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Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

04 décembre 2008

Retour vers le futur

Je sens bien qu'avec ce qui se passe au travail, je suis involontairement tournée vers le passé en ce moment. Certaines personnes ont juste le don de rouvrir les portes qu'on a tout fait pour tenir fermées.
Depuis l'anniversaire de ma mère, certains épisodes douloureux me reviennent avec une violence inouïe. Mais, à la rigueur, à ce que mes souvenirs de guerre me reviennent, je m'y attendais un peu vu ce qui s'est passé. Avec cette collègue, je sais que j'ai en fait remplacé un harcèlement par un autre. J'y réagis peut-être un peu mieux qu'il y a 20 ans, et ce serait heureux, mais je m'aperçois bien des similarités, j'ai appris à les dépister.

Ce à quoi je m'attendais moins, c'est à tout un tas d'épiphénomènes plus ou moins conscients.
Je sais que je vais sur Copains d'avant consulter tel profil, de cela je suis par exemple pleinement consciente. C'est une partie moins sombre de ce qui s'est produit par le passé, ça n'a rien à voir avec mon père, mais je prends quand même une demi-heure pour y retourner, et faire ce voyage n'est pas innocent en cette période où, au moins une fois par semaine, je fais à nouveau mes cauchemars de vampires. Largement moins prévisible était le rêve de cette nuit.

Je le sentais un peu distant, je me disais que je me rapprochais de lui par réflexe, "encore", et que j'allais à nouveau en souffrir. Mais au moment où nous nous embrassions prudemment, du bout des lèvres, et que je reconnaissais le goût âcre et si particulier de sa salive, il me disait alors, avec cet air à la fois pur et bête qu'il avait autrefois, qu'en réalité, cette fois, il voulait y aller doucement, pour ne rien gâcher.
C'est mon dernier souvenir : la bouffée de tendresse qui m'a envahie en entendant ces mots.
Je me suis réveillée, et je me suis dit : c'est vrai, il est le seul dont je me souvienne du goût de ses baisers. A une époque, je le lui reprochais.

N'allez pas croire que c'est de la nostalgie ou des regrets, et encore moins quoi que ce soit d'autre. C'est juste qu'en ce moment, je vis un peu dans un autre espace-temps. Mon cerveau n'a de cesse, pendant mes heures de veille comme celles de sommeil, de raviver tout un tas de souvenirs, certains douloureux, certains doux, certains amers, certains terrifiants, venus de plein d'époque de ma vie.
Ce n'était qu'un rêve, mais un rêve qui comme par hasard tombe maintenant, au moment où je voudrais tant aller de l'avant, mais où quelque chose me retient en arrière. Me retient au fond.

Ce qui toute ma vie a été l'une de mes angoisses les plus vivaces, et les plus irrationnelles, se produit depuis plusieurs semaines : une main invisible, surgie des ténèbres, a attrapé ma cheville.

Du coup, vu l'état dans lequel j'étais, j'ai pris LA décision. Celle dont je savais depuis des années que je la prendrais quand j'aurais de l'argent.
J'ai de l'argent. Je l'ai prise.

Demain, je replonge encore plus dans toutes ces années. Pour en sortir une fois pour toutes, à terme.
J'espère.

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Tomodachi no Uta

Je consulte sur Copains d'avant le profil d'une copine de lycée. Ses loisirs d'aujourd'hui ne me surprennent pas. En un peu moins de 10 ans, ils ont évolué de façon plutôt logique.

Ce qui m'amuse, c'est que les Artistes qu'elle écoute... j'ai fondé un site qui en parle. Je me plais à imaginer qu'elle est peut-être déjà venue sur mon site, peut-être même de façon régulière, et qu'elle ne sait pas que je me cache derrière ce pseudo, et l'idée m'amuse beaucoup de me dire qu'en fait nous sommes plus proches qu'elle ne l'imagine (et qu'elle ne m'a jamais laissé l'être, elle qui se protégeait tant).

Je me fais sans doute tout un film, mais la communauté de Jfans francophones n'est pas non plus si étendue.

