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Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

31 mai 2008

Moi, enfin, entière, maintenant

J'avais prévu aujourd'hui un post sur tout autre chose... mais ce ne sera pas si éloigné de ça, finalement.
Je voulais dresser le bilan des 7 dernières années. Pourquoi les 7 dernières années précisément ? Parce qu'il y a 7 ans, quelque chose de grave s'est passé. Et j'y repense chaque année à la même période, même si je n'en dis pas toujours quelque chose. Ceux qui sont dans mon entourage proche à cette époque de l'année savent que ça arrive toujours sur le tapis d'une façon ou d'une autre.
Aujourd'hui, je voulais cependant en parler dans ce blog, faire un point écrit sur ces 7 années, parce que pour une fois, je trouvais que le bilan était relativement positif.

Et puis, ce samedi 31 mai, ma vie, pour de vrai, a changé.

J'avais prévu une journée fatigante, une fin de journée sympa et intéressante, j'ai fait la rencontre de quelqu'un de charmant, à qui j'ai pu dire 10 000 conneries à la minute... ça se passait plutôt bien. Alors, c'est le cœur léger que j'ai été voir les résultats du concours dont je parlais il y a une quinzaine de jours.
Et vous l'avez compris, c'est là que ma vie a changé. Pour de bon. Enfin.

Ce soir est le soir de toutes les victoires, le soir qui additionne chacune des petites victoires accumulées tant bien que mal ces 7 dernières années pour survivre, ce soir est le soir où les efforts payent et tout s'accomplit. Ce soir, je peux dire que j'ai enfin ma vie à moi.
ENFIN !
A force d'en appeler à l'air, j'ai fini par réussir à être secouée par une bourrasque.
Et j'ai pu gagner ma plus longue bataille.

J'ai l'impression que les chaînes me tombent des poignets et que je suis libre, enfin. Et maintenant je peux m'envoler...

D'autant que rien ne peut assombrir ma victoire. Elle est totale, elle est royale, elle est entière. Je ne la dois qu'à moi. Je ne me suis appuyée sur personne. Je n'ai compté sur personne. Je n'ai demandé d'aide à personne. C'est ma victoire, intégralement, de bout en bout. J'ai réussi et j'ai réussi seule. Cela la rend plus délectable encore, si jamais c'était possible. C'était comme ça que je voulais gagner. C'est comme ça que j'ai toujours voulu gagner.

J'ai réussi enfin à "gagner ma vie", et je vous jure qu'il n'y a pas assez d'oxygène sur cette planète pour emplir suffisamment mes poumons de vie. JE VAIS VIVRE ! ENFIN !

Alors ce soir, je décrète que tout m'est permis, que rien ne m'est ni interdit ni impossible, que j'ai tous les droits, puisque je suis libre. Dans les quantités d'air que j'inspire et expire, se glissent des vérités que j'ai attendu si longtemps pour laisser s'échapper dans les airs ! Tout ce que je ressens est exacerbé et les mots doivent s'envoler, ce soir, pour que je puisse dire...

- Mémé, ce soir où je suis vivante, je voudrais que tu le sois aussi pour que je partage ma joie avec toi !
- G,  T, et éventuellement les autres, merci de faire partie de mon passé
- attention les yeux, j'ai déjà préparé une liste de tout ce que je ferai quand j'aurai une vie ! Je vais commencer à cocher !
- et puis, ça coûte rien de le dire : Didier, you sexy thing, viens me renverser ! (et plus si affinités) J'ai jamais été de meilleure humeur, 'faut en profiter !

Et puis, je voudrais aussi remercier...
Moi, moi et moi. Pour avoir toujours été là.

Place, place ! J'arrive ! Le monde a intérêt à être prêt pour moi parce que j'ai eu largement le temps de me préparer à l'aspirer tout entier !

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29 mai 2008

Cher Père Noël

J'ai découvert avec horreur que nous n'étions déjà plus qu'à six mois de Noël. Il est donc largement temps que je fasse ma lettre au vieux barbu. C'est qu'à son âge, le temps de trouver les binocles, puis de se mettre en mouvement (et Dieu sait que la terre est basse), de lancer les préparatifs, tout ça... bon, vaut mieux s'y mettre à l'avance. Et puis, hein, je ne suis pas toute seule, je me doute qu'il va avoir un afflux de commandes à l'arrivée de l'hiver, je pense à son planning, je me déclare maintenant.
Ainsi donc...

Cher Père Noël,

L'an dernier, par l'intermédiaire de mes géniteurs, tu m'as permis de faire l'acquisition d'un paquet de riz (basmati je crois), de quelques conserves William Saurin et, sauf erreur, d'un pot de confiture. Je ne sais pas si tu as eu l'accusé de réception mais effectivement, ils n'ont pas été rats au point de garder toutes ces victuailles pour eux. Je te remercie donc de cette attention qui, bien qu'arrivant un an trop tard (je venais en effet de trouver du travail en décembre 2007 et ne crevais plus de faim), m'est allée droit au coeur.

Cependant, je sens bien que toi et moi, depuis 25 ans qu'on se fréquente plus ou moins, on commence un peu à tourner en rond côté idées. Alors, chose que je ne me rappelle pas avoir fait souvent (corrige-moi le cas échéant), je t'envoie donc une lettre avec mes préférences. Ca peut t'inspirer, qui sait ? D'autant que j'ai une idée de plus en plus précise de ce que je veux dans la vie, et Noël me semble être un moment idéal pour se voir offrir ce que l'on souhaite. M'enfin, bon, tu aviseras, hein. Après tout, de nous deux, c'est toi le barbu, je ne vais pas t'apprendre ton job, ce serait particulièrement effronté de ma part.

Je pense que tu seras heureux d'apprendre que ce qui se trouve cette année sur ma liste n'est pas exagérément ambitieux. Je ne vais pas (même si quelque part ça me ferait envie) te demander par exemple de ressusciter un disparu, ou plutôt une disparue bien précise dans mon cas, car même si je ne doute pas un seul instant que ce soit en ton pouvoir, tu as franchement autre chose à faire que de te prendre pour un autre barbu célèbre, j'ai nommé Dieu. Je suis sûre que le 25 décembre est au coeur de suffisamment de discorde entre vous, sans que moi, pauvre petite humaine, je ne vienne encore en rajouter. En plus je suis pas du genre très exigeante comme nana, t'as qu'à voir, je ne t'en ai jamais voulu pour les chaussettes, l'année où ma soeur a reçu son énorme Magic Van de Barbie. Je dis pas que j'ai trouvé ça aussi drôle que ladite frangine, mais ça ne nous a jamais empêchés de rester en bons termes toi et moi. D'façons, après, je lui ai perdu des accessoires, comme ça on n'a qu'à dire qu'il y a un point partout.

Tu dois recevoir un bon paquet de courriers comme celui-ci, j'imagine. Peut-être pas dés le mois de mai, cela dit... ou bien tu en es encore à éplucher les courriers des années précédentes ? Ça expliquerait pourquoi j'ai reçu mon "Dessinons la mode" 10 ans après te l'avoir demandé. Soit ça, soit tu as vraiment beaucoup d'humour. L'un n'empêche pas l'autre, cela étant. Mais en tous cas, te sachant très occupé, je me suis dit que j'allais m'informer au maximum sur tout ce qui serait utile à la préparation de mon cadeau, histoire de t'épargner le plus possible d'embêtements. Je m'en voudrais de te compliquer la vie.

C'est donc avec certitude que je t'affirme que, renseignements pris, il existe de très nombreux modèles de ce que je souhaite recevoir au pied du sapin, d'après ce qu'on m'a dit, il y en aurait... 6,7 milliards, environ divisé par deux. Tu vois, tu as du choix.

Là où ça se complique un peu, c'est que je ne veux pas de n'importe quel modèle quand même. Je te détaille donc ce qui me ferait vraiment, vraiment plaisir :
- un modèle intelligent ; je sais que c'est toujours un peu compliqué à trouver mais je te jure que j'en ai déjà vu, et c'est vraiment ça que je veux.
- un modèle pesant moins de 100kg ; je suis quand même un peu jeune pour mourir étouffée, mais j'aime bien quand c'est un peu moelleux et rembourré donc le juste milieu doit pouvoir être faisable, voire aussi un peu plus, pourquoi pas. Pis bon, le poids, ça dépend aussi, c'est à mettre en corrélation avec la taille. Si le modèle culmine haut, ça relativise...
- un modèle drôle ; bah oui, sinon, quand mon modèle ne sera plus ni intelligent ni d'une corpulence décente (d'après mes calculs, ce sera vrai au bout de six mois pour le premier, et 5 à 10 ans pour le second critère selon ce que je lui donnerai à manger), il sera sans intérêt et je serais obligée de jeter ton beau cadeau, ce qui serait dommage.
- un modèle passionné ; tu penses bien que si je voulais un truc complètement mou, je serais encore avec l'un de mes ex à l'heure qu'il est, mais note bien que quelle que soit sa passion, ça m'ira. Euh, sauf le foot. Pas de foot.
- un modèle respectueux : ça semble être la base de tout, m'enfin des fois, on voit de ces modèles, hein, je te jure, on préfère préciser. Ce serait cool qu'il me respecte moi, ce que j'aime, tout ça... Sans quoi je vais vouloir le revendre sur eBay à peine le 26 décembre arrivé.
- un modèle pas trop vieux ; sachant qu'une différence d'âge de 10 ans est ma limite, ça va encore, il reste pas mal de choix je pense. Mais par contre, on va arrêter avec les modèles plus jeunes que moi, si ça ne te fait rien.
- un modèle propre ; je suis de celles qui aiment prendre un modèle propre et se salir avec, pas le recevoir déjà crado et n'avoir plus envie de le toucher. Faut qu'une à deux fois par jour, ça sente un peu le savon quand même. Ya des savons aux parfums très masculins, hein, ça n'atteint en rien la virilité du modèle de passer sous une douche régulièrement.
- un modèle pas puceau ; ouais, nan, j'en suis revenue... je ne veux plus de jouets neufs, s'il te plaît. On a encore plus peur de casser quelque chose.
- un modèle avec du caractère ; là ça devient un peu plus chevelu, parce que c'est compliqué à définir. En gros, je voudrais quelqu'un qui soit capable de prendre des initiatives pour lui-même, mais pas pour moi ; qui n'hésite pas à me rentrer dans le lard quand ça va pas au lieu de rester dans son coin... mais pas au point d'être sans arrêt en conflit avec moi. Faut quand même que je ne sois pas fâchée en permanence avec, histoire que je puisse profiter du fait qu'il ne soit plus puceau.
- un modèle sans complexe de Peter Pan ; je me permets d'insister. Vraiment sans. Genre content de vieillir et tout. Ca veut pas dire qu'il doit absolument être super rasoir et vouloir vivre comme un retraité, et je ne tiens pas non plus à ce qu'il n'ait plus la capacité à rire et rêver, hein, mais s'il pouvait ne pas avoir peur de devenir un modèle d'âge adulte, franchement, ce serait génial. J'aurais ptet dû le mettre en tête de liste tellement c'est important. Mais au dit aussi : le meilleur à la fin. Je veux un modèle adulte et fier de l'être.

