couteuse et psychologiquement difficile").

Ce sont vraiment mes parents ?

J'ai envie de pleurer en disant ce mot. Des parents. Je ne sais plus trop ce que sont des parents. Heureusement que mon homme me rappelle que des parents peuvent aussi prendre le téléphone pour parler, des parents s'intéressent au sort de leur enfant et parlent aussi de ce qui leur arrive, à eux. Des parents communiquent. Mais chez nous il n'y a plus tout ça depuis bien longtemps, si ça a jamais été.

Je pensais que nos distances étaient dues à une sorte de compréhension de la situation. Je réalise que ça n'a jamais été le cas. Ils n'ont que du mépris pour moi, mais pourquoi je m'étonne ? J'avais une dizaine d'années quand je me faisais traiter de gourde, de conne, quand ils me disaient que je n'arriverais jamais à rien dans la vie, que ma vie serait misérable...
Pourquoi maintenant que je leur prouve qu'ils avaient raison, que je ne suis qu'une merde, me donneraient-ils la moindre considération ? Pourquoi, alors que je ne suis qu'une ratée à leurs yeux, tenteraient-ils de me comprendre, de me respecter, de ne pas me heurter ? L'ont-ils vraiment jamais fait ?

Pourquoi je m'attends toujours à ce que nos relations s'améliorent, même juste un peu ? Pourquoi je pense que l'âge avançant, nous allons nous comporter avec plus de dignité les uns vis à vis des autres ?

Aujourd'hui, ce n'est pas d'être mire au pied du mur financièrement qui me brise le coeur, évidemment je ne saute pas de joie, mais plus que tout c'est de la trahison que je ressens. Je pensais qu'ils étaient mes parents quand ils ne se positionnent qu'en propriétaires.

Je ferme les yeux et je revois la moustache touffue de mon père, hurlant de rage, me dire que la famille, c'est le plus important dans la vie.

Et je les hais si fort de ne pas m'aimer.

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05 juin 2007

Plus loin et plus près

La semaine dernière, c'était l'anniversaire de mon père.

Je ne lui ai pas fêté. Moins je lui parle, mieux je me porte. A vrai dire ça fait plusieurs mois que nous ne nous sommes pas adressés la parole. C'est bien comme ça, pas pressée que ça change, qu'on ait une opportunité, un motif, une excuse. Un alibi. Les choses ne seraient alors pas différentes : on se parlerait sur le même ton, soit de choses anodines pour éviter les écueils tant de fois percutés, soit de choses importantes en n'en disant que la moitié, histoire d'avoir l'impression que l'on se parle sans offrir le flanc à l'autre. Telle est notre relation, type guerre froide, depuis quelques années.

Je pourrais m'en plaindre mais ça me convient. Je sais qu'il est trop tard pour construire avec lui la relation que j'aurais voulue vivre avec mon père. Il ne changera jamais, et je pense pouvoir commencer à dire que moi non plus, et ni l'un ni l'autre n'en avons envie en tous cas. Oui, nous voudrions sans doute tous les deux, dans notre coin, nous entendre, et sans doute chacun, de son côté, soupire sur les occasions de passer du temps ensemble qui nous échappent. Nous soupirons, mais apparemment, nous avons compris la leçon : nous n'essayons plus. Moi en tous cas, je n'y engage plus mes forces comme à un moment il y a quelques temps.

Depuis que ma grand'mère maternelle est morte l'an passé, cela a ravivé en moi cette préoccupation que mon père mourra un jour, et que je serai probablement passée à côté de lui, et que nous ne nous serons jamais compris. Et surtout, que je n'aurai jamais certaines réponses. Mais je sais que chaque fois que nous avons essayé de nous parler naturellement, d'avoir une sorte de lien qui aille au-delà de nos griefs et de nos blessures, au moins l'un de nous, sinon peut-être les deux, a été heurté. Le gouffre est insondable, le gouffre est infranchissable, et je crois qu'en fait, nous l'apprivoisons depuis quelques temps au lieu de bêtement insister et nous péter les rotules à sauter par-delà ce gouffre.