Ça se trouve elle me lit, et elle ignore qu'à côté de moi, dans l'armoire, il y a encore quelques uns de ses dessins. Et on se croise probablement, comme ça, sur internet, depuis plusieurs années, et je trouve l'idée vraiment amusante. Ça se trouve ça fait même des années qu'elle fait partie des commentateurs réguliers ! C'est amusant comme idée, non ?
Peut-être un peu triste aussi, mais surtout amusante.

Cette simple idée la rapproche de moi, sans que je n'aie à la contacter pour renouer de quelque façon que ce soit. Quelque part, elle écoute infection ou SLAP THAT NAUGHTY BODY.

Combien y a-t-il de chances pour qu'elle s'imagine un jour que j'en fais autant de mon côté ? (enfin, plutôt infection, à choisir, mais bon)

Je n'ai aucune envie de renouer avec la plupart des mes connaissances passées. J'aime voir où ces amis d'il y a 10 ans en sont, ce qu'ils ont fait de leur vie, s'ils ont beaucoup changé... mais je ne vois pas l'intérêt de revenir, justement après tout ce qui s'est passé dans la vie de chacun, et après tous les changements qui se sont produits.
De la même façon que jamais je ne pourrais reprendre le contact avec Rel (même si maintenant ça m'est moins douloureux à envisager qu'il y a quelques années), je préfère laisser toutes ces amitiés passées où elles sont, m'en tenir là, ne pas chercher à raviver quelque chose qui de toutes façons n'existera plus.

Mais quand j'écoute infection, j'y pense quand même un peu, maintenant.

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30 novembre 2008

Seule et bien accompagnée

Il y a trois mois, j'ai rencontré quelqu'un d'assez différent de mes connaissances habituelles. Si nous nous étions rencontrées au lycée, nous ne nous serions probablement pas adressé la parole, d'ailleurs. Trop différentes. Elle, du genre fêtarde, moi, du genre... moi. A l'époque les filles de nos genres ne se fréquentaient pas trop.
Mais dans les circonstances où nous nous sommes rencontrées, bizarrement ce sont nos rares points en commun qui nous ont rapprochées : notre cynisme. Et elle, étant celle qu'elle est, on s'est mises à se voir souvent.

Très.

Chaque fois qu'elle m'appelle, c'est pour faire quelque chose. Chaque fois. Aller à une expo, un salon, au resto, boire un verre (enfin, non, jamais un seul...), sortir. Une fois elle m'a appelée à cause d'un jeu video qu'elle acheté pendant que nous faisions du shopping ensemble, se jurant de ne pas y jouer plus de 30mn et donc me demandant d'aller chercvher la soluce pour elle sur internet.
Sinon, c'est pour faire quelque chose.

Les premières fois c'était marrant. On ne se connaissait pas bien, donc on gardait une certaine distance. Elle avait au départ proposé l'idée d'un resto par mois, et j'aimais bien ça : on se fait une bouffe et, le reste du temps, on s'appelle ou on s'envoie des mails. Parfait pour moi.
Ca me laissait du temps bien à moi, pour mes projets persos. J'ai vraiment, vraiment besoin d'avoir mes deux jours de weekend bien à moi, tranquille, dans le calme, un peu de musique, mes petites affaires... puis retourner affronter la mégère qui me tient lieu de collègue le lendemain et avoir mon sourire professionnel pendant une semaine, parce qu'il est hors de question que je fasse la gueule même si parfois j'en ai ras-le-bol. C'est important pour moi de pouvoir laisser mes états d'âme à la maison quand je vais au travail, et pour ça, j'ai besoin de me ressourcer le weekend.
Sauf qu'on n'a jamais respecté ce deal d'une fois par mois. Et le pire c'est qu'elle est de bonne compagnie, et que plus le temps passe plus on parle de choses et on devient proches, et on s'amuse bien, mais dés que je la vois deux fois dans la même semaine, je suis en overdose.