Après, ya aussi des trucs un peu plus particuliers, genre "options", tu vois, bon ça c'est pas obligé, mais si t'y arrives je serai encore plus contente :
- un modèle roux ; je fais une fixation sur les modèles roux. J'ai aussi vu que certains modèles sont roux mais seulement à certains endroits ; ça va aussi. Les bicolores ça peut même être fun en fait.
- un modèle qui a un costard ; depuis que je bosse au milieu de modèles en costards, j'arrête pas d'en vouloir un comme ça pour à la maison. Ca n'a pas besoin d'être tous les jours, mais quand même, c'est vachement seyant une fois de temps en temps.
- un modèle ambitieux ; juste une fois, pour voir ce que c'est, je suis assez curieuse.
- un modèle qui regarde des séries télé ; si ce ne sont pas les mêmes que moi on s'arrangera, mais ce serait bien qu'on puisse se faire des câlins devant la télé quand même. Ca n'a pas besoin d'être une passion pour lui, il suffit qu'il accepte d'en regarder, comme ça, de temps à autres.
- un modèle parisien ; comme tu le sais cher Père Noël, j'affectionne la capitale. Ce serait cool d'y repasser quelques nuits de temps en temps. L'arrondissement importe peu.
- un modèle avec les cheveux courts ; le plus court sera le mieux. La boule à zéro ? Passe aussi. Mais dés qu'il y a deux centimètres de cheveux, ça donne plus envie, j'avoue.

Et puis, pour que tu cibles encore mieux ce que tu peux prendre ou pas, voilà aussi les trucs dont je me moque comme de ma première chemise actuellement. Faut pas croire que ça me dérange. Tu vois genre, tu trouves un modèle super cool comme je veux, ptet même avec une option ou deux, et puis après tu réalises qu'il a une tare issue de la liste qui suit... bah c'est pas grave, pour moi ça va.
- un modèle qui n'est pas un dieu au lit ; oh, borhf, j'en ai connu d'autres. Ce ne sont pas les pires. Et puis, tu sais ce qu'on dit : si ça ne marche pas la première fois, il faut essayer encore, et encore, et encore... Ou s'acheter un sex toy.
- un modèle qui aime bien les jeux videos, le ciné, les ordinateurs, bref tout un tas de trucs pas très excitants à première vue ; non-non, au contraire, c'est cool, c'est un bon modèle ça. C'est juste que, si tu regardes, quelque part sur ses fesses il doit y avoir estampillé un logo "ne pas donner aux enfants de moins de 3 ans ni au nanas trop girly". Pour moi c'est donc pas du tout un soucis !
- un modèle pas très riche ; d'façons je ne le suis pas non plus.
- un modèle pas très bavard ; je le suis pour deux.
- un modèle qui a été cassé il y a longtemps et qu'on a essayé de réparer tant bien que mal ; moi aussi j'ai encore quelques points de colle çà et là, je comprends bien qu'on ne peut pas toujours avoir un modèle en état impeccable. De toutes façons je te l'ai dit, je n'en veux pas un neuf, donc d'occasion, yaura toujours des marques d'usure, c'est normal.
- un modèle maigrichon ; je préfère cet extrême que l'inverse, même si, tu l'auras noté, j'ai une préférence pour le rembourrage.
- un modèle trop grand ; c'est jamais trop grand, cher Père Noël. Attends, on parle de quoi au juste ?
- un modèle qui n'aime pas les mêmes choses que moi ; ohlala, si en plus il faut qu'on écoute la même musique, qu'on aie les mêmes passions et tout, on va jamais y arriver ! En plus, si c'est juste pour dégoter un autre moi-même, franchement, j'ai bien assez à faire avec moi sans en plus récupérer un clone. Non, non au contraire, s'il aime le parapente, collectionne les sifflets qui reproduisent des chants d'oiseaux, et/ou peut passer heures à réparer sa bagnole, bah ça me fera apprendre des trucs. Ou apprendre à en regarder, pas déconner.
- un modèle qui n'aime pas se raser souvent ; han, nan, le rêve, arrête ! C'est vraiment le truc sur lequel je comprendrai jamais la plupart des gonzesses. C'est meilleur si ça pique ! Et puis, un modèle pas rasé depuis une semaine, moi je trouve que ça a du charme, voilà. S'il t'en reste sur les bras, file-les moi, de ces modèles-là, moi je prends.

Avec tout ça normalement, Père Noël, tu as une idée plutôt précise de ce que je veux pour Noël.
Bon, comme on l'a dit plus tôt, on est fin mai, c'est encore jouable.

Et puis, si ça peut te soulager, je continue de prospecter de mon côté, je fais les magasins, je regarde un peu ce qu'on peut trouver en VPC aussi, et puis si je trouve avant toi, rassure-toi, je te préviendrai. Mais à deux, on a plus de chances de dénicher le modèle qui me ravirait. Pour être complètement honnête avec toi, si ça attend décembre c'est encore mieux vu que je sors d'une rupture encore un peu douloureuse, et que je préfèrerais accueillir mon cadeau l'esprit serein. Faut rien précipiter, hein.

Voilà, n'hésite pas à me contacter si tu as des questions, Père Noël ; je n'ai pas de cheminée en ce moment mais je suis au 5e avec beaucoup de place devant la fenêtre pour stationner un traîneau en lévitation, donc tu frappes aux carreaux et on en reparle, ya pas de problème. Limite tu m'envoies un petit mail avant, et j'aurai du grog pour toi et des carottes pour les rennes. Ca fait toujours plaisir.

Bonne chance pour trouver ce fabuleux présent, et rendez-vous le 25 décembre si on ne se recontacte pas d'ici là !

lady

PS : tu pourrais arguer qu'il y aurait plein d'autres choses à commander, peut-être plus utiles : un CDI, un appart bien à moi, etc... J'y ai bien pensé, effectivement, mais je reste persuadée que ça, c'est à moi de m'en charger toute seule. Et je t'assure que pour la situation stable, je ne pense pas avoir la patience jusqu'à Noël. Nan vraiment, j'ai bien réfléchi, c'est ça que je veux pour le 25 décembre dans mes chaussettes (ou directement dans mon lit, ya plus de place). En te remerciant.

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26 mai 2008

Je suis personne

Quand j'étais plus jeune, vous ne m'entendiez pas dire que je voulais être une actrice ou une chanteuse célèbre. Autour de moi tout le monde voulait être l'un ou l'autre (quand autour de moi on arrivait à penser à l'avenir, mais c'est fou, de l'avenir, plus on en a, moins on y pense). Le plus mégalo que j'ai eu, comme projet de carrière, c'était scénariste pour la télé. Ca m'est passé, cela dit, lorsque j'ai compris que bouffer à sa faim c'était déjà pas forcément facile, inutile de chercher à décrocher la lune tant qu'on n'a pas les pieds bien ancrés dans le plancher des vaches.
Mais en tous cas, même là, je n'avais pas spécialement des rêves de gloire. Je me voyais juste écrire, écrire, écrire... peut-être éventuellement mettre en scène. A peine. Non, écrire, vraiment.