Il est stupide, ce gouffre. Il existe et je ne sais même pas comment la première brèche est apparue. Par contre je sais ce qui l'a élargi, en nous séparant plus encore et plus encore, et le pire, c'est qu'aucun de nous n'a voulu ça consciemment, ça s'est fait parce qu'il ne se contrôlait pas toujours, et parce que son manque de maîtrise m'a blessée à une période où j'étais enfant et donc fragile. Non, aucun de nous n'a voulu ça et sans doute est-ce la raison pour laquelle, mon père et moi, sommes certainement en train d'avoir des regrets vis-à-vis de cette relation, au moins de temps en temps.

Pourtant, depuis... je ne sais pas, deux ans ? Peut-être un peu plus ? J'ai réalisé un truc dingue. Quelque chose à quoi je me garde bien de penser trop souvent mais dont je sais que c'est vrai. Une sorte de petite luciole dans mon coeur, pas tout-à-fait éteinte, à la lueur pas trop envahissante. Maintenant que les plaies ont cicatrisé, que je n'ai plus de venin à lui cracher au visage, je peux dire que mon père, je l'aime. Il est juste faible, parfois -et sa faiblesse a eu sur moi des conséquences qui m'ont marquée à vie, même s'il ne se rend probablement pas compte à quel point.

Ces derniers mois, alors que je ne lui parle plus (c'est là toute l'ironie), je pense beaucoup à lui. Parce qu'en ce moment, la police est au coeur de bien des débats... mais aussi parce que la lecture de certaines choses m'a donné envie de mieux comprendre ce qui avait pu faire de lui cet homme. Des témoignages de flics m'ont fait voir les choses différemment. J'aurais pu comprendre toutes ces choses lorsqu'il m'obligeait à regarder des reportages sur la Police, quand j'étais plus jeune, mais déjà j'étais plus jeune et donc dans une phase de ma vie où je le regardais avec d'autres yeux, et puis je crois que je ne comprenais pas certains aspects de la vie, tout simplement. La souffrance humaine, je ne dirai pas que je connais bien, mais je suis capable de plus d'empathie que l'ado tournée sur ses propres souffrances que j'étais alors. De témoignage en témoignage, je comprends ce qui a pu le ravager. Je ressens une forme de tendresse pour lui, et j'imagine ce qu'il a pu expérimenter dans ce métier de dingue -un métier plus ingrat encore que celui de père.

Ces derniers mois, aussi, je ne sais pas pourquoi, j'éprouve un regain d'intérêt pour quelque chose qui me semble le caractériser : les travaux. Il a entièrement refait la maison de ses mains, presque sans aide, et l'odeur de la peinture, celle du bois coupé, celle du ciment, m'évoquent cette partie-là de notre vie qui a duré pas loin d'une douzaine d'années, pendant lesquelles, week end après week end, il s'attachait à retaper cette vieille maison. Et les meubles, le gros oeuvre et la décoration, me font penser à lui. D&CO, c'est ce rendez-vous avec mon père, aussi stupide que ça paraisse. Il est possible que mon père n'ait jamais aimé faire tout cela (en-dehors du fait évident que c'était éreintant pour lui, peut-être n'y a-t-il jamais même pris goût), mais moi j'aime tout cela à la base, ça m'intéresse, et en plus, j'ai l'impression que ça me rapproche d'une partie de lui. Une partie de lui qui était presque dans de bonnes dispositions, à quelques exceptions près (la montée d'escaliers...). C'est stupide d'une certaine façon, vu qu'on ne s'est pas parlé depuis si longtemps, mais je me sens plus proche de lui que je ne l'ai jamais été.

Alors, prendre le risque de lui parler ? Mettre à nouveau à terre l'image presque reluisante, en tous cas digne, de mon père ? Courir le risque qu'à nouveau, nos différences nous claquent à la figure, comme une bretelle mal attachée ? Non. Non certainement pas.

Je crois que ce que je viens d'écrire ici est la chose la plus gentille, la plus humaine, la plus sensée que j'aie jamais pensé de mon père. Et le plus triste, c'est qu'il ne le saura jamais.

Les relations entre les gens qui se font souffrir sont vraiment mal faites.

Posté par ladyteruki à 02:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]