Donc voilà mon cas de conscience : comment garder la distance qui m'est nécessaire en ces temps qui me sont nerveusement un peu difficiles, si je dois sans arrêt gérer les envies de sortie de cette nouvelle connaissance ? C'est difficile de lui expliquer que, deux fois, c'est beaucoup pour moi. Que me trimballer dans un salon le weekend, ce n'est pas ma conception du retour au calme nécessaire entre deux semaines de boulot. Et que quand je vois trop les gens, je ne prends plus plaisir à les voir.

Tenez, ma frangine... on se voit une fois de temps en temps (on n'a pas convenu d'une fois par mois parce que, bon, on n'y a pas pensé, mais grosso modo c'est à ça qu'on aboutit), et c'est très bien. On s'appelle. On s'envoie un ou deux mails. Et puis on se fait un aprem ensemble une fois, et c'est très bien.
Chacune a sa vie, chacune peut gérer ses préoccupations sans être étouffée.

Le problème en ce moment, c'est que je voudrais être seule ET bien accompagnée.

Posté par ladyteruki à 22:59 - Commentaires [1] - Permalien [#]

29 octobre 2008

Larguée, l'encre

Depuis le temps qu'on se fréquente, vous et moi, sur ce blog, vous connaissez probablement ma propension à me réfugier dans des zones reculées de moi-même lorsque ça ne va pas. En tous cas, je la connais, moi, cette propension, je la connais même bien. Et c'est avec ce genre d'indices, ces derniers temps, que j'ai compris que je n'étais pas aussi bien qu'il n'y paraissait. Ainsi que je le présumais, avoir un boulot stable n'a pas tout réglé ; en fait c'est sans doute ce même boulot qui a précipité ma fuite en moi-même, tant certaines choses s'y passent mal.
Mais en fait, non, attendez, ce n'est pas vraiment le sujet du jour, mon travail. Le sujet c'est : comment j'ai découvert moi-même que je me cachais des choses. Que je ne m'étais pas tout dit.
Ce sont plusieurs éléments qui m'ont finalement mis le nez dedans...

L'un des éléments, on ne va pas se le cacher, c'est ce site, ce site qui est ma page d'accueil, ce qui veut tout dire son importance à mes yeux, mais que, aussi, je ne sais plus approcher sans ressentir un violent coup au coeur, presqu'une suffocation. Voilà maintenant deux mois que je me dis que je ne fais qu'une pause, que c'est temporaire, que je reviens. Mais force est de constater que je ne reviens pas. Par réflexe autant que par affection, pourrait-on dire, j'élague quelques commentaires visiteurs lorsque je tombe dessus, ou en poste un ou deux moi-même, mais l'air vient vite à me manquer, et je sens bien que je ne peux pas rester. Malgré tout, je ne veux pas non plus dire : voilà, j'arrête. Je reste convaincue que ce n'est qu'une crise ; profonde, mais passagère. Mais pendant ce temps, je n'arrive pas à revenir vraiment, et je suis consciente que ça pèse sur ceux qui, eux, n'ont pas faibli, mais je n'y arrive simplement pas, pas maintenant, je sens que ça ne va pas. Si je n'aimais pas profondément ce site, je n'en serais évidemment pas là. Il me serait simple soit de m'y remettre, soit de claquer la porte, de faire un choix, mais je m'y suis tant investie que, nécessairement, ça touche quelque chose d'intime que j'ai besoin de régler... j'ai besoin de comprendre, j'ai besoin d'à la fois prendre du recul et revenir aux fondamentaux, j'ai peut-être besoin de redéfinir certaines choses et de trouver le courage de les dire ensuite, avant de me replonger dans le grand bain violet avec la ferveur d'autrefois (ou une autre qui lui ressemblerait).