J'ai pris des cours de théâtre pendant plusieurs années. Mais je ne voulais pas absolument jouer.
Au mieux, j'aurais aimé faire rire, écrire un one woman show ou un truc du genre (écrire, encore) et faire rire les gens. Mais mon prof de théâtre m'a rompue comme un bambou lorsqu'il m'a asséné un violent "tu es faite pour la tragédie, tu as un visage pour la tragédie, un prénom pour la tragédie". J'avais 16 ans et chaque soir je continuais de me faire humilier par mon père ; la tragédie, ça allait bien, non ?
J'ai joué une dernière fois dans une de ces pièces pourries et pseudo-expérimentales, où les comédiens se comportent comme s'ils déclamaient de la grande poésie tout en racontant les pires banalités du monde, dans une de ces pièces pourries qui ne touchent que ceux qui y jouent et pas ceux qui les regardent, dans une de ces pièces pourries dirigées par un comédien de seconde zone se prenant pour un auteur d'avant-garde, avec des extraits de ci qui trouvaient résonnance dans telle parodie de ça... et j'ai laissé tomber. J'ai quand même attendu d'être totalement dégoûtée pour faire économiser les cours de théâtre à mes parents, 'pas déconner.
J'ai pas mal dessiné à un moment. Rétrospectivement, c'était de la merde (aujourd'hui aussi, mais j'assume : je ne le fais plus qu'en connaissance de cause). Mais ça me permettait aussi d'essayer de canaliser certaines choses. Je pense maintenant que sans ces années à dessiner partout, tout le temps, et surtout n'importe comment, je n'aurais jamais compris à quel point j'aime les mots, un par un ou en bouquets, à quel point j'aime jouer avec, à quel point j'aime les apprivoiser, à quel point j'aime les faire parader sur d'innombrables feuilles, d'innombrables cahiers, d'innombrables blogs maintenant...
Mon truc ça a aussi beaucoup été (et ça l'est toujours pour le moment) les images. Une gourmandise d'images. En voir, bon, pourquoi pas, mais surtout en regarder plein. J'ai besoin d'images. D'images avec du son, autant que possible. Mais surtout les images. Qu'y a-t-il de plus précieux que cette différence d'un demi-millimètre dans le regard de quelqu'un entre la surprise, la rage et le désespoir, les nuances qu'on peut lire dans l'oeil d'un type qu'on interviewe ou qui joue la comédie ? Franchement, c'est super précieux, ça ! Balancez les images, j'ai l'oeil en demande ! Mais jamais de la vie je ne me suis dit que je pourrais être sur ces images. Je n'ai jamais rêvé passer à la télé et d'avoir mes 15 petites minutes contractuelles de gloire. La fois où ça m'est arrivé, j'ai pas vu l'intérêt (enfin, bon, normalement il me reste 10mn sur mon quota Andy Warhol, qui sait ?). Mes parents étaient là "on va te voir à la télé, viens vite" et je ne voyais pas à quoi ça servait. En plus, 5 minutes, c'est rien quand on vit entourée de mots. En 5 minutes on n'a le temps de rien dire.

Nan en fait, j'ai sans doute eu des périodes où j'espérais un peu de reconnaissance, mais pas la gloire "je suis number one", juste être reconnue pour ce que j'aurais fait.

Mais voilà justement où le bât blesse. Qu'est-ce que je fais ?

J'ai toujours pensé que mon truc, c'était écrire. Ca fait depuis l'école primaire que quand j'ai du temps pour moi, je finis par ne faire que ça. Quel que soit le moyen, quel que soit le sujet, quel que soit le support, je finis toujours par écrire. Et écrire c'est bien mais cycliquement c'est pas suffisant. Je me relis et je sais que j'écris mieux que la moyenne, c'est pas trop difficile quand on voit l'usage que font d'aucuns du français, mais est-ce que j'écris bien ? Je ne sais pas. Il y a un moyen de savoir ?
Est-ce que ça se mesure à, je sais pas moi, la quantité de gens qui me lisent ? La quantité de ceux qui me font des louanges ? La quantité de ceux qui me conspuent ? Je n'en sais fichtre rien. Est-ce que ça se mesure, seulement ? Est-ce que quelqu'un qui écrit n'est pas condamné à toujours demander s'il saigne de l'encre ou si ses stylos tracent de la merde ? Des fois, je me relis, et je me dis que mes mots oscillent entre le néant et le génie. Plus de néant que de génie, largement plus, mais j'ai des jours, quand même, parfois, où je me surprends. Si je me surprends moi, ça doit être pas mal pour les autres, non ?
Mais en fait, qu'est-ce que j'écris ? Aujourd'hui, 90% de ce que j'écris va sur mon site. Quelle belle merde ce site. Un site éternellement inachevé parce que je n'ai pas su m'entourer de personnes fiables. Oui, je pense à toi plus particulièrement. Un site qui ne fait que caresser dans le sens du poil les plus cons des leechers de Jmusic de cette planète. Ils n'en ont même rien à foutre, de ce que j'écris. Ils constituent l'immense majorité de mon lectorat, et ils ne me lisent pas. Ils viennent pour des videos, et juste les videos. Ca ne sert à rien de finir tout ça, ils s'en branlent tous, de ce que je peux bien écrire. La moitié de ceux qui sont prétendument francophones ne savent même pas lire, et encore moins écrire. Les rares qui pourraient éventuellement poser les yeux sur mes mots n'en ont probablement rien à foutre justement parce que ce site propose des videos et que ça retire toute légitimité à ce que je pourrais écrire. Site de merde, qui est à la fois ce en quoi j'ai mis le plus de passion ces 4 dernières années, et ce qui m'a le plus vidée de ma sève.
Ah, et puis ya les blogs aussi. Faut que j'arrête avec ces conneries. Là aussi, c'est vraiment une odieuse merde tout ça. Me gargariser de mots juste pour parler d'une série télé, ou pire, de moi, nan mais franchement. C'est pas vraiment ça écrire. C'est juste une façon de vouloir exister. Mais je n'existe pas. Comment j'existerais avec tous ces petits morceaux de moi disséminés en plein de petits textes insignifiants ?

Et pourtant, ce qui est déstabilisant, c'est que ce site, c'est mon plus grand accomplissement. C'est le plus grand que mes mots aient créé. Je ne dis pas que je ne peux pas faire plus (j'ai juste trop souvent l'impression que je n'y arriverai jamais, là se trouve la nuance), je sais que je peux porter le projet plus loin, et je vous jure que d'une certaine manière j'y suis presque... Mais quand je le regarde, je me dis que c'est quand même déjà pas mal, non ? Je veux dire : combien l'ont fait ? Combien ont assuré sur 3 ans et demi cette mission que je me suis donnée de partager ma passion, partager ma vision, partager ma... un autre mot en -ion ? Je veux dire, c'est un sacré défi et chaque semaine je continue de le relever. Dans des mails... c'est vrai, ça, d'ailleurs, tiens, mon orgueil m'aveugle, je reçois des mails flatteurs... et dans ces mails disais-je, on me dit que le site est super, que c'est énorme ce que je fais... Il y a tous ces commentaires qui remercient pour le service rendu, pour la découverte et la passion. La passion de la découverte. La découverte de la passion.
Mais ce type de louanges, je n'arrive simplement pas à les envisager comme valables. C'est si minuscule finalement, ce que je fais.
C'est colossal et minuscule, ce site...

Ce qui est troublant c'est que ces dernières années, je voulais simplement survivre, j'avais oublié toutes ces histoires de reconnaissance qui déjà, il y a longtemps, me posaient question sur la façon dont je pourrais me lire dans mon écriture. Et dont les autres me liraient dedans, également.
Quand j'ai même créé ce site, j'étais justement à une époque où je n'existais plus, où je venais de passer des mois à me rétrécir à vue d'oeil, je me contentais de surnager et je me suis raccrochée à ce site à ce moment-là. Je n'existais pas mais j'avais quelque chose pour m'animer quand même un peu...

Mais là, depuis quelques semaines, je veux exister.
Et je sais bien pourquoi ça me le fait. C'est ta faute à toi. A toi, là, oui ! Je te regarde et je me dis : mon Dieu, mais alors on peut exister ? On peut être soi-même sans concession ? On peut vivre sa passion, sa folie, sa connerie et tout le reste, on peut être soi-même au travers de ce qu'on fait le mieux ? On peut arriver quelque part ? On peut faire son chemin sans sacrifier ce que l'on est ? On peut se lire dans les yeux des autres ? On peut se trouver un public et recevoir quelques applaudissements de gens qu'on n'a pas eu besoin de payer ni d'aimer pour qu'ils nous flattent ? On peut être reconnu ? Pas ultimement célèbre, mais reconnu pour ce qu'on fait ? On peut ?
Je te regarde depuis quelques semaines et les révélations s'enchaînent. Par exemple celle qui me fait comprendre que je n'ai pas envie d'être comme toi, mais que j'ai envie d'exister comme toi.
C'est cruel de voir des gens comme toi exister quand on est personne, comme moi.

La majeure partie du temps, ce que tu fais est super con, et souvent franchement nul aussi. Mais tu le fais bien. Et surtout, tu existes à travers cela. Je ne sais pas si je suis/serais capable de vivre à travers ma plume, moi aussi. D'être moi-même sans concession. D'écrire des choses super connes et franchement nulles, moi aussi, mais les faire sans retenue, et avec quelques retours positifs. Et un peu plus que ça si j'ai de la chance et/ou du talent. Mais si j'avais de l'un et/ou de l'autre, ça se serait déjà produit, non ?
Comme celui qui bien souvent t'accompagne, je voudrais réaliser, un jour, qu'il y a des gens qui aiment ce que je fais. Même si ce que j'écris ne fait pas l'unanimité, simplement qu'il y ait des gens derrière moi. Qui me lisent. Qui s'abreuvent de ce que je fais comme étant l'une des sources de leur divertissement, de leur plaisir, de leur passion, de leur sensibilité... de quelque chose. D'eux.
Est-ce que je fais déjà ça ? Je ne pense pas. J'aimerais bien mais vraisemblablement, non, je n'y suis pas du tout.

