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Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

13 juillet 2008

Natsu Hanabi

J'habite à un étage surélevé, avec une vue (presque) parfaite sur une plaine, dans une agglomération très peuplée mais verdoyante. Ce soir, j'ai assisté au feu d'artifices du 14 juillet assise confortablement depuis mon bureau, avec les couleurs des étincelles qui se reflétaient sur les arbres et les toits des maisons.
Et si j'avais bougé un peu, j'en aurais vu deux autres.
La grande classe, ou le summum du pathétique, c'est selon le point de vue. Moi je trouve que c'est bien sympa de ne pas avoir à se déplacer pour profiter du spectacle. Ce n'est qu'un petit feu d'artifice de banlieue, après tout, pas le spectacle du siècle, c'est plaisant comme ça.

C'est un 14 juillet passé seule.

L'an dernier, G et moi étions accoudés à cette même fenêtre et comptions les feux d'artifices dans la région.
L'année d'avant, nous étions sur les Champs Elysées (il était malade, mais c'était quand même romantique).
Et là je suis seule.

Je ne regrette pas les deux 14 juillet passés, la fête ne représente rien pour moi, et je ne pense plus à G de cette façon, mais force est de constater que je suis seule.
C'est juste un marqueur, en fait.

Il y a 8 ans, je passais cet instant sur la Seine, sur un bateau, à penser que j'aurais aimé être avec celui que je pensais aimer à l'époque.
Aujourd'hui je suis chez moi, je regarde les feux d'artifices d'un œil distrait, et je me dis que je suis contente d'avoir demain une journée de congés supplémentaire.
Les choses changent.
Mes attentes aussi.

L'an prochain, je regarderai peut-être les feux d'artifice de cette fenêtre à nouveau, seule. Ou bien avec quelqu'un. Ou je les regarderai de la fenêtre d'un nouvel appartement. Ou autre chose.

La vie réserve tellement de surprises. On a tellement de possibilités qui s'offrent à nous sans qu'on le sache. On ne sait pas où on va, même quand on marche d'un pas décidé. J'ai pris un certain aspect de ma vie en main, les choses changent sur un certain plan. C'est bien.
L'an prochain peut-être que je serai en train de travailler à l'amélioration d'un autre aspect de ma vie. En train de faire mes cartons pour un nouveau déménagement. De fêter ma titularisation. De m'amuser avec de nouveaux amis. De célébrer un projet qui enfin se concrétise totalement. De préparer l'arrivée d'un nouveau chaton dans la maisonnée. De faire mes comptes pour m'offrir un truc génial. De faire un voyage.
Je ne sais pas. Qui peut dire. Il va se passer douze longs mois et je ne sais pas ce qu'ils portent en eux. Il y a un an, je ne pensais pas qu'il en soit autrement que le prochain 14 juillet soit en compagnie de G. Je trouvais dommage qu'on ne sorte pas plus, je me disais que ça attendrait que notre situation financière s'améliore, on s'est séparés avant, c'est comme ça, on ne peut jamais vraiment prévoir.

Cette année je suis seule. Je le serai peut-être encore l'an prochain. Ou peut-être pas. Ou peut-être pas de la façon dont je le crois. Cette année je suis seule, et pourtant je suis dans une période où j'ai envie de m'amuser, de rire, de partager des choses, ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi ouverte, mais voilà, j'avais fait le vide avant, le chômage avait fait le vide avant, bref ya personne pour profiter de ma bonne humeur et de mon envie de communiquer. Il faut juste que je prenne le temps de construire des liens avec des gens. Je ne sais pas qui, je ne sais pas comment, mais cette année, oui, je suis seule, voilà tout.

Je suis seule aujourd'hui. Ca ne me rend pas triste. Je constate, simplement. C'est comme ça. C'est pas grave. Ça passera. Ou pas.
C'est juste un peu bête.

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01 juillet 2008

Dieu habite Paris

Je sais qu'il y a un Dieu. Je le sais, parce qu'aujourd'hui, j'ai dégusté une glace à la rose aux pieds de la rue Soufflot. Si vous vous promeniez dans les parages à ce moment-là, eh bien, la fille qui retenait ses larmes de plaisir, là, juste devant le glacier ambulant (où la marchande me reconnaît toujours alors que ça fait deux ans que je n'étais plus venue, et avant cette fois-là, deux autres années encore), cette fille qui semblait la plus heureuse du monde avec un petit cornet une boule, c'était moi.
Et ça prouve qu'il y a un Dieu.
C'est une preuve irréfutable de son existence, et surtout, ça prouve que Dieu habite le 5e arrondissement. Mais je n'en ai jamais vraiment douté.

A l'époque où j'habitais chez moi (par opposition à toutes les époques où j'ai habité ailleurs que dans le 5e), je découvrais Paris et je m'y baladais beaucoup. Surtout la nuit. Sur le coup de deux heures du matin, une envie irrépressible de marcher dans les rues de Paris m'étreignait à la gorge, et je n'essayais même pas de résister : je sortais. Et je marchais. Dans les rues de Paris.

Et au fil des sorties, où que j'aille, ça s'est imposé comme une évidence : c'était le 5e arrondissement le meilleur endroit de Paris où trainer ses guêtres. Il y a des coins qui se défendent, certes, mais le 5e l'emporte haut la main.

J'ai déménagé fin août 2003 pour suivre T à Nantes. Je ne dis pas que je ne voulais pas aprtir : c'est faux. Je le voulais. Principalement parce que je pensais que ma vie m'attendait là-bas. N'y revenons pas, voulez-vous ?
Mais quand j'ai compris que ma vie ne se ferait pas là-bas, j'ai réalisé l'ampleur des dégâts : ce serait très difficile de revenir vivre chez moi, dans mon arrondissement. Surtout en étant au chômage.

Depuis lors, chaque fois que je reviens, je m'y sens chez moi. Pas chez moi comme "ah, cool, c'est familier !", non, chez moi comme "ici je restpire l'air fait pour mes poumons !". Vicié, d'accord, mais c'est le mien.

Maintenant que j'ai un travail, vous voyez donc bien où je veux en venir...

Remonter la rue Soufflot, m'arrêter au Jardin du Luxembourg, escalader la rue de la Montagne Sainte geneviève ou arpenter les quais de Seine, c'est comme retrouver une partie de ma chair que je me suis bêtement arrachée pour un homme. Mais aucun homme ne m'éloignera plus jamais de ma capitale. Cap sur la Seine ! Première étoile à droite, puis tout droit jusqu'au prochain déménagement. Rien ne me séparera de ma ville, c'est l'objectif et rien ne m'en détournera.

Je sais que mon coeur bat plus fort là, juste là, à cet endroit de l'univers. Et qu'en même temps j'y ressens un apaisement incroyable. Quand je remonte le boulevard Saint Michel, c'est comme si j'étais tout simplement à ma place, comme si la planète avait un trou à cet endroit précis, juste fait à ma taille, et que je le comble en m'y encastrant impeccablement. Comme dans les jouets pour enfants.

Alors, quand, l'espace de quelques minutes, ce soir, l'encastrement parfait s'est produit, forcément, pendant un instant, j'ai cru en Dieu.