L'autre élément, et il a été très clair d'ailleurs, c'est quand je me suis remise à "jouer", aussi ridicule que ça puisse paraître quand on sait que ça fait 20 ans que je pratique ce cadeau que je me fais à moi-même, le soir avant de dormir. Se mettre à "jouer", c'est déjà un message en soi. "Jouer" c'est admettre à la fois que ça va mal, puisque c'est rêver ma vie autrement et bien souvent ailleurs, mais aussi admettre que ça va mieux, puisque quand la douleur me terrasse véritablement, je ne sais même plus m'offrir l'illusoire consolation de "jouer", la réalité étant alors trop forte pour mon imagination. Et puis, "jouer", c'est tout simplement ce que je "joue". Je n'en dis jamais autant sur moi-même que lorsque je me raconte des histoires, et que soudain, la situation de que je décris en "jeu" présente, bien involontairement, de curieuses similarités avec ma vie actuelle, alors que le but du "jeu", c'est tout justement l'inverse : s'évader, vivre la vie d'une autre moi, en mieux. Je me révèle alors des choses que je pense ou éprouve, et dont je ne voulais rien me dire jusqu'alors. Et je sais que, tout étrange que puisse sembler être le "jeu" aux autres, à moi, il se révèle toujours aussi utile pour aller au fond des choses.

Et puis, un troisième élément, c'est la présence dans le "jeu" de l'Homme sans visage. Quand il reparaît, je sais aussi ce que ça veut dire. Ca veut dire solitude, ça veut dire envie d'être aimée, ça veut dire s'échapper là où les hommes n'ont rien réussi à faire de bon. Ca veut simplement dire que je ne suis pas prête à ce qu'un homme me regarde, mais que je ressens douloureusement la sécheresse de mon coeur. Pas de méprise, l'Homme sans visage n'a rien à voir avec le sexe. Juste avec la désertification de ma vie sentimentale. Quand apparaît l'Homme sans visage, c'est que l'absence n'a que trop pesé. Mais qu'il n'est pas encore temps pour y remédier. J'ai trop besoin de sa gentillesse, sa douceur et sa patience pour le moment. Un vrai homme ne saurait pas, ne pourrait pas ; ne devrait pas avoir à, non plus.

Dernier élément, et non des moindres, c'est d'avoir à nouveau envie d'écrire. Lorsque les mots reviennent, c'est, là aussi, que ça va sans aller. C'est que j'ai à nouveau le temps mental, la capacité d'introspection ET celle de communication. C'est quand j'ai l'impression de souffrir au point de déborder de mots, mais d'être suffisamment en Paix avec ma propre existence pour les aligner. L'écriture a ce pouvoir magique de me soigner de toutes façons, que j'écrive sur moi-même aussi bien que sur des fictions. D'ailleurs la nouveauté, en fait, ce serait exactement ça : un retour à la fiction. Je n'avais plus écrit d'histoires depuis des années. Deux ou trois, au moins. Je suis pourtant bel et bien saisie à la gorge par l'envie de créer (ou ranimer) des univers, et d'y faire s'ébattre et se débattre mes personnages. Et avec cette façon d'écrire que j'avais un peu perdue, je redécouvre l'envie à laquelle je n'ai plus cru depuis encore plus longtemps, celle dont je n'ose pas encore dire le nom tant elle me semble incroyablement immodeste et irréaliste, pourtant c'est bien de cela qu'il s'agit. Oui, mes fantasmes m'ont reprise, et je sais bien ce qu'ils signifient dans tout leur manque de réalisme : moi, autre, ailleurs, loin, puissante, avec mon stylo. Si je rêve de porter ma plume si loin c'est donc bien qu'il y a un problème ici.

Mille autre indices, encore, s'ajoutent à ce diagnostic, et je vous les épargne. Mais ils convergent tous pour créer une constellation d'effets, dont je n'ai pas grand mal à trouver la cause. Avec une telle carte des étoiles, tout devient clair : je vois que j'ai mal, que je me sens seule, et que ça ne va pas changer tout de suite, alors il y a moi, il y a ce que j'ai à l'intérieur, en attendant un vrai dehors. C'est ce moment du cycle où je reste recluse dans l'improbable et le rêvé pour atténuer le choc de la réalité, le temps d'une fois de plus faire peau neuve et me relancer sous les roues de la vie. Il y en a encore pour quelques temps. Ca passera. Ca passe toujours, et ça passera toujours. Mais une fois de plus, avec délice et horreur, j'en ai pour un moment avant que ça ne passe.