Ce que je ne comprends pas c'est que tout en vivant cette remise en question, je m'aperçois aussi que je suis tellement plus épanouie et à l'aise avec moi-même qu'il y a quelques temps encore ! J'ai perdu une grosse partie de mes inhibitions, ces trucs qui me pourrissaient la vie et me rendaient plus sage que je ne voulais l'être ; quand mon cerveau criait les mots, ma bouche refusait de les prononcer, de peur que... La peur, encore.
Aujourd'hui on peut dire qu'en plus de les écrire, je ne mâche plus mes mots. Aujourd'hui il arrive que je livre les mots tels quels et que je laisse les gens se débrouiller avec. Aujourd'hui je ne fais plus qu'écrire, j'ai appris à dire aussi. A asséner. A plaisanter. Je me regarde il y a, quoi, cinq ans ? Je n'étais pas coincée, non, j'assumais déjà ce que j'étais et ce dont je voulais être faite, et il m'arrivait même à l'occasion de trouver un public facile pour ce que je faisais, j'attirais l'attention, mais ce n'était rien comparé à celle que je me sens être devenue à présent. Aujourd'hui j'ai l'impression de m'approcher encore un peu plus de moi-même de par l'aisance que j'ai gagnée. Je ne sais d'ailleurs pas bien, au juste, d'où elle est venue, cette aisance, alors que j'ai l'impression de sortir d'une série d'échecs cuisants.
Mais peut-être qu'un jour je serai tout-à-fait moi-même, sans limite et sans retenue...

Je te regarde, notamment ton regard assuré et franc, celui qui semble capable de soutenir n'importe quel autre, et je me demande ce que tu verrais si on se rencontrait ? Me traiterais-tu en égale, comme l'une de celle qui a accompli son petit bout de quelque chose ? Aurais-je l'air d'être complète ? Aurais-je l'air de n'avoir pas fini mon chemin ? Te dirais-tu que je suis insignifiante ? Quelqu'un qui a ton assurance et qui commence à récolter les fruits, que penserait-il de mon parcours ?

Pourquoi j'ai tellement besoin de me lire dans les yeux des autres ? Il faudrait que je commence à m'écrire pour moi, peut-être... c'est ce que je pensais faire, mais au vu de ce post, il faut croire que non. Ce n'est peut-être que comme ça que j'arrêterai d'être personne.

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20 mai 2008

Candidature spontanée

Il y a quelques jours, j'ai plaisanté avec l'une de mes toutes fraîches connaissances, par mail, à propos d'un type très comestible. J'ai peut-être été un peu lourde sur la plaisanterie filée car au bout de quelques messages, elle m'a proposé que je lui passe une photo de moi à montrer au gars, sans être elle-même sûre, apparemment, de ce que le type en ferait ensuite. C'est là que j'ai réalisé que j'avais peut-être paru insistante.

Après avoir un temps envisagé de poursuivre le délire jusqu'au bout, je me suis finalement ravisée, au motif que je ne suis pas certaine de maîtriser tout dérapage, dans un sens comme dans l'autre, de ce qui n'a jamais dans mon esprit été autre chose qu'une blague. Pour être honnête, si je faisais réellement parvenir une photo de moi à ce mec, je n'arrive au juste pas très bien à juger où serait l'accomplissement, et où serait l'échec. De la même façon qu'on ne choisit pas un mec sur catalogue (or ça donnait un peu cette impression à m'entendre, je pense), je ne suis certainement pas une photo. Et surtout : s'il n'en découlait rien, de tout ça, je ne pourrais plus vraiment en rire, mais aussi, s'il en découlait quelque chose, je ne suis pas certaine de continuer à trouver ça drôle. D'ailleurs, au juste, n'étais-je pas par hasard la seule à avoir réalisé que c'était une blague ? J'ai eu un doute.

Bref j'en ai conclu que ma plaisanterie n'avait que trop duré. J'avais peut-être pas réalisé, non plus, à quel point elle s'était étalée sur plusieurs jours (ça va vite avec des mails, pour ma défense).

Mais pendant que je pensais à tout cela, j'ai quand même eu le temps de bricoler une petite connerie pour accomplir ma plaisanterie jusqu'au bout. L'idée c'était, avec la photo sus-mentionnée, de faire passer une vraie-fausse candidature. Parce que cette histoire de photo, sur Internet, c'est un grand classique du recrutement amoureux : montre ta gueule et on verra si ça vaut la peine que je me fasse chier à te parler. Ya pas plus consumériste comme vision des rapports humains ! C'est l'une des raisons qui font que j'ai désinstallé MSN ya des années de ça, par exemple. Je n'étais pas consciemment dans une démarche artistique de détournement de ces moeurs en ligne, mais rétrospectivement, si, c'était un peu ça, quand même !

Comme finalement je vais donc couper court à ma blague pas drôle (puisqu'il n'y avait vraisemblablement que moi qui savais que c'en était une), mais que ça m'a quand même fait marrer une petite heure, ces conneries, je me suis dit que j'allais quand même pas jeter ça directement à la poubelle, et donc que j'allais le poster ici.

Alors bien-sûr, j'ai corrigé la lettre de motivation de façon à extraire les points se rapportant trop spécifiquement au dit mec consommable (qui ne l'est pas moins, notez bien, simplement il continuera à l'être de loin... cela dit s'il pouvait quand même y aller mollo, parce qu'il est tellement baisable par moments que ça devient indécent pour une célibataire de le regarder plus d'une minute), et donc le résultat est une version plus généraliste, prête à publiposter en quelque sorte. Bientôt, dans votre boîte aux lettres, si vous habitez la région... (nan bon, j'arrête avec mes blagues pourries)

L'avantage, quand même, et plus sérieusement, c'est que la rédaction de cette petite blague, en plus de meubler une heure de mon dimanche, m'a quand même permis de me remettre brièvement en question sur le genre de petite amie (le terme est désuet, mais j'adore) que je suis et ce que je pense avoir à offrir à un mec... puisque l'idée de base, ce n'était pas de raconter n'importe quoi non plus, mais juste de jouer sur la forme. Eh bah c'est pas si facile à formuler que ça en fait !

Bon enfin, maintenant, il va quand même falloir expliquer tout ça à la toute fraîche connaissance en question... sans passer pour une buse, c'est ça le problème !


Monsieur,

Ayant appris qu'une disponibilité s'était créée, je sollicite auprès de vous un poste de petite amie en CDI, de (trop) nombreuses expériences chez la concurrence m'ayant appris que je n'étais définitivement pas faite pour l'interim.

Bien qu'issue d'un parcours somme toute classique, je pense pouvoir m'enorgueillir d'un panel de compétences attractif, dont vous pourrez juger sur mon CV ci-joint. Ma personnalité à la fois attachante et décontractée est également l'un de mes atouts. Arrivée à au terme de mon précédent emploi, j'entends bien mettre mes divers dons à votre service.

Vous trouverez donc ci-après un récapitulatif de mes principales expériences, les moins représentatives ayant été occultées pour des raisons évidentes de place et de pertinence. Comme vous pourrez le constater, une certaine cohérence s'en dégage, tant au niveau des postes occupés que des dates ; la récurrence du mois de mai est cependant à interpréter comme une coïncidence, probablement due à la profondeur de mes décolletés lorsque viennent les beaux jours...

Mon tempérament passionné et entier, et ma grande capacité à communiquer aisément sur le futile comme sur l'essentiel, ainsi qu'une propension à donner le mode d'emploi pour m'être agréable lorsque mon interlocuteur n'est pas débrouillard et/ou flemmard, sont autant de ressources dont, je suis sûre, vous saurez profiter. Mon aptitude à la tendresse, couplée (c'est le cas de le dire) à mon grand souhait d'indépendance, font de moi une compagne aussi agréable et versatile qu'un chat (le problème de la litière en moins). J'ai, bien entendu, quelques défauts, tout comme vous, mais plusieurs stages de formation m'ont permis d'en atténuer une partie ; les autres étant les inconvénients inévitables d'une personnalité riche et complexe...

Si vous me prenez... pour ce poste, je veux dire, je serai votre alliée sans pour autant vous étouffer, d'autant que je n'envisage pas de réitérer l'expérience d'une cohabitation à court ni moyen terme. Je tiens cependant à souligner qu'après avoir fait l'expérience des relations à distance, avec relativement peu de résultats concluants, je ne privilégie pas la mobilité pour mon prochain poste, et préfère être embauchée sur la région parisienne.

Mon goût pour les futilités strictement féminines (vêtements, bijoux...) est particulièrement limité, ce qui fait de moi, qualité non négligeable par les temps qui courent, une compagne peu onéreuse à entretenir ; quelques DVD par an devraient largement suffire à maintenir l'illusion que vous dépensez de l'argent pour moi. Revendiquant une féminité d'un autre ordre que vous serez, j'en suis sûre, à même de découvrir, je ne vous trainerai pas dans les boutiques (et surtout pas pendant les soldes), ni ne monopoliserai la salle de bains des heures durant pour un résultat que, Monsieur, vous n'auriez de toutes façons pas remarqué.

Idéale pour les geeks et les nerds, je me montre particulièrement polyvalente en étant à la fois une tendre petite amie prompte au câlin, mais aussi une copine à l'humour ravageur (et souvent graveleux), une spectatrice toujours attentive à vos performances aux jeux videos (ou autres), et, ce qui ne gâche rien, je suis aussi de bonne compagnie dans les discussions de tous ordres ; les esprits les plus pragmatiques y verront là un gain de temps considérable pour le reste de leurs activités. J'ajoute d'ailleurs que ce n'est certainement pas moi qui vous reprocherai de consacrer une quantité trop importante de votre temps à vos passions, quelles qu'elles soient... à condition que le temps passé avec moi ne soit pas bradé pour autant ; j'en aurai d'ailleurs autant à votre service, ayant moi-même quelques passions très chronophages dont je ne souhaite pas m'abstenir même pendant la période d'essai. Il peut toutefois être envisageable d'exercer nos passions en commun (voir chapitre « hobbies » de mon CV).

Je m'en remets donc à votre décision qui, j'en suis certaine, sera mûrement réfléchie au vu des éléments dont vous disposez à présent. Je me tiens à votre entière disposition pour un entretien complémentaire devant un verre...