Et donc maintenant le vrai miracle, ce serait d'y trouver un appartement dans mes moyens !

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26 juin 2008

Embrasures, je m'embrase...

En ce moment, et même s'il y a quelque chose qui me grève le moral depuis vendredi soir, je suis quand même mieux dans ma peau et ça se sent. Je crois que sans que je le hurle sur tous les toits, les gens qui me fréquentent ou me rencontrent ont bien compris que j'avais envie de m'ouvrir aux autres et de passer du bon temps (certains noctambules en font d'ailleurs les frais :P ).
Ce n'est pas très étonnant en soi, mais c'est pas pour ça qu'il faut que je m'empêche d'observer le phénomène.

Comme G, moi aussi j'ai besoin de tourner une page de ma vie. Une page qui a duré 5 ans ! Et croyez-moi, 5 années de chômage sans respirer, ça donne vraiment des élans quand ça se finit !
Je pensais simplement ne pas être obligée de tout changer dans ma vie et mes habitudes, que certaines choses d'avant, et notamment mon site, resteraient une constante, mais bon, apparemment pas, et apparemment ce n'est pas si grave, puisque ça va être mon second week end sans toucher à TP, et il s'avère qu'en dépit de mon nœud dans l'estomac, j'ai quand même un planning sympathique qui me permet de ne pas m'ennuyer, et je vis même plutôt bien d'avoir une vie sociale. Le simple fait que je sois occupée une bonne partie de ce week end est déjà suffisamment incroyable pour être souligné. C'était impensable il y a quelques mois encore.
On m'a par exemple invitée à un dîner sympatoche auquel je vais même essayer d'aller, moi la nana qui ya pas si longtemps aurait prétexté une Trilo (ou un concert des MM à la télé...) pour rester dans mon cocon, et encore, peut-on parler de prétexte quand de bonne foi on a un sens des priorités un peu à part ?
Les choses changent, les gens changent, je change, c'est sans doute très bien... même si c'est si radical que c'en devient effrayant.

En ce moment, je sors du boulot et j'appelle ma sœur pour manger une glace avant de rentrer. Ou pour aller se faire un resto et déconner un vendredi soir. Ou bien je lui propose du lèche-vitrines. Moi ! La quatrième dimension.
Bon, ce serait bien que je puisse maintenant me dégoter des gens autres que ma sœur à embringuer là-dedans (et ailleurs). Des gens de mon âge pour commencer. Des gens avec qui j'aie plus en commun que le sang...

Mais quand même : je n'ai même pas encore commencé mon nouveau boulot et j'ai presque l'air normale ! Imaginez ce que ce sera !

Il n'y a pas que mon agenda qui change. Il n'y a pas que le fait que j'aie envie de sortir qui soit apparu.
Ces dernières semaines je suis si à l'aise, que la gent masculine flaire bien que je suis dans de bonnes dispositions. Et moi-même je suis très attentive à la réceptivité de la gent masculine, d'ailleurs. Ok je les méprise, ok je ne crois plus en eux, mais les mecs ont quand même quelques petites choses intéressantes, quoi qu'on en dise... je pense à une, notamment.
Bref.
Donc étrangement (et sans avoir eu à changer grand'chose... moi qui pensais qu'un élargissement de décolleté serait peut-être nécessaire, bah même pas ; hop, sans les seins !), les mecs semblent eux aussi plus ouverts. C'est bien-sûr une vue de l'esprit, les mecs sont toujours ouverts à la bagatelle ; mais comme je ne suis plus constipée de problèmes financiers et professionnels, je suis (re)devenue souriante à temps quasi-complet et du coup, ils sont ouverts vis-à-vis de moi... là est la nuance.
Et comble du comble, je me demande même si je ne vais pas en entreprendre un ou deux (je confirme ce que je disais sur mon blog de boulot : Monsieur D a bien les yeux verts, miam). Moi ? Entreprendre un mec ! On aura vraiment tout vu. D'ordinaire je me contente d'être drôle et compliquée, et ça vient tout seul, sans effort. Là j'en suis même à repérer des endroits où inviter Monsieur D à prendre un verre, ou à me demander si je dois passer dans son bureau pour l'inviter ou si je dois l'appeler d'abord... C'est de la science-fiction.
(Je veux juste contrôler au préalable s'il a un anneau au doigt, et étrangement c'est très compliqué à faire quand on ne bosse pas dans le même bâtiment !).

Le danger, c'est de perdre de vue que ce n'est pas parce que ma situation professionnelle se stabilise, que je suis sauvée des eaux. J'ai encore des tas de choses à régler. Je ne suis pas tirée d'affaire. J'ai encore beaucoup à faire pour moi-même avant de me considérer guérie. J'ai passé une somme importante d'années de ma vie en dépression, avec quelques moments de grâce mais pas mal d'abysses, et il ne faut surtout pas que je m'imagine que tout est résolu parce qu'en ce moment il fait beau dans ma vie. Je ne suis pas T, je sais qu'il ne suffit pas que tout ait l'air normal pour que ça le soit.
Comme je le dis depuis des années, on est dépressif comme on est alcoolique : à vie. C'est pas parce qu'on a arrêté qu'on ne peut plus rechuter ! A tout moment je peux me la jouer Billie Frank et boire à nouveau au goulot. Je suis et reste convaincue que le ciel dégagé du moment n'est qu'une éclaircie temporaire, et qu'il y aura des opportunités futures de me marteler le crâne à coup de pioche comme c'est arrivé si souvent ces dernières années.
Alors, comme tout alcoolique en phase de rémission, je me dis que ce ne serait pas raisonnable d'entreprendre qui que ce soit actuellement. Voir à pas oublier que je suis encore en phase de transition ! Ainsi que je le disais, d'ailleurs, il y a quelques posts à peine.
Mais bon, ya certains yeux verts qui donnent quand même envie de se libérer !

Je parlais de portes ouvertes un peu plus tôt... je suis sur le pallier et pour la première fois depuis un bout de temps, j'ai le choix. Faut-il entrer maintenant ? Et si oui, quelle porte choisir ?
Envisager de freiner un peu sur les changements ? Ou bien y aller carrément ?

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23 juin 2008

Promesse, mes couilles

Messieurs,

Nous savons que vous avez une queue.
De temps à autres, montrez-nous aussi que vous avez des couilles.

Tenez vos promesses.

Ce n'est pas toujours facile, ce n'est pas toujours marrant, mais vous recevrez, au terme de vos efforts, quelque chose d'inédit : le respect.

Appel à tous les mâles qui fréquentent ce blog : lorsque vous faites une promesse qui commence par "quoi qu'il arrive" (exemple : quoi qu'il arrive entre nous, ce projet n'en pâtira pas"), ça veut dire que, même si vous êtes en colère, même si vous êtes blessé, même si vous avez envie de laisser tomber, vous avez promis que vous iriez jusqu'au bout. C'est comme ça.
L'autre possibilité, ce serait de ne jamais rien promettre. Mais force est de constater que vous faites quand même des promesses. Et c'est fou, nous, en face, on prend ça pour des promesses et on s'attend à ce que vous les teniez !
Il y aurait peut-être autant à dire de notre naïveté que de votre lâcheté, c'est vrai.