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression des mes sentiments les plus respectueux (et plus si affinités),

ladyteruki


CVfictif_copy

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15 mai 2008

Recherche intubation désespérément

Je veux de l'air !
J'en ai marre d'attendre. J'en ai marre de reporter indéfiniment mon rendez-vous avec l'avenir ! Je suis prête, maintenant, balancez l'oxygène, dose maximale, je veux en prendre plein les bronches, j'étouffe dans la salle d'attente, il est temps !

Je veux tout, je ne veux plus me priver, je ne veux plus troquer, je ne veux plus me contenter, je ne veux plus concéder que j'ai au moins un truc qui marche quand le reste est minable ; je veux tout et je refuse de céder davantage de terrain !

Je veux que cesse la quête. Je suis à 4 ans de la date limite de péremption de ma patience, et déjà elle s'émousse sérieusement. Il faudra que tout soit prêt à ce moment-là, et j'aime autant prévenir, il est hors de question que j'attende plus longtemps pour que les choses se mettent enfin en place pour le grand jour. J'ai toujours vu ma trentaine comme l'âge idéal, maintenant il suffit, on va y aller.

Ô frustration de n'avoir toujours pas commencé à respirer à pleins poumons, qui m'étreint alors que le jury délibère sur mon cas. Mais si, allez, prenez-moi, je travaillerai bien, je travaille toujours bien mais jamais assez longtemps pour cocher ce "léger détail" sur ma liste des empêcheurs de respirer en rond, embauchez-moi et merde, qu'on passe à la vitesse supérieure.

Maintenant ça suffit, j'ai assez attendu. J'ai assez admis qu'on n'avait pas toujours ce qu'on veut. Maintenant faut me prouver que de temps en temps, quand même, ça marche. A présent est venu le temps de la récompense. J'ai patienté plus de 26 ans pour que ce soit mon tour, j'ai laissé la place lorsqu'on me disait que ce n'était pas mon heure, j'ai accepté qu'il y avait des embûches, je les ai toutes affrontées du mieux que j'ai pu, j'ai essayé de bien me comporter, j'ai essayé d'être une bonne personne, j'ai essayé d'être une bonne employée, j'ai essayé d'être une bonne petite amie, je me suis pris des revers, je me suis émietté le coeur mec après mec, j'ai sacrifié à l'autel du chômage et des contrats précaires, j'ai mis de l'eau dans mon vin, j'ai revu mes ambitions à la baisse au nom du réalisme, j'ai appris à la dure, j'ai fait contre mauvaise fortune plutôt bon coeur, j'ai dépensé mon âme sans compter, j'ai consacré du temps aux autres, j'ai versé des larmes, je n'ai essayé d'abandonner qu'une fois, j'ai lutté contre le néant ; j'ai même pardonné à tous ceux qui m'ont offensée alors que je ne crois en rien qui m'y inciterait ; ça va maintenant, j'ai donné. Je veux mon dû. Je veux ma vie.

Balancez l'oxygène, pleine puissance, un grand jet d'air dans la trachée, que mon coeur s'affole, que mon sang se mette à bouillir, que la vie commence, merde ! Enfin ! Ouvrez les yeux et donnez-moi ce qui me revient ! J'ai suffisamment attendu que vienne mon heure, maintenant.
Je veux le boulot, et surtout je veux le salaire, pour tout ce que je pourrai acheter avec : l'indépendance, le confort, le superflu peut-être aussi un peu, la tranquillité d'esprit et tout le bazar. Je veux la totale. Le pack entier. J'ai admis qu'on ne me concède rien pendant trop longtemps déjà, maintenant je veux rafler la mise, et le plus fou dans tout ça c'est que j'ai fini par penser que ce boulot-là c'est le jackpot, alors la moindre des choses, c'est de récompenser ma patience, ma docilité et mon humilité. Je veux ne plus avoir besoin d'aucun des trois.

Je veux arrêter d'avoir le souffle court, je veux inhaler la vie à pleines narines, me la faire ligne après ligne, je veux le boulot, je veux le pognon, je veux l'appart, je veux le mec ; je veux tout ça et encore je me trouve humble de ne pas en vouloir plus, alors allongez le contrat, faites-moi enfin entrer dans la cour des grands !

Je refuse de ne passer ne serait-ce que quelques mois de plus à survivre.
Le désir de vivre suinte par tous les pores de ma peau, donnez-moi ma chance !

Je veux, je veux, je veux ! Ce n'est pas un caprice, je revendique, c'est à moi, elle est à moi cette vie, la vie où je n'ai pas à sacrifier le peu qui se produit de bien dans ma vie parce que tout le reste est merdique, c'est la mienne, l'autre c'était en attendant, celle où j'étais si terrifiée par la perspective de ne pas manger, de ne pas travailler, de ne pas exister, que le peu que j'avais finissait par se faner. Si je dois perdre quelque chose, je veux que ce soit ma faute, pas que ce soit à mettre sur le dos des circonstances ! Si je dois perdre quelqu'un, je veux que ce soit parce que je me suis comporté en monstre, pas parce que j'ai eu peur du lendemain et que personne ne peut vivre comme ça bien longtemps.

Je veux entrer dans la danse, m'envoler en une ronde folle au milieu des feuilles mortes et m'infiltrer entre les courants d'air, je veux quitter la terre ferme où je suis enchaînée depuis, semble-t-il, toujours. Je veux qu'enfin on reconnaisse mes qualités et qu'on me laisse en vivre. Je prends le relai ensuite, je me charge du reste, je sais me battre de toutes façons, mais qu'on me laisse juste, enfin, m'engouffrer dans ma nouvelle vie.

Je veux, je veux, je veux... Ce n'est pas un caprice, c'est la colère de l'épuisement. J'ai trop attendu, ça suffit.

Regardez-moi ! Je suis là, nue, sous vos yeux, le poitrail déchiré à force de recevoir les coups de fouet, de voir les gens entrer et sortir de mon coeur, éviscérée par les embûches, ça suffit maintenant, je trouve que j'ai assez versé de sang et de larmes ! Regardez ! Je suis là, entière, offerte, j'attends qu'on me cède enfin juste ma vie. Tous les nerfs, les muscles et la chair sont là, au vu et au su de tous, et tout est sain même si tout a pris des coups, j'ai persisté jusqu'ici et maintenant, je veux la rançon de ma souffrance et ma patience, alors prenez-moi, je serai excellente dans le rôle de la nana qui mène une vie normale et ennuyeuse, qui fait gentillement son boulot, qui fait gentillement son petit site, qui fait gentillement des gâteries à son mec, c'est ce que je veux, juste ça, et vous pouvez me le donner, alors envoyez le Zéphyr !

J'aspire !

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14 mai 2008

Attention, rupture fraîche

Tiens... bizarre. Je pensais que ça me prendrait plus de temps.
Ce week end, il m'est arrivé un truc de dingue : j'ai regardé un mec. Je veux dire : pas juste regardé. Je l'ai regardé avec ces yeux-là. Les yeux qui disent "guérie". Merde alors.
Il ne va rien se passer. J'en suis pas à ce stade-là de toutes façons, faut rien exagérer et c'est même pas le sujet. Mais être capable de regarder un mec et me dire "miam", ça ne m'était sincèrement pas arrivé depuis des lustres, et ce, alors que la rupture est encore fraîche (deux fois fraîche, en plus).

D'ordinaire, quand un type m'a fait autant de mal, je les exècre tous, en lot, pendant des mois, je n'en regarde plus un seul ou juste pour les mépriser, et au bout de deux ans (en moyenne), en général l'envie m'a passé de m'y intéresser, à ces conneries, et c'est pile le moment où je retombe dans le panneau avec un mec qui irrémédiablement me fait entrer à nouveau dans le même cycle de félicité intense suivie d'une rupture à s'en tailler le coeur à la machette. Sur l'air de "finis-moi à la tronçonneuse, ça fera moins mal".
Ce à quoi, depuis plusieurs semaines, mais trop tard, je jure qu'on ne m'y reprendra plus. Que les mecs, c'est fini.

Je m'étais trompée de cible. Le problème, ce n'est pas les mecs. Le problème c'est de les aimer. Je ne suis pas assez détachée de ceux avec qui je sors (la meilleure preuve c'est que la relation la plus épanouie que j'aie eu sexuellement, c'était quand on s'est remis ensemble avec G, et que j'étais moins investie amoureusement mais que je profitais à 150% de tout le reste... enfin, le temps que ça a duré).

Je relis des posts de ce blog qui datent d'il y a quelques semaines à peine, et on dirait que c'est celui d'une autre fille. Une fille qui a peur qu'on lui fasse du mal. Une fille qui n'est qu'une plaie béante.

Ce qui était étrange, ce week end, c'est qu'en regardant ce type, je me suis dit que, bon, d'une part, il ne me ferait jamais de mal puisque je ne comptais pas l'approcher, mais que surtout, si j'avais décidé de l'approcher, il m'en aurait fait de toutes façons. Ne fuyez pas, je vous jure qu'il ya progrès ! Parce que, ce qui s'est passé dans ma tête, c'est que je n'ai pas trouvé incompatibles la perspective de souffrir à cause d'un mec, et l'éventuelle possibilité d'en approcher un quand même. Au lieu de rester terrée dans mon monde en attendant je ne sais trop quoi (la mort lente froide et solitaire, sans doute), j'étais simplement déjà prête à reprendre le risque de repartir en guerre. Je ne l'ai simplement pas pris. Mais pas par peur.
Et ça c'est la nuance qui change tout.