Appel à tous les hommes qui fréquentent ce blog (et commencent peut-être à le regretter) : ne faites pas de promesses, mais tenez-les.

Un jour, un jour peut-être, je rencontrerai un homme avec des couilles. Mais ni au privé, ni au professionnel, je n'ai eu cette chance jusqu'à présent.

Vous dites ? Si, vous, dans le fond ! "Oh moi, je suis différent, je ne suis pas comme ça !".
Oh si. Oh si vous l'êtes. Ne vous pensez pas différent. Les hommes sont tous lâches, ils attendent juste, pour le prouver, d'avoir fait des promesses puis baisé. Mais vous ne m'avez encore rien promis, et nous n'avons pas baisé, mais si ça devait se produire, vous me démontreriez que vous non plus, comme les autres, vous n'avez pas de couilles.

Un jour, un jour peut-être, je rencontrerai un homme avec des couilles. En attendant ce ne sont que des queues sur pattes, et je les méprise.
Ce qui est ennuyeux c'est que je n'aimais pas beaucoup plus les filles avant.

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22 juin 2008

Respectable

Il a fallu 26 ans et demi à mes parents pour accepter que j'étais là. Non pas simplement qu'ils avaient une fille, mais que leur fille, c'était moi. Que j'étais leur fille et qu'il faudrait faire avec.
Il leur a fallu 26 ans et demi pour me voir.

En août dernier encore, ils se comportaient comme si je ne méritais pas qu'on s'intéresse à ce qui m'arrivait. Ils m'ont envoyé une lettre de menace alors qu'ils n'avaient même pas essayé de m'appeler au préalable. J'ai décroché un job fin septembre, nous ne nous parlions toujours pas. Une fois, en rentrant, j'ai croisé mon père dans le RER... et j'ai appris qu'il travaillait dans le même bâtiment que moi. Lui, le savait. Et il n'a même jamais eu l'idée de me proposer qu'on se voie.

J'ai senti que quelque chose commençait à changer quand j'ai obtenu le boulot que j'occupe encore actuellement, et pour deux mois encore, environ. Comme le bouche-à-oreille fonctionne bien, et que j'ai fait mes preuves depuis l'été 2006 dans ce ministère où je faisais des remplacements et des missions de deux ou trois mois, on m'a proposé un poste bien placé dans ce ministère. Pour résumer, en tant qu'assistante, je suis en contact régulier avec les assistantes de personnes très importantes, dans ce ministère et ailleurs. Et là, subitement, je suis devenue fréquentable pour mes parents. J'ai été invitée chez mes parents pour Noël. J'ai été invitée le mois suivant à fêter mon anniversaire. Mon père a proposé qu'on déjeune ensemble une fois par mois. Alors qu'un an auparavant, il pouvait m'arriver n'importe quoi, ils ne l'auraient pas su et n'auraient pas cherché à savoir, tout d'un coup quand je revenais de chez eux ils ont commencé à appeler chez moi pour vérifier que j'étais bien rentrée. Mon père m'a envoyé des mails au bureau (ma mère a mis plus de temps mais elle y est venue aussi).
Ce travail m'a rendu le droit de vivre à leurs yeux.
Parce que d'autres yeux m'ont jugée digne de faire ce travail, ils m'ont soudain jugée digne d'être leur fille.

Je le remarque, mais je ne leur fais pas remarquer. Ce n'est pas vraiment que j'apprécie cette façon de me traiter. Mais ils sont faibles et on n'y changera jamais rien. Ca me blesse encore de temps à autres. Mais j'y trouve mon compte aussi : ils font semblant de me voir comme leur fille, je fais semblant d'avoir de vrais parents ; nous passons des moments pas trop désagréables où nous nous contentons d'échanger des banalités, des plaisanteries et des anecdotes, et ce n'est pas la seule chose que je devrais attendre de mes parents mais c'est plus que ce qu'ils m'ont procuré à une époque.

Quand je leur ai annoncé qu'enfin, c'était le bout du tunnel pour moi, que j'avais réussi mon concours, ils m'ont dit qu'ils voulaient m'offrir un cadeau pour marquer le coup. Sur le coup, pour être honnête, je ne les ai pas pris au sérieux. Et puis, quel besoin ai-je qu'on m'offre un cadeau quand désormais je sais que je serai fonctionnaire et que donc j'aurai des revenus réguliers, et que donc désormais, les cadeaux, je pourrai me les faire moi-même !
Mais leur histoire de cadeau, ils y tenaient. Et c'est là que c'est devenu... que c'est devenu typique d'eux.

Ils m'ont demandé ce que je voulais. Mais ce que je voulais avait un rapport avec mes loisirs : Jmusic, séries télé, jeu video... Et c'était simplement inacceptable pour eux de m'offrir ce genre de choses. Ils voulaient m'offrir des choses "utiles". Mais les exemples que me donnaient ma mère n'étaient pas des choses utiles... juste des choses qui auraient plu à d'autres que moi.
- une paire de godasses
- un ensemble slip soustal
- un micro ondes
- un petit imper/manteau
- un bouquin particulier
- une séance esthéticienne (manucure ou épilation...)
- une trousse de beauté avec tes soins préférés (crème...;)
- un parfum
Mais toutes ces choses ne sont pas moi. Et je ne vais quand même pas me faire offrir une séance chez l'esthéticienne ou une ensemble de lingerie par mes parents !
Pourquoi vouloir me faire un cadeau "de récompense", un cadeau "pour marque le coup", si ce n'était pas pour me faire plaisir ? A qui s'adressait ce cadeau ? A leur fille, ou la fille idéalisée qui a un travail et des loisirs "normaux" ?

Il a fallu que je rue une fois de plus dans les brancards. Que j'envoie un mail à ma mère pour lui expliquer que toutes ces idées, elles partaient d'une bonne intention mais qu'au final elles étaient ridicules. Ils ne voulaient pas m'offrir quelque chose qui me plaise parce qu'ils ne le considéraient pas "culturel", mais quelqu'un m'explique l'apport culturel d'un parfum ? d'un micro-ondes ? d'une séance chez l'esthéticienne ? "Qu'on arrête de se mentir", ai-je hurlé par écrit, "on joue encore à un jeu de dupes ! Gardez votre cadeau si ce n'est pas pour moi que vous l'offrez ! Je n'y tiens pas et je peux m'en passer ! Je m'offrirai mes cadeaux moi-même ! Et ils me plairont !" Il fallait m'accepter telle que j'étais, ou ne pas m'accepter du tout.
Je ne suis pas un monstre ! Simplement j'aime des choses différentes !
Comme je ne croyais pas à l'efficacité de mon plaidoyer pour la tolérance, qui n'avait rien de nouveau et qui n'avait jusqu'alors rien changé, j'ai opté pour une autre tactique. A ce moment-là j'étais dans un tel état de grâce que je me suis dit : allez, tentons le tout pour le tout, c'est peut-être le moment où jamais de partir dans ma nouvelle vie d'un bon pied. Ca ne coûte rien d'essayer.
Alors lorsqu'est venu le déjeuner suivant avec mon père, j'ai donc sorti le grand jeu : super radieuse, à parler de mes projets, de mes espoirs, de "mon Dieu j'en vois enfin le bout", et tout et tout. Je savais que ça l'impacterait.