"Alors en gros ça veut dire quoi ?", ai-je envie de me dire. Est-ce que ça veut dire que, contrairement à ce que je pensais, je vais effectivement repartir vers de nouvelles aventures ? Faut pas pousser, hein. Un pied devant l'autre. Mais je crois qu'il se passe un truc quand même.
Effectivement, comme je le pense depuis des mois, quelque chose est définitivement mort en moi. Mais je pensais que c'était ma capacité à fréquenter quelqu'un. Sauf que ce n'est pas vrai. Ce qui est mort, c'est juste ma capacité à aimer ! Et là aussi, ça n'a l'air de rien, mais c'est une sacrée nuance ! Je ne vais pas rester seule, simplement, bon, bah voilà, c'est net, je ne ferai plus jamais confiance, le dernier pour lequel j'avais fait l'effort a tout anéanti de ce côté-là... mais ça ne veut pas dire que je veuille rester seule et je viens de m'en apercevoir !
C'est pas une bonne nouvelle, ça, des fois ?

Il est là et bien là, le rêve de mener une vie "normale", il n'a pas encore sombré corps et biens. Ce qui est mort en moi n'a pas tué tous mes espoirs de passer de bons moments avec d'autres hommes, c'est ça qui me semble magique en cet instant précis. Alors d'accord, je ne m'attends plus à avoir des papillons dans le ventre, mais en tous cas je sais, au fond de moi, qu'il viendra un moment où je serai à nouveau prête à me lancer dans une nouvelle relation. C'est déjà bien. Je vois pas ce que je pourrais espérer d'autre, j'avais fait le deuil de ma vie amoureuse, moi ! Et pourtant, elle n'est pas morte. Juste en stase. Elle attend le moment opportun pour se réveiller, et même si elle ne sera plus jamais ce qu'elle a été, elle sera. Ça me soulage, d'une certaine façon. Ce n'est pas tout ou rien (pour une fois). Ne plus pouvoir accorder ma confiance à un homme ne doit pas signifier que je reste seule ad vitam aeternam, après tout. Ça n'empêche pas la tendresse, le sexe et la complicité, dans le fond.

J'ai relevé la tête drôlement vite, quand même. Ca m'étonne... et je ne sais pas trop comment l'interpréter.
Cette putain de rupture a moins d'un an (les deux putains de ruptures ont moins d'un an, parce qu'en plus yavait le facteur ô combien aggravant de la répétition !). J'ai pourtant passé les différents cycles habituels plutôt vite. Ainsi, la période "enflure, je savais bien que j'aurais pas dû accepter tes putains d'avances ya deux ans", la période "mais pourquoi sont-ils infoutus de me laisser dans l'état où ils m'ont trouvée ? ", la période "le seul l'unique", la période "ne m'abandonne pas complètement" (j'ai réalisé il y a quelques jours qu'elle était finie alors qu'elle était encore d'actualité le week end précédent), et la période "jamais plus jamais" (dont il est question dans ce post, donc), sont déjà derrière moi. Et là je suis déjà entrée dans la phase "tout est possible et je me plais à rêver ce qui se passerait si je rencontrais un mec bien". J'ai peine à le croire.
J'imagine que la phase "c'est envisageable et je me prive pas d'en rêver mais on va ptet pas se lancer tout de suite" va durer plus longtemps du coup. Mais à vrai dire je n'en sais rien du tout.

Et si tel n'était pas le cas, je crois que ça serait un peu effrayant : est-ce que ça veut dire que je m'habitue à être lâchement abandonnée par des mecs sans courage ? Est-ce que je suis blasée ? Me suis-je endurcie à ce point ?
Est-ce de la pure inconscience ? N'ai-je donc rien appris ?
J'espère que cette rapide guérison laissera quand même une aussi grosse cicatrice que les précédentes. Pour que je n'oublie pas. Surtout, ne pas oublier. Avancer mais sans jamais oublier. Sinon tout cela n'aura servi à rien...

Mais pour le moment, j'ai l'impression que l'air envahit mes poumons, et j'ai envie de hurler que je suis vivante et qu'il est temps que j'en profite ! J'ai envie d'aimer la vie, enfin, d'aller dîner en tête-à-tête dans ce restaurant sur lequel j'ai lu un article, d'aller me promener encore et toujours sur ces quais de Seine où mon âme est restée, j'ai envie de me lover dans les bras d'un homme en regardant quelque chose à la télé, j'ai envie de me payer un week end dans un parc d'attractions à me dire que vu le prix des billets c'est dommage de ne pas sortir de sous les draps, j'ai envie de m'engueuler avec un mec pour me réconcilier ensuite avec lui, j'ai envie de pleurer dans ses bras puis de me moquer de ma sensibilité de nana avec lui... J'ai envie de mettre tous les ingrédients de ma vie dans un grand saladier et d'enfin y croquer à pleines dents tout un tas de légumes colorés ! Je veux enfin profiter des choses auxquelles je me suis interdite de penser ces dernières années...

Je veux vivre, je veux partager,je veux avancer, je sais que  ce n'est pas encore le moment et je ne vais pas me précipiter bêtement, mais...

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04 mai 2008

Compte à rebours avant le néant

Je ne sais pas combien de temps il reste, mais je sais que le compte à rebours a déjà commencé.

Je n'ai plus aucune confiance, et n'ai plus envie de me battre pour la reconstruire alors que lui-même ne consent pas le moindre effort pour me conserver dans sa vie. Il y a quelque chose comme deux semaines, il m'a refait le coup du "je veux pas qu'on coupe les ponts", et le pire c'est que je l'ai encore cru, mais que fait-il pour l'éviter ? Il m'appelle une fois, et pense que ça lui garantit que je resterai là pour lui quoiqu'il me fasse endurer. Il sait que pour moi il n'y a rien de pire que le silence mais c'est très exactement ce qu'il me fait endurer, parce que lui veut être "libre", parce que ce dont lui a besoin est la seule chose qui compte, et que sa prétendue amie n'a qu'à se rendre disponible lorsqu'il en a besoin, mais jamais l'inverse.

Et parce qu'il me veut pour amie lorsqu'il en a envie, mais lui n'est pas là lorsque je voudrais lui parler, notre amitié est morte avant même de vivre réellement.

Combien de temps avant qu'il disparaisse de ma vie ? Je viens de m'apercevoir que je me posais déjà la question il y a 4 mois et qu'en dépit de ce qui s'est passé entretemps, RIEN n'a changé. Il est toujours dans l'inertie. Il attend que ça se passe tout en me disant qu'il ne veut pas que ça se produise. Il n'a que le silence à m'offrir et s'étonne que ça me détourne plus encore de lui.

Je n'ai qu'un grand trou dans le coeur, et il se contente de dire qu'il s'en veut, sans éviter de l'élargir plus encore.

Il y a une semaine il était gentil au téléphone. Presqu'attentionné. Je me suis dit qu'il avait vraiment essayé de faire quelque chose. Mais ce n'est pas vrai. C'était juste parce qu'on était dans un bon jour, pas parce qu'il se préoccupait de ne pas me perdre. Après une semaine de silence radio alors qu'il s'était engagé à un certain nombre de choses (m'appeler pour tester sa ligne, m'envoyer un fichier tout bête qu'il me promet depuis deux semaines, etc...), je comprends que ce sera toujours comme ça. Qu'il ne veut pas me perdre mais qu'il fait tout pour que ça arrive. Si pour des choses bénignes il n'est pas capable d'être là, je ne vois pas quel genre d'ami il a l'intention d'être pour moi. 

Ce type n'a toujours pas compris que tout a des conséquences, y compris le fait de ne rien faire. Sa passivité fait du tort, c'est même ce qui m'a fait tant de mal ces derniers mois, il le sait, et il attend que je lui fasse remarquer que je souffre pour s'en vouloir, dire un petit mot, et recommencer. Encore et encore. Jusqu'à ce que je n'aie plus d'autre choix que de l'éliminer de ma vie pour me protéger.

Il veut à la fois se libérer de toute forme d'attache, être "libre", et en même temps me garder pour amie. Mais à quel genre d'ami rend-on impossible tout contact ? A quel genre d'ami propose-t-on soi-même d'appeler pour ne jamais le faire ? C'est seulement quand il veut, comme si j'étais son amie quand il en a envie, mais qu'il n'était jamais mon ami quand moi j'en ai envie. C'est une relation, ça ? Qu'il s'achète un ours en peluche auquel parler, qu'il pourra ranger dans un placard quand il n'en aura plus besoin, ça reviendra au même. Je suis une personne, pas un objet. Ce que je ressens devrait aussi compter. Mais je dois toujours me le mettre derrière l'oreille parce qu'il veut être "libre".

Ce n'est pas mon ami. C'est un ex qui cherche désespérément à ce que ça se passe dans de bonnes conditions, mais sans jamais avoir à se donner du mal.

C'est raté, tu m'entends ? Tu as tout planté. Et je commence lentement à te détester et à me dire que je veux te voir disparaitre de ma vie, parce que de toutes façons tu n'y es pas vraiment. Si je ne peux pas parler à mon prétendu ami quand je le veux, si je ne peux pas être au courant des choses qui nous concernent tous les deux, alors je ne vois pas ce que je fais là, et je ne vais pas y rester. Tu le sais, je te l'ai déjà dit ouvertement, et tu ne fais rien pour l'éviter. Et je t'interdis d'être désolé alors que tu sais très exactement que tu pourrais l'empêcher en te donnant un peu de mal.

Ca me coûte de couper les ponts, mais pas autant que ce sentiment de rejet constant que tu m'infliges à répétition.

Je suis bien mieux en étant libre de toute attache, moi aussi. J'avais éliminé tous les pseudo-amis de mon existence parce qu'il vaut mieux être seule que mal accompagnée ; je te l'avais dit : tous ceux qui n'étaient là que pour plaisanter mais n'étaient pas capables d'assurer, je les ai virés de ma vie. Si tu ne veux pas faire mieux, je ne vais pas insister, je te rayerai simplement de ma vie comme je l'ai fait pour les autres, et ce ne sera que la conséquence directe de ton silence obstiné.