Et ça a marché, puisque finalement, ma mère m'a demandé une liste de choses qui me feraient plaisir, à des prix variés, en indiquant aussi mon ordre de préférence, et j'ai attendu de voir le résultat.

Finalement, aujourd'hui, mes parents m'ont offert ce qui était en tête de ma liste de préférence, et pour autant que je me souvienne, ils n'ont pas joué les rats, non plus.
J'ai retenu mes larmes en ouvrant le paquet. Ce n'était pas juste un DVD. C'était la reconnaissance de qui je suis.

J'ai attendu si longtemps que j'ai même du mal à le croire. Mes parents m'ont enfin vue.
Il n'aura fallu attendre que 26 ans et demi, deux semaines de lutte acharnée et de travail au corps, un boulot important et un autre pour début septembre.
C'est simple d'être respectable pour soi-même, finalement !

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21 juin 2008

Se dire que 24h plus tôt...

Pour la première fois, j'étais réellement heureuse. Je souriais sans raison. Je pleurais de joie. J'étais perpétuellement de bonne humeur même si complètement terrassée par la fatigue. J'aimais tout le monde, oui, même ceux qui d'ordinaire me remplissaient il y a peu de colère ou de rancoeur.
Rien, plus rien ne me rendait triste.

Et puis, il y a eu hier soir.
Et j'ai l'impression de vivre un nouveau deuil.

Alors me voilà revenue ici, dans cet endroit de moi que je connais bien ; il y a de la colère, peut-être même de la haine qui s'était efforcée de ne pas se montrer jusque là, un sentiment d'injustice et surtout, un sentiment de perte. De vol peut-être même. Je savais qu'on ne pouvait pas se fier à lui, mais j'espérais qu'au moins il était honnête à défaut d'être fiable, et qu'il ferait de son mieux pour tenir sa promesse. Mais même sa promesse n'a plus d'importance pour lui aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il cherchait depuis longtemps un moyen de faire table rase de tout, je me demandais quand ce serait mon tour mais il y avait pire, il y avait le tour de ça, qui fait aujourd'hui les frais de sa négligence. Mais derrière ça il y a des tas de gens qui comptaient sur lui, des tas de gens qui se sont donné du mal et qui, à cause de lui, l'auront fait pour rien. Sauf qu'il déteste qu'on compte sur lui. Et il a bien raison : on ne peut pas.

Je ne comprendrai jamais les gens comme ça. Ceux-là, je n'arrive pas à m'empêcher de les détester, de les haïr même, ceux-là, ils sont ceux qui ne méritent que mon mépris. Ceux qui n'ont rien à faire des conséquences de leurs actes et qui continuent quand même à faire de la casse. Ca fait quelques années que je fais un gros travail sur moi-même pour m'extirper du conglomérat de haine qui m'habitait auparavant. J'ai même réussi à ne plus en ressentir pour mon père. Au cours de mes deux dernières ruptures, mon letimotiv a été d'essayer d'être la meilleure personne possible, de ne pas me laisser ronger et en profiter pour devenir quelqu'un de méchant juste parce que je souffrais. Et après toutes les saloperies que T et G m'ont fait subir (la plupart du temps sans même comprendre la portée de leurs actes), j'étais plutôt contente d'avoir bien fini, de m'être libérée de toute haine. Mais là, la digue s'est rompue, la haine se déverse par torrents et je ne sais plus si ça vaut la peine que je la retienne, il a fait ce qu'il pouvait faire de pire, par lâcheté. Simplement parce que, oui, j'ai été inflexible. Il faut bien que quelqu'un le soit ! Deux ans ! Deux ans que ça trainait ! Mais c'est toujours plus facile de s'enfuir que d'assumer ses responsabilités ou tenir des promesses récemment renouvelées.

Comment je vais leur dire ? Comment je vais leur dire que tout ça c'était pour rien ? Que tout ça va s'arrêter parce qu'il est lâche et qu'il préfère tout plaquer, une fois de plus, plutôt que se donner du mal ? Comment je vais leur dire qu'on ne pourra pas continuer ? Comment je vais leur dire ?
Je n'arrive déjà même pas à me le dire !

Il fallait bien que ç'eut une fin, j'imagine, cette période de trois semaines où tout me semblait idyllique même quand je m'évanouissais de fatigue...

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20 juin 2008

Adieu

Finalement, tout cela est logique. Ce site était né alors que j'étais au chômage. Je ne le serai plus, puisqu'un poste m'attend au 1er septembre et que je vais travailler tout l'été.
Il faut bien qu'une porte se ferme quand tant s'ouvrent devant moi. Je pensais pouvoir continuer longtemps comme ça. J'avais tort.

Et le pire, c'est que ce n'est pas de le perdre lui qui me brise le coeur (comme le savent ceux qui me lisent, je le sentais venir depuis longtemps et m'y préparais)... Ce qui me dévaste, c'est de perdre ça. J'ai aimé ce projet si fort... je lui ai tant donné.

Il faudra vraiment beaucoup, beaucoup d'ajustements à ma nouvelle vie.
Soudain j'en regretterais presque que les choses changent pour moi...

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19 juin 2008

I'm a geek geek girl in a geek geek world...

Je suis allée m'acheter un nouvel écran d'ordi.
Jusque là rien d'épatant, si ce n'est le fait qu'il y a quelques mois à peine, ç'aurait été inenvisageable ; bien que si j'étais raisonnable, j'attendrais d'avoir reçu ma nomination pour être bien sûre que tout va bien et que j'ai bien le CDI... mais ya un moment où il faut se laisser vivre, de gré ou de force.

Ou comment en partant d'un fait plutôt banal (enfin, heureusement que je dépense pas ça tous les jours quand même...) on prend conscience de deux ou trois trucs...

Plusieurs observations se sont en effet imposées à moi tandis que je rapatriais mon joli carton avec une grosse photo de mon écran tout plat dessus :
1 - ya au moins trois mecs à tête de geek qui se sont retournés sur mon passage et m'ont souri (non le sourire n'était pas adressé à l'écran, sûre et certaine) ou essayé de m'accoster, comme si soudain je venais de mériter d'être entrée dans leur champs de vision !
2 - vu le quartier où j'étais, yavait aussi plein de modèles en costard, eh bien deux se sont aussi arrêtés pour me sourire ou me faire un signe gentil... Alors voilà, ça y est, dés que tu claque du pognon dans du matos hi-tech, ils te reconnaissent comme l'une des leurs...
3 - je suis passée devant une boutique de fringues en allant prendre le métro. Sachant que ces derniers temps je m'intéresse un peu à renouveler ma garde-robe, j'ai glissé un oeil... depuis l'extérieur ; et je suis partie (tout est moche cette année, ya des gros motifs partout). J'ai passé 45mn à Surc**f à me répéter que je ne devais surtout rien acheter d'autre que l'écran dont pourtant le prix m'empêche actuellement de m'asseoir.