Si j'étais ton amie, je n'aurais pas à te courir après juste pour discuter et être au courant de ce qui se passe sur nos projets communs. Et je n'ai plus l'intention de le faire. Tu vas me perdre, tu sais pourquoi, cette fois c'est écrit noir sur blanc et tu n'as plus d'excuse.

Alors assume ce que tu veux, dans un sens ou dans l'autre, mais ne t'avise pas de me refaire le coup du pauvre petit qui est désolé d'être égoïste, et qui voudrait tellement être quelqu'un de moins lâche, quand tout ce que tu fais prouve très exactement que tu n'a pas envie de changer. Si tu veux que je sois ton amie, sois le mien. Il n'y a plus la moindre raison pour que je tolère tes silences de la sorte.

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07 janvier 2008

Fenêtre refermée

« Je te pourris la vie »… Prélude à un adieu que je sais imminent et qu’il ne fera rien pour retarder. Je me contemple le calendrier en me demandant : « dans combien de mois, combien de semaines va-t-il définitivement disparaître de ma vie ? ». Cela semble inéluctable aujourd’hui. Mais cette fois-là, je ne serai pas celle qui expliciterai l’inavouable, je refuse ce rôle. S’il veut sortir de ma vie, par embarras ou autre, il faudra qu’il le dise lui-même.

Je devrais sans doute me rassurer de voir que je suis encore capable de faire partie de la vie de T. ; ce n’était pas l’intention mais j’ai découvert que, malgré tout, malgré lui aussi, trois ans après notre rupture nous faisions encore partie l’un de la vie de l’autre. Il lit mon blog (peut-être en ce moment-même) régulièrement, et moi je pense à lui aussi de temps à autres (surtout lorsque je pense à ma grand’mère…). Oui, cela devrait me rassurer après ce que nous avons vécu. Mais ce n’est pas le cas. Je n’arrive pas à me réchauffer le cœur à cette idée.

Oui, je suis malheureuse depuis plus de deux mois… C’est plutôt normal je dirais. J’ai la chance d’avoir d’autres choses auxquelles me raccrocher, et qui font que je suis simplement malheureuse, et pas à nouveau au fond du gouffre. Je n’en suis pas à me demander pourquoi je vis… juste pourquoi je fais certaines choses. D’une certaine façon je suis en progrès ! J’ai la tristesse sèche comme un hiver ; les larmes coulent en de (trop !) rares occasions, mon cœur est dur et froid et je me dessèche lentement… je suis malheureuse, mais je n’en suis pas dépressive pour autant. Simplement rien ne me réchauffe vraiment, rien ne me réjouit entièrement. Je guérirai peut-être même de ce froid, un jour, qui sait.

Oui, je suis malheureuse depuis plus de deux mois, et c’est de sa faute… Ma foi on ne va pas le nier : je suis encore très attachée à lui, et sans aucun doute je le suis plus que lui (ça me passera) (ça passe déjà).

De toute évidence, je serais plus heureuse si nous étions encore ensemble, c’est un fait. Maintenant serais-je plus heureuse si nous nous remettions ensemble ? J’en suis beaucoup moins certaine.

Il y a la nostalgie. Je repense à nos bons moments. Ca ne fait qu’à moitié mal, car je parviens à encore ressentir le bonheur et la beauté de ces instants. Ces instants que j’aimerais à la fois coucher sur le papier pour ne jamais les oublier, et en même temps que j’ai envie de ne même pas dévoiler à moi-même, à garder secrètement dans un coin de mon cœur, moitié pour qu’ils gardent leur innocence, moitié pour pouvoir les perdre progressivement dans le froid sourd qui me gagne.

Il y a encore l’attachement. Je sais qu’à chaque jour qui passe où je me sens (sais ?) rejetée, il s’étiole et disparaît lentement. Je suis loin de ressentir ce que j’éprouvais il y a à peine deux mois, c’est net. J’ai été tellement blessée et déçue que je ne peux pas faire autrement que voir ces sentiments se réduire petit-à-petit comme peau de chagrin. Ca me fait peur d’ailleurs, j’ai l’impression que cela va trop vite. Non que j’aie envie de me complaire dans des sentiments qui n’auraient plus lieu d’être, mais simplement, je trouve inquiétant que mon cœur se referme avec une telle brutalité, comme un piège ; et que le prisonnier, c’est mon avenir, condamné à se ronger la jambe. Quelque chose meurt en moi chaque jour et ça me rend infiniment triste de me dire que je ne serai plus capable de cet attachement plus tard. Parce que c’est ça qui meurt : ma capacité à aimer. Cette fois j’ai donné tout ce qu’il me restait. Mais l’attachement est encore là pour le moment.

Et puis, il y a encore le désir. Les mauvaises langues (et j’en suis) ainsi que les psys de bas étage diront que c’est ironique de ressentir pareil désir lorsque précisément il ne peut plus être assouvi. Je crois que cela dépasse le cadre de l’effet de manque : la vérité c’est que je me sens incroyablement épanouie dans un autre domaine de ma vie qui, lorsqu’il me manque, me dévore les entrailles. Pourquoi n’ai-je pas su profiter mieux de l’époque bénie où nous étions ensemble ? Simplement parce que la terreur d’être sans argent, sans reconnaissance, sans visibilité sur l’avenir, me rongeaient au-delà du raisonnable. Ce n’est pas juste de la peur, c’est de la terreur. Et je l’ai laissée me faire passer à côté de ce que j’avais déjà, réduisant ma libido à néant.

Pourtant je suis là, avec ce désir en moi, un désir que je n’ai ressenti que rarement à ce point, avec même des fantasmes et c’est quasiment nouveau pour moi ! Je ne me rends compte qu’à présent à quel point avec lui j’ai avancé dans ma vie de femme, je fais le bilan de ce que j’ai découvert, appris sur moi-même et sur lui… J’aperçois parmi les souvenirs des choses que je n’avais pas vues alors : comment j’ai réalisé mon précieux rêve du dimanche matin, comment j’ai trouvé un compagnon avec lequel il était plaisant de vivre les mêmes plaisirs… Et, bien que je m’empêche, autant que possible, d’y penser, par respect pour lui et pour me ménager, parfois je laisse échapper un soupir en repensant à son corps. Et à ses yeux…

Et je me retrouve là, avec toutes ces choses que je réalise maintenant que mes plus grandes angoisses se sont calmées, et je considère avec horreur combien j’aurais été heureuse à présent si seulement… !

Si seulement quoi, d’ailleurs ? Si j’avais été patiente ? Si j’avais été moins terrifiée ? Peut-être qu’il n’y a pas que des « si je », qu’il y a un « si il » aussi… ? De toutes façons je ne saurai jamais.

Bien-sûr que ça me pourrit la vie de ne plus être avec lui, mais le retour arrière n’est pas possible de toutes façons ; alors quoi ?

Une part de moi, qui se réveille après cette peur léthargique, a envie de désirer d’aller de l’avant. Mais la simple idée de vouloir vivre une relation à nouveau me semble particulièrement absurde et dangereuse, ne parlons même pas de concrétiser cette idée, ce serait de la folie pure ! Faut-il donc que je m’éveille à tout un tas de choses alors même que je n’ai plus envie de rentrer dans un nouveau cycle… quel gâchis.

Ni avec lui, ni avec aucun autre, je ne pourrai à nouveau ressentir cette confiance, ni cette intimité. C’est surtout de ça dont je suis en train de faire le deuil pour le moment.

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19 novembre 2007

Désintox

Le sevrage est rude mais comme il est m'est infligé brutalement (en dépit de certains efforts de ma part pour laisser la porte ouverte à la discussion), il va certainement être plus rapide à terme. En une semaine je me dis que j'ai quand même bien progressé, je suis sur la bonne voie pour guérir au plus vite de tout ça. D'accord, je suis en train de me refermer comme une huître, d'accord, je vais devenir distante avec tout le monde, d'accord, le prochain mec qui voudra s'y essayer va en chier parce que je vais être encore plus blindée, mais dans tous les cas c'est mieux que pleurer sur mon sort pendant des mois. Je l'ai dit, je veux pas en repasser par là.

Maintenant que je n'ai (presque) plus que ça à faire, j'emploie beaucoup de mes forces dans ce processus. Je me dis que j'ai une fenêtre de deux semaines environ pour me débarrasser définitivement de tout sentiment envers lui, et que lorsque mon nouveau travail commencera (et ç'a intérêt à se faire comme je le veux parce que sinon je ne réponds plus de moi), je me le serai ôté de la tête et je commencerai une nouvelle phase de ma vie, épurée d'un tas de douleurs et de doutes, et que je pourrai me tourner vers l'avenir, pour une fois. Ca ne peut que me faire le plus grand bien d'avoir un avenir. Ca me changera.

Après tout si lui peut m'ignorer si facilement et sans regret, il faut que j'en sois capable aussi, et il n'y a pas de raison pour que je n'aie pas cette capacité. M'expulser de sa vie semble facile, donc la réciproque doit nécessairement l'être aussi. C'est ce que je me répète. C'est juste une question de volonté. Si je veux vraiment ne pas souffrir longtemps, ne pas attendre d'email ou de coup de fil comme une ado désespérée à laquelle je me fais encore trop penser, si je veux pouvoir être libérée de ma colère aussi, si je veux ne plus me sentir abandonnée et trahie, alors il ne dépend que de moi d'accélérer le mouvement et faire mon maximum pour, à mon tour, le sortir de ma vie. Et de mon coeur dans la mesure du possible.