Bon, c'est officiel, inutile de se le cacher plus longtemps, je suis une geekette. Et j'attire le geek. Et quelques modèles en costard accessoirement.
Ca fait un choc la première fois qu'on est mis devant le fait. Il n'y a pas si longtemps, je me demandais (et ça s'est indirectement vu dans un post récent) si ma geekerie était juste la conséquence du fait que je ne pouvais pas faire autre chose que rester chez moi devant mon ordi, pendant les périodes de crise.
Mais de toute évidence, force est de constater que même maintenant que l'horizon s'éclaircit, je garde cela en moi. Il va donc falloir compter avec ce paramètre dans ma quête de la vie la plus équilibrée possible...

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13 juin 2008

Le dedans, le dehors, et comment franchir les portes

Je me suis aperçue que ces derniers temps, j'avais tendance à lire des blogs et à me dire "ah, alors la vie des gens normaux, c'est comme ça".

Alors, bon, déjà, ces histoires de normalité, je sais que c'est des foutaises, mais je ne peux pas m'en empêcher. J'ai en tête le nom de gens que ça ferait hurler, une expression pareille... "mais les gens, ça n'existe pas, et puis c'est quoi des gens normaux ?". Ca va, je sais.

Mais il faut me comprendre, aussi. Je suis Jim Profit. J'ai grandi dans une boîte en carton en regardant à la télé ce qui me semblait être le vrai monde. Le dehors.

Je n'avais pas la possibilité de sortir, pas la possibilité de fréquenter des gens, ou alors en cachette comme par exemple profiter des 20mn de promenade du chien pour donner rendez-vous à ma meilleure amie qui m'attendait, cachée (autre alternative : il me fallait argumenter pendant des semaines avec mon père sur "pourquoi ce serait marrant d'aller faire du lèche-vitrine une demi-journée et sous surveillance de ma mère avec telle copine pour mon anniversaire", et même en procédant comme ça c'était pas garanti que je puisse voir du monde en-dehors de l'école), pas la possibilité de m'ouvrir à quoi que ce soit. Fallait voir la tête de mon père quand le téléphone sonnait ; quand il sonnait pour moi, et quand il sonnait tout court. De toutes façons, on explique vite aux gens qu'il vaut mieux ne pas appeler, ne pas inviter... pour éviter les conflits.

Qu'est-ce qui me restait ? La télé. Et seulement en cachette de mon père. Ou, quand il était là, c'était le journal de 20h ou des reportages sur son métier (ah, avoir 13 ans et se farcir un bon gros documentaire sur la dureté du métier de flic ! Si vous ne savez pas comment pourrir l'adolescence de vos rejetons, voici une très bonne technique pour leur faire voir la vie en noir et leur montrer que le dehors, c'est l'horreur !). Les alternatives pour avoir accès au monde extérieur n'étaient pas bien nombreuses, alors j'ai utilisé ce que j'avais. Ce que j'avais, c'était la télé.
J'y boulottais un peu tout et n'importe quoi, du coup, mais j'insiste, il faut me comprendre, j'étais enfermée. Et le pire c'est que je ne m'en rendais pas compte. Je n'ai commencé à réaliser que tard, et à lutter que plus tard encore. En fait, quand j'ai vraiment compris dans quel état de coupure avec le monde extérieur on avait été maintenues (probablement involontairement, en plus), ma soeur et moi, je vivais déjà ailleurs.

Mon Dieu, quand j'y pense, mais comment on vivait ! C'était l'école, les devoirs et le ménage. Il n'y avait rien à part ça. On ne voyait jamais personne, on n'appelait jamais personne (à part les grands-parents tous les dimanches à midi, et ô scandale et complications si c'était reporté d'une demi-heure pour cas de force majeure, et tout le monde devait parler, chacun son tour...), évidemment on ne sortait pas, et si vous essayiez de prendre un livre mon père vous tombait dessus dans la minute, avec un cinglant "t'as plus rien à faire ? tiens bah va désinfecter le porte-serviettes de la salle de bains" (voilà, barreau par barreau, comme ça il était sûr de nous tenir occupée une heure ; il aimait bien nous faire balayer les escaliers, aussi : c'est pratique, on ne peut jamais dire si c'est propre ou sale, un escalier en bois dans la pénombre). Inutile de dire que vu l'ambiance, on laissait tomber le bouquin sans broncher et on filait droit à la salle de bains...
Etonnez-vous que je me relevais secrètement la nuit pour lire... Il n'y avait pas de dehors, il n'y avait pas d'ailleurs. Et on n'était vraiment pas encouragées à savoir comment pouvaient vivre les autres gens (à moins qu'on ne parle de jeunes esclaves de 11 ans dans un pays sous-développé).
Et si mon père avait été un extrémiste religieux, il est fort probable n'en aurait pas été autrement (question qu'on me posera d'ailleurs plus tard, à ma grande surprise puisque jusque là je n'avais jamais même pensé que ça puisse être un comportement "hors normes"). Les prières en plus, éventuellement.

Alors pour moi, progressivement, certaines choses que je voyais à la télé sont devenues des normes. Mais heureusement, ce qui me marquait, ce n'étaient pas les choses les plus horribles ; je n'ai pas commencé à penser que la violence, les cas extrêmes, tout ça, étaient la norme. Non, en fait ce qui me fascinait, c'était comment d'autres pouvaient vivre leur vie quotidienne. Ca semblait extraordinairement captivant de voir la vie des autres. Mais j'étais jeune et encore imperméable aux documentaires, alors c'étaient les séries télé qui constituaient le gros de mon information sur la vie des autres (ça s'est arrangé depuis, même si la fiction garde ma priorité). Bah oui, les films, c'était juste pas possible, vu les horaires de diffusion : à 21h tout le monde était au lit (ou 22h, quand j'ai commencé à dire que je révisais pour le Bac).

Je crois que j'ai commencé à formuler consciemment ces généralités sur la vie des autres devant Friends. Je me disais "alors avoir 30 ans, c'est avoir un travail, des amis, et accumuler les expériences amoureuses !". Les personnages avaient plein d'aventures, plus ou moins sérieuses, et moi je me disais que c'était ça une vie d'adulte. Ils avaient des "dates" ! C'est comme ça que ça marchait alors ? C'était évident. Je me disais que si la série rencontrait aussi bien son public, c'est que ça reflétait quelque chose de vrai sur les comportements des gens. Et j'ai commencé à me dire que ma vie d'adulte ressemblerait à ça, plus ou moins.
Ha ha ha.
Mais quand on regarde plusieurs séries qui vous confortent dans cette idée (Sex & the City est venu quelques années après ma découverte de Friends), on pense que c'est un mode de vie général. La fameuse normalité.

Evidemment, tout le monde ne vit pas comme ça. La meilleure preuve ? Je l'avais sous les yeux. Moi. Je ne sortais pas. Quand Sex & the City est apparu sur les écrans français (les petits, à l'époque il n'était pas encore question de film), je ne fréquentais pas. Je n'allais pas dans les restos, les bars, les boîtes. Rien. Je trouvais normal que la Terre entière le fasse, sorte, embrasse, couche, un peu n'importe comment, mais pas moi. C'était normal et je ne l'étais pas. C'était une donnée de base. Mes histoires, elles ne se passaient pas comme ça. Elles n'étaient pas "normales". Et puis j'avais tellement de mal à me remettre de mes séparations, que je n'aurais jamais eu l'idée d'aller trainer avec d'autres jeunes quelque part dans l'espoir de me trouver un nouveau mec.
Pendant des années, je me disais "je veux une vie normale" en sachant qu'elle n'était pas faite pour moi. Je ne suis pas du genre à me ripoliner le visage et enfiler des tenues affriolantes pour lever un inconnu dans un bar. Ca ne me correspond pas. Mais j'aurais voulu. J'aurais voulu être comme tous ces gens qui sortent, s'amusent... Parfois j'essaye. Mais ça tourne mal (au resto la semaine dernière, ça a juste fini en engueulade puis en larmes, pathétique). Ou plus souvent je m'ennuie. C'est encore le plus fréquent. Comme la fois où on m'a forcée (oui, forcée) à aller en boîte. Ce n'était pas mon monde...

Depuis que j'ai réussi à sortir de chez mes parents, en fait, je me suis enfermée ailleurs, c'est tout. La force de l'habitude, le fait de ne rien connaître d'autre, mes propres loisirs qui ne me poussent pas tellement dehors... ça n'a pas aidé, c'est un ensemble de choses. Je me suis enfermée plus ou moins consciemment.
Mais le chômage a tout bouclé à double tour. Même quand je le voulais, je ne pouvais plus sortir. Quand on ne peut rien payer, quand on a l'air d'une loque parce qu'on est épuisée, affamée et/ou déprimée, quand on ne ressemble à rien parce qu'on a préféré s'acheter un paquet de pâtes plutôt qu'une crème de jour (j'ai découvert l'existence des crèmes de jour ya 6 mois, pathétique !), on ne peut pas envisager tout ça de toute façon.

Ces dernières années, quelque chose d'autres est apparu, aussi : j'ai fait de mon enfermement un choix ; ou bien on peut dire que je me suis adaptée. Ou bien les deux. Je me suis progressivement transformée en geekette. Et j'adore ça. La plupart de mes projets sont sur le net, mais je ne pense pas que je pourrais trouver un autre moyen d'être autant stimulée intellectuellement, et de pouvoir gérer mon emploi du temps avec autant de liberté, si ce n'était pas sur le net. D'un côté j'ai plein de choses à faire, mais d'un autre je fais très exactement ce que je veux quand je veux. Si j'étais, je ne sais pas, dans un club, une association, quelque chose, il y aurait des obligations plus rigides, et ça m'étoufferait. Là c'est ce que je veux, quand je veux, vraiment.
Et si je ne veux pas, il me suffit de faire comme si je n'avais pas encore ouvert mes mails, comme si je n'avais pas lu le message du forum, etc... Quand je veux être tranquille, je le suis. Quand je veux faire plein de choses, j'ai le champs libre.
Et quand on est bien dedans, bah ça fait un peu plaisir quand même.

Et le pire c'est que je ne suis pas vraiment timide, en plus. Je n'ai aucun mal à parler aux gens, sourire, plaisanter, raconter des conneries, soutenir une discussion... et même souvent me livrer. Parfois je me dis que je n'ai aucune intimité tant j'ai de facilité à mettre mon coeur sur la table devant des gens que je connais à peine (comme je le fais d'ailleurs ici même depuis des années) ; pour moi c'est plus facile de dire ce qu'il se passe en moi, que de raconter des évènements de ma vie (qui j'ai vu, ce que j'ai fait, ce que j'ai acheté), et je pense que ça se voit sur ce blog de toutes façons.
Ca m'est super facile de partager avec les autres ! Mais je ne sais juste pas comment rencontrer de nouvelles têtes avec qui partager toujours plus. C'est ça qui me bloque.

En ce moment j'ai envie de sortir, de voir du monde, d'aller au resto, de rigoler et de passer de bonnes soirées. Je ne vais pas toujours embarquer ma frangine là-dedans, quand même. Et même si je le voulais, on a quand même 5 ans d'écart, pas du tout la même expérience de la vie, et plein de choses qui nous sépareront toujours, même si on s'entend bien.
Mais là où le chômage n'a pas fait de tri dans mes pseudo-amis, c'est moi qui l'ai fait. J'ai voulu ne conserver dans mon entourage que des gens fiables. Manque de chance, personne n'était fiable selon mes critères, ils ont tous pris peur ou ont démontré qu'ils ne savaient pas faire face. Sauf une, qui était chiante et crampon. Mais je l'ai éjectée aussi. A l'époque j'allais tellement mal que je ne supportais pas de m'entourer de personnes qui n'auraient pas compris l'état dans lequel j'étais. Et hélas, la plupart des gens avec qui on s'amuse sont justement incapables de rester dans les temps difficiles. J'ai tellement déménagé que j'ai découragé les autres... Bref j'ai fait le nettoyage par le vide, et maintenant que j'ai envie de sortir, de (re)prendre une vie normale, eh bien, il n'y a plus que des "connaissances", des gens avec qui je peux travailler sur mes projets, plaisanter sur des forums, échanger des mails marrants, mais... pas des gens que je pourrais embringuer dans une sortie. Et puis, précisément, ils sont sur le net, avec mes projets. Donc souvent, à des centaines de kilomètres. La barbe !

Aujourd'hui, la télé n'est plus ma seule fenêtre sur le dehors. Il y a aussi internet. Je lis donc plein de blogs, et je me dis "c'est ça la normalité". A nouveau.
Eh bien admettons, et vous savez quoi ? Eh bien ces gens, ils sortent, ils s'amusent, ils vivent. Je lisais hier le blog d'une nana... pas tout le blog, mais quelques posts, comme ça... elle ne se livre pas beaucoup (au contraire, ça lui est plus facile de parler de futile que de personnel, et c'est marrant, moi c'est complètement l'inverse), mais elle se raconte. Elle parle de ses sorties, ses achats, ses rencontres... Elle voit du monde, elle s'achète des fringues, elle va à des évènements. C'est pas un blog d'une nana spéciale, c'est juste une fille... normale. Elle vit, quoi. Alors évidemment je ne suis pas en train de dire que sa vie est parfaite et idéale (même si ya un "petit" quelque chose qu'elle a qui est bien sympathique, mais comme je l'ai dit, ça me passera), évidemment on ne sait pas tout de ce qu'est sa vie en lisant son blog, même si par petites touches on sent que tout n'est pas toujours rose, mais il n'en reste pas moins que, voilà, c'est un exemple de ce que vivent les gens qui ont à peu près mon âge (parce que l'air de rien, dans 3 ans et demi, moi aussi j'aurai la trentaine).
Et moi pendant 5 ans je n'ai rien fait de tout ça.