Evidemment, pour le moment ça mouline encore un peu là-haut. Bah oui, passer son temps à chercher à oublier quelqu'un, c'est quand même encore penser à lui. Mais ça fait partie du processus et ce n'est qu'une question de temps. Je me le suis promis.
A quoi je cogite depuis une semaine ? J'essaye de comprendre pourquoi j'ai tenté d'être toujours la plus claire possible sur mes intentions, mais pourquoi j'ai aussi accepté d'essayer de comprendre, deviner et anticiper ce qu'il voulait, au risque de mal interpréter ou ne pas déchiffrer tout ce qui lui semblait implicitement évident. Il est clair que je n'aurais jamais du accepter un tel fonctionnement dans notre relation, qui ne pouvait que m'induire à me compliquer la vie et accessoirement, à des erreurs d'interprétation qui se sont avérées catastrophiques. J'aurais dû exiger de la clarté moi aussi. J'aurais dû exiger exactement ce que je donnais. Mais encore une fois j'ai cherché à être compréhensive. Je me hais quand je suis comme ça, vous pouvez pas vous imaginer.
Quand je pense que ça faisait des mois qu'il me disait qu'il voulait son propre appart ("mon chez moi"), et qu'en fait ça voulait dire qu'il voulait s'éloigner et prendre du recul sur nous, je me dis que je me suis encore une fois faite piéger (moitié par lui, moitié par moi). Il lui a suffit de prendre un air penaud et de déclarer qu'il était immature pour que je le prenne en pitié et que je fasse la démarche d'analyser toujours ce qu'il faisait et disait, et ainsi il n'a plus jamais eu à se donner le mal de communiquer clairement ce qu'il voulait. Pourquoi j'ai refait exactement cette erreur, ça je voudrais encore bien comprendre. Concrètement, du jour où il m'a dit qu'il voulait son "indépendance", on ne vivait déjà plus la même relation. Pas parce que je voulais absolument qu'on vive ensemble (ça m'aurait bien plu mais c'était pas absolument indispensable dans l'immédiat) mais bien parce qu'à ce moment-là, visiblement, ça voulait dire qu'il voulait prendre de la distance d'avec moi, géographique mais surtout affective. Ca lui semblait évident, mais pas assez pour le formuler ; c'est pas la peine de le lui reprocher, c'est un mec, les mecs n'ont jamais les couilles de dire ce qu'ils pensent, un mec clair sur ses intentions ça n'existe pas. Non je crois que j'en suis à un point où je me reproche surtout d'avoir accepté d'entrer dans sa tête pour son confort, ainsi que d'avoir cru en une relation qui n'existait déjà plus.
Mais ça me passera, c'est une question de volonté, je le répète.

Déjà tout ça porte sur le passé. Pas sur un éventuel futur.
Certes il y a mes régulières démarches pour ne pas être hostile et rester ouverte à des contacts ultérieurs (autant pour lui montrer mes intentions que pour ne pas me laisser gagner par la rancoeur ; je suis bien consciente que du jour où je vais m'autoriser à me laisser gagner par la rancune je deviendrai aigrie, et ça non merci), mais je ne nourris aucun espoir et je sais que c'est définitivement fini. S'il y avait une quelconque espoir, lui aussi aurait fait un geste en mon sens. Or il a opté pour le silence radio, ne rien chercher à arranger, donc autant en faire mon deuil vite fait. Il n'y a pas de futur possible. Ni amical ni rien. Plus jamais. Autant m'y faire. Je sais très bien que lorsqu'on a perdu l'amour de quelqu'un, on ne peut jamais plus y faire quoi que ce soit, et surtout si c'est un homme, parce qu'ils ne font jamais aucun effort de réconciliation.

J'ai passé le reste de mon week end à me prendre la tête sur des CMS clé en main. C'était pas tellement que j'avais envie de tout recommencer à zéro, ni même que je voulais expérimenter Joomla! au cas où j'obtienne cet autre poste où il est utilisé (les deux excuses seraient parfaitement valable mais ce serait pas honnête de dire qu'elles en sont la raison), en fait c'était surtout dicté par la volonté d'essayer d'aller de l'avant par moi-même.
Parce qu'il le faudra bien et qu'il ne veut visiblement plus rien avoir à faire avec moi, il faut que j'élimine tous les aspects de ma vie où il intervenait. Sinon c'est la porte ouverte à tous les regrets et à des salves régulières de larmes dues au manque. C'est pas la peine d'y penser, je veux pas en repasser par là.

Il voulait qu'on s'éloigne ? Je m'en vais à grands pas. Ca fait mal pour le moment, mais c'est normal, dans toute désintox, la première période d'abstinence est la plus dure.

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13 novembre 2007

Sans conséquence

Concrètement : il voulait faire un break mais pas me quitter. Il voulait faire un break mais que je le prenne bien. Il voulait qu'on n'arrête pas de se voir mais s'éloigner de plusieurs centaines de kilomètres. En fait il voulait tout.

Il voulait me faire du mal et que je le prenne avec le sourire.
Il voulait me quitter et que je ne lui en veuille pas.
Il voulait s'en aller et pouvoir revenir quand il voulait.

On ne met pas les gens en pause comme on met en route un écran de veille. On ne peut pas s'attendre à traiter les gens comme quantité négligeable et qu'ils apprécient ! Me laisser sur le bord de la route en espérant que je serai toujours accueillante, faire passer ses désirs avant les miens et espérer une compréhension pleine et entière de ma part... il a vraiment cru à ça ? N'est-ce pas d'un égoïsme cinglant que de me demander une chose pareille ? Encore, me le demander quand ça n'était pas si sérieux, bon allez, qui s'en soucie... mais me le demander à présent ! Sachant pertinemment ce que moi j'attends de l'avenir ! Et par-dessus le marché laisser la porte ouverte à tout revirement de situation, parce que c'est plus confortable pour lui, et espérer que je sois là quoi qu'il décide... Comment peut-on demander ça à quelqu'un qu'on dit, sinon aimer, au moins respecter ?

Il voudrait ne pas fermer la porte mais il ne m'englobe dans aucun de ses projets ! L'avez-vous entendu me dire que je pourrais m'installer dans la même région que lui s'il reste là-bas ? L'avez-vous entendu dire qu'il reviendrait vivre à moins de 100 km de chez moi à un moment ? Non, ni moi non plus. Et la raison en est simple : il veut à la fois tout et rien. Et là il a surtout rien.

C'est difficile de faire des choix, hein ? Etre seul c'est être seul, on ne peut pas être seul et être accompagné en même temps. On ne peut pas attendre de l'autre de l'abnégation quand on ne tient aucun compte de l'autre en question. J'étais sensée comprendre son besoin d'indépendance, d'éloignement, ne rien lui reprocher, tout lui passer et simplement attendre son bon vouloir qui peut-être ne viendrait jamais... Et moi, là-dedans ?

Quand mes désirs à moi sont-ils satisfaits ?
Quand est-ce que je peux ne pas vivre dans l'attente ?

Il voulait une rupture sans avoir à le dire. C'est dommage, j'ai eu plus de couilles que lui. Juste une fois je voudrais être avec un homme qui a plus de couilles que moi.

Juste une fois je voudrais pouvoir en voir : un homme de la race de ceux qui savent se prendre en main, qui savent ce qu'ils veulent et font ce qu'il faut pour l'obtenir, qui assument leurs sentiments, qui savent prendre des décisions et faire des projets, qui sont clairs avec eux-mêmes pour commencer, qui n'entretiennent pas le flou artistique de la soi-disant immaturité si pratique et confortable. Un homme, quoi. Juste une fois, en voir un de mes yeux !

Je vais en chier, mais vraiment en chier, je le sais. Je vais pas dire que c'est la pire séparation, mais c'est certainement celle qui s'accompagne du plus de déception et d'un immense sentiment de trahison, parce que j'ai fini par croire qu'il était différent, parce que l'espoir que j'avais perdu avant de le rencontrer avait finir par renaître avec lui. Parce qu'il avait entretenu mon ignorance par des allusions que j'étais sensée déchiffrer...

Je vais en chier, mais merde, qu'est-ce que je peux faire d'autre que de laisser tomber ?

Je me souviens : il y a quelques mois, à l'issue d'une discussion, il m'avait dit qu'il était immature et qu'il avait envie de changer pour ne pas me perdre. J'ai regardé ses grands yeux bleux tristes à ce moment-là et j'ai dit : " tu sais, je t'aime parce que tu es capable de te remettre en question, ça me rassure. "

Me suis-je trompée sur lui ? Ou, bien que se remettant en question, ne tire-t-il aucune conséquence des questions qu'il se pose ?

En tous cas plus le silence s'installera, plus, de toute évidence, j'aurai du mal à aimer cet homme-là.

Je n'ai pas envie d'un lâche qui s'enfuirait puis couperait le contact au lieu de discuter. Je n'ai pas envie d'un pleutre qui préfèrerait se réfugier derrière l'émotion pour ne rien régler. Je n'ai pas envie d'un inconséquent qui prendra des décisions pour lui seul et attendra que j'en accepte les conséquences sur mon existence sans broncher.

Il veut être seul ? Il fait tout pour en tous cas. Je l'ai quitté, d'accord, mais c'est lui qui a choisi de partir, de partir le plus loin possible et de ne rien faire pour me faciliter la vie. Il disait qu'il comprennait que pour moi ce n'était pas facile, mais il n'avait que ça à faire, comprendre. Moi j'ai été obligée d'acepter et courber l'échine, et me mettre entre parenthèses pour son bon plaisir, pour lui simplifier la vie. Qui a simplifié la mienne ?!

Une fois, rien qu'une fois, tomber sur quelqu'un qui pense aussi à moi.

Il ne faudra pas venir se plaindre ensuite de m'avoir perdue bêtement. J'aurais suffisamment prévenu de ce dont j'avais besoin et envie.

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