Mais maintenant la porte est ouverte.
Et je reçois toujours toutes ces informations, à travers les blogs et la fiction, en plus de tout ce qui s'est gravé dans mon cortex auparavant. C'est dur de réussir à comprendre, sans avoir jamais eu de modèle sous les yeux, sans pouvoir aller constater maintenant, comment vivent la plupart des gens. Peut-être que je me focalise sur une forme d'existence qui n'est en fait qu'une exception. Peut-être que la plupart des gens de mon âge ne vivent pas comme ça, si facilement, à sortir, fréquenter, décrocher des rendez-vous. Comment le saurais-je ?
Je tente de faire la part des choses avec tout ça... pas facile.
Mais les gens dont je vois la vie, ou au moins une partie, parce qu'ils la dévoilent... eh bien ils font plein de choses, ces gens, ils tentent leur chance. Je n'appartiens pas à leur monde, je n'y appartenais pas avant et ces 5 ans m'ont définitivement fait adopter un esprit différent. Je ne serai jamais aussi insouciante qu'eux. Mais comment je peux faire pour quand même essayer de mener une vie normale ? Comment je peux quand même un peu entrer dans la danse ? Comment je peux concilier mon envie de m'ouvrir au monde, et mon envie de ne pas tirer un trait sur l'univers geek qui me tient à cœur ?

Ca fait des mois, des années, que je rêve d'avoir une vie équilibrée. Pas juste stable : équilibrée. Avec un peu de tout dedans. Ca fait des mois que j'imagine ce que sera ma vie lorsque je serai sortie de la mouise dans laquelle je patauge depuis 5 ans. Je préparais mentalement toutes les choses qui me faisaient envie et dont j'avais dû me priver. J'avais pensé à tout ! Tout envisagé ! Tout prévu !
Je sais ce que je vais faire, ce que je ne vais pas faire, comment je vais m'organiser, comment je vais vivre ces changements...

La seule chose à laquelle je n'avais pas pensé, c'était la phase de transition.

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12 juin 2008

J'ai menti

Bah oui, vous vous en doutez bien, je ne disais pas la vérité quand je proclamais que je me contenterais de ce qu'on voudrait bien enfin m'accorder. Mais sur le coup, promis, hein, j'y croyais presque. Mais en vrai tout le monde se doutait que c'était faux, n'est-ce pas ?

Ceux qui me connaissent bien ont dû en fait bien rigoler, en me voyant écrire que je me contenterais de ce que j'aurais. J'ai écrit ça parce que je suffoquais, mais ce n'était pas moi. C'était juste pour amadouer le jury, j'imagine, mais c'est pas dans ma nature de me dire "ok, on arrête là, ça suffit, c'est bien comme ça".

Le problème avec moi, c'est justement que j'en veux toujours plus. Et bien évidemment, ça ne vaut pas que pour les séries télé et les PV de Jmusic ! En fait ce n'est même pas un problème, c'est juste l'un de mes traits de caractère. On s'en accommode bien, moi-même je me suis tout-à-fait acclimatée, c'est jusque que, parfois, j'oublie comment je suis.

Alors ouais, j'ai dégoté un boulot à vie, j'ai réussi ce p*tain de concours, mais...

Oh, la lune de miel est toujours là et bien là ; ça me prend, comme ça, un sourire se greffe sur mes lèvres, ou je me mets à pleurer de bonheur (tout-à-fait : de bonheur, je pensais que c'était une légende urbaine mais ça existe)... Et je me sens heureuse et peut-être même accomplie, en dépit de la fatigue due à mon boulot actuel, en dépit du fait que, hein, tout n'est pas parfait pour autant dans ma vie, en dépit du fait que d'autres de mes projets sont dans une période frustrante qu'une impatiente congénitale comme moi a du mal à laisser patiemment se dénouer sans broncher, etc...

Il aura fallu quoi, seulement 12 jours, avant que je ne me dise "une fois titulaire j'essayerai de faire ça, et ça, et d'avoir un poste là". Je suis déjà dix pas en avant !
Et puis je ne pense pas qu'au plan professionnel, évidemment...

Comme si je n'allais plus jamais m'arrêter de vouloir plus.
Ces dernières années j'ai appris à être patiente, à ronger mon frein et ne pas vouloir absolument tout, tout de suite. La question (ou devrais-je dire, la problématique) professionnelle m'avait matée, un peu, mais il s'avère que maintenant que justement, ça, c'est réglé, enfin en tous cas j'ai passé un pallier, eh bien les vannes sont ouvertes et j'en veux plus.

C'est dans ma nature d'être gourmande, et là, vu que j'ai cette super bonne nouvelle, j'ai envie de vivre mes envies à 200% et... bah... je peux pas. Enfin moi je pourrais, je suis au taquet, mais c'est le monde qui n'est pas prêt. Pourtant en 5 ans, il a eu le temps de se préparer, mais que voulez-vous... cela dit, je ne saurais le lui reprocher. Je reparais devant le monde avec une expérience de 5 années calamiteuses... qui se lisent probablement sur mon visage et le reste.

Du coup maintenant, je veux vivre tout ce qui me plaît et je trépigne sur place à me dire "mais ça je peux pas... rha ça non plus... ça pas encore, faudra attendre la titularisation... et ça j'arrive trop tard".

Et puis, de blague foireuse en blague foireuse, depuis quelques temps j'avais commencé à me dire que, ouais, ça me tenterait bien de vivre ci, ou expérimenter ça, et évidemment ce n'est pas parce que je le décide que le monde m'est offert. Le monde a continué à faire sa vie pendant 5 ans, et tant mieux pour ceux qui n'étaient pas descendus en marche comme j'ai l'impression de l'avoir fait pendant ces années de chomdu, de serrage de ceinture, d'errances et de larmes. Mais moi je n'y suis pas. Et comment me faire une place là-dedans quand on sait à quoi je ressemble ?

Et puis merde, sincèrement, je me demande si j'ai les moyens de mes ambitions.

Pour être claire, ces 5 années de chômage, de deuil, de séparations, et de crevage de faim suivi de périodes à bouffer n'importe quoi, ça m'a transformée. Physiquement aussi, je veux dire. J'ai des cicatrices, des marques, des formes qui n'étaient pas là il y a 5 ans. J'ai perdu 20 kilos en trois mois, à un moment, ensuite je les ai repris, puis j'en ai reperdu une partie, et repris encore, et progressivement là je reperds... C'était selon que j'avais un travail ou pas, selon que les pizzas étaient à 1€35 les 3 et mon budget de 3€ par semaine, etc... Je n'ai pas juste vieilli de 5 ans comme tout le monde pendant cette période (ou presque... mémé...), c'est mon corps qui a dû tout encaisser au fur et à mesure des épreuves, et qui s'est retrouvé affecté par tout ce que je vivais...

Le plus gros du tumulte semble derrière moi, mais que reste-t-il de ma carcasse ? Sera-t-elle à même de ne pas ressembler au corps d'une nana qui en a bavé ces dernières années ? Est-ce qu'un jour mon corps ne portera plus sur lui mon histoire, comme il le fait maintenant ?

Je me regarde et je n'ai aucune idée de ce que je vois. Ou plutôt ça change tous les jours.
Certains matins je me regarde et je me dis que, eeeeh, mais franchement, j'ai bien remonté la pente par rapport à un moment !
Et puis d'autres matins je me maquille en me disant que je ne trompe personne, et que 5 ans à tirer la langue comme un canasson en fin de vie, ça se voit, quelle que soit la coiffure (c'est officiel, chuis une gonzesse, j'essaye de faire quelque chose de mon mètre de cheveux !), quel que soit le fond de teint (qui eut cru un jour que je m'achèterais un fond de teint Dior, hein, franchement, qui ? mais il est encore trop foncé et orangé, ça va toujours pas, non au diktat du bronzage), quel que soit le vêtement (la fille qui s'achète un ou deux Tshirts tous les mois, l'hallu !), je reste quand même la nana dont le corps appelle à l'aide.

Eh, le corps, t'as pas reçu le mémo ? On a changé d'ère !

Si-si, c'est tout nouveau, ça vient de sortir, ça a 12 jours...

Je n'ai aucune idée de l'impression que je donne. Quand j'essaye d'y penser, d'imaginer ce que quelqu'un qui me voit pour la première fois pense de mon apparence, je finis par transférer mes pensées, mes peurs et mes dégoûts... ça ne marche pas.
Tenez, quand la fameuse super bonne nouvelle est tombée...
Eh bien une heure avant je rencontrais Caroline, et je me demandais ce qu'elle pensait (bon je n'ai pas pensé qu'à ça pendant qu'on discutait, mais elle a un regard tellement perçant que je me suis dit qu'elle avait forcément dû me détailler et se faire une opinion, ne serait-ce que pour aller parler de la fangirl ensuite...). Genre "ohlala, j'espère bien que c'était une blague ses conneries parce qu'avec sa tronche c'est même pas la peine d'y penser", ou bien "elle fait vieille pour son âge" (oui, j'ai ptet pris un peu plus que 5 ans pendant ces 5 ans de galère, en fait), ou je sais pas... Et merde, pourquoi les gens ne vous disent pas, texto : ,"ah bah dis donc, ton fond de teint il est pas aussi couvrant que le mien, on voit que ta peau te déteste" ('tain c'est vrai Caro, dis, tu me donnes la marque de ton fond de teint super épais qu'on voit à peine ta cicatrice ?) directement ? Plutôt que de nous laisser nous demander comment on est perçu ?

Moi en fait j'en sais rien, je ne sais pas à quoi je ressemble. Parfois je me vois avec le regard d'il y a 5 ans et je me dis "oh t'as un joli profil" (je me mate dans les vitrines, c'est atroce parfois de devenir une fille), et parfois je me vois même avec mes yeux d'il y a 10 ans et je vérifie l'étiquette de mon soustale parce que c'est pas possible que ça, ce soit un 95C (bah pourtant si, ya pas moyen... mais c'est vraiment petit alors, un 95C ?).
Et puis souvent je me vois comme si j'étais encore dans la période de galère, j'ai l'air ravagée, dévastée... mais pendant cette période de galère j'ai trouvé le moyen de b*iser (plein de fois) donc c'est que même ce cas de figure ne doit pas être tout-à-fait exact non plus.

Et si je m'interroge sur tout ça, sur ce dont j'ai l'air, c'est parce que, bah j'y peux rien, je veux aller de l'avant. Je ne veux pas retomber amoureuse, et même dans mes rêveries les plus secrètes je ne me dis pas "rha pis ce serait le grand amour et tout" (encore quelque chose que ces 5 ans m'ont volé : je ne sais même plus en rêver), je me dis juste "ah, aller au resto de temps à autres, se faire un bon film ou plutôt une bonne série souvent, papoter un peu, s'envoyer en l'air beaucoup, éventuellement l'inverse de temps à autres ; juste passer de bons moments et  ne pas se sentir en sursis" ! Mais je repose la question : ai-je les moyens de mes ambitions ?
Ou bien, est-ce que je serai toujours obligée de ressembler dehors à la miraculée que je suis dedans ? J'ai l'impression d'avoir réchappé au pire, et j'ai vraiment réchappé au pire quand on y pense, tout ça aurait pu mal tourner et ça n'est pas passé loin parfois, mais mon corps, mon corps est resté bloqué dans le continuum spatio-temporel où ma vie est pourrie et où ma chair en prend plein la gueule.

Je pensais trouver la voie de la guérison avec ce concours, mais de toute évidence, il reste encore beaucoup à faire. Ça résout tant mais ça ne résout rien...

Je m'étais bricolé des solutions pour aller de l'avant d'un pas leste, et sur une grande partie ça a bien marché : j'ai fait le deuil d'un certain nombre de choses qui ne me touchent plus du tout alors qu'elles m'écorchaient vive il y a trois mois à peine. En fait certains délires m'ont bien aidée à ne pas regarder en arrière.
Je me rappelle que j'avais déjà utilisé ce "truc" pour tourner la page une autre fois, ya 7 ans, ç'avait bien marché en fait, et là ça remarche tout pareil, et je n'attends pas que ça se réalise, je n'essaye même pas, ça m'arrange juste d'avoir cet artifice pour faire la transition, je me régale les yeux tout simplement, et ça m'évite de ressasser les mêmes douleurs, cette blessure de l'abandon, vraiment ça marche bien ce système, et puis dans quelques temps, des semaines si tout va bien (je sens déjà que ça s'atténue) ou quelques mois si je fais une rechute, j'enlèverai les petites roues et je me lancerai vers quelqu'un qui n'a rien à voir, c'est pas le but, je ne veux pas réellement sortir avec ce mec, je ne le connais même pas, je m'en sers, c'est tout, pour me rappeler qu'il y a d'autres mecs avec d'autres profils. Je me doute que jamais sa vie et la mienne n'entreront en collision et quand je l'ai choisi, pour mon tour de passe-passe avec le passé, je pensais sincèrement que c'était le cas. Et puis quelques jours plus tard Caroline m'a contactée et l'écart s'est rétréci... ce n'était plus drôle.
Mais il n'en ressortira rien et c'est tant mieux, il n'est pas là pour que ça existe, juste pour que je me rappelle que c'est envisageable à nouveau pendant que je me reconstruis. Quand je serai prête, je l'oublierai, comme les autres béquilles que je m'étais trouvées il y a des années, et puis quand je le reverrai furtivement, alors que je serai dans les bras de mon prochain mec, je sourirai en me disant "merci mon gars, tu le sais pas mais ta bonne humeur, tes conneries et ton sourire (pis deux trois autres choses aussi), ça m'a permis de tourner la page". Et personne n'en saura rien... et surtout pas lui. Et ce sera super comme ça.

Mais quand je me regarde, je me dis que ma propre guérison intérieure ne suffit pas. Il ne suffit pas que je sois prête à vivre de nouvelles choses. Il ne me suffira pas d'une béquille. Cette fois mon corps a morflé. Ca a duré des années tout ça.
Les autres aussi devront me regarder comme si j'étais envisageable. Est-ce que je ressemble à quelqu'un d'envisageable ? Est-ce que je peux me transformer en quelqu'un d'envisageable ?

Finalement, chercher un taff, c'était largement mois compliqué. L'étape suivante est vraiment pas gagnée.

Posté par ladyteruki à 23:53 - Commentaires [1] - Permalien [#]