J'en suis là. J'attends. Que l'encre coule en un débit plus régulier, et que je n'ouvre plus les yeux dans le noir et réalisant soudain que ce n'est qu'un "jeu", et que le vrai fait mal.

Pourquoi ai-je toujours l'impression qu'il y a une blessure à panser ? Je fouille dans mes plumes et n'y vois que des plaies, des cicatrices, et un peu de place libre pour les prochaines ; c'est là que ça frappera, ou que d'autres se rouvriront ; pourquoi je ne suis pas capable de trouver la Paix ? Pourquoi j'ai l'impression que ça ne finit pas ?
Je sais bien ce que je dis, je dis toujours qu'être dépressive, c'est comme être alcoolique : on l'est à vie. C'est quand on s'en croit guéri qu'on est le plus exposé au risque. Mais même avec cet avertissement que je m'adresse à moi-même, ce n'est pas satisfaisant de se dire que tant de choses font encore mal... comme dimanche chez mes parents.

Quand "jouer" ne suffit plus, quand écrire ne suffit plus, je m'aperçois que je suis toujours la petite fille qui se prend la vie de plein fouet et ne sait toujours pas lui survivre durablement. Je suis cassée, pour toujours, il y a toujours un bout du mécanisme en moins, et cette seule pensée m'épuise, je voudrais tant ne plus être cette fille-là, celle qui regarde les autres et n'arrive pas à se faufiler dans le courant et se laisser porter, sans se sentir étrangère à elle-même. Je voudrais tellement ne pas avoir envie d'écrire, parfois ! Ce serait un si bon signe !
Pourquoi les gens savent faire face sans se réfugier en eux-mêmes ? Pourquoi les gens savent faire face sans se demander comment ils ont trouvé la force ? Pourquoi les gens ne se sentent pas brisés comme une plume d'oiseau ?

Je noie mes rêves dans de l'encre et je m'étonne que j'ai le mal de mer. Ca ne finira donc jamais ?
Essayons de nous rappeler : qu'est-ce qui vient, comme phase, juste après ?

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27 octobre 2008

La reine des glaces

Hier, c'était la fête d'anniversaire de ma mère. Quel âge a-t-elle, au juste ? Je m'en fiche. Je crois qu'elle aussi. Elle ne compte plus les années. Son visage les marquait bien avant qu'elle ne les fête, de toutes façons.
Hier, comme ça arrive (bizarrement) plus souvent maintenant que j'ai un travail, que je suis respectable, que je suis fréquentable, j'étais chez mes parents.

Là règle tacite m'a toujours semblé, pour ce genre d'occasions, de faire comme si rien ne s'était jamais passé.
Nous n'avons jamais vécu ces années, oui, ces années, celles-là, on sait bien de quoi il s'agit, mais personne, au grand jamais, n'y fera mention, c'est le principe, c'est tacite.
On parle de travail, d'actu, de politique, des nouvelles du voisinage, des dernières vacances... On fait semblant.

C'est ce que ma famille sait faire de mieux. Semblant.

Anecdote. Ma mère déballe un cadeau offert par ma soeur, lance une blague éculée sur le fait que le paquet est aussi bizarrement emballé que les cadeaux de feue ma grand'mère, tout le monde rit. C'est drôle. C'est drôle de penser que ma grand'mère a légué le don du paquet plein de scotch à ma frangine. C'est si drôle. "Ce que fait Mémé dans ces cas-là"... non, ce que faisait, merci.
Ne faites pas ça. Vous n'avez pas le droit de faire semblant, de faire comme si elle n'était pas morte.

Plus tard dans la conversation, la pique au coeur se renouvelle. Mon père passe vingt minutes à retracer ces années-là. Oui, celles-là, tout justement.
Et à l'écouter raconter ces années-là au petit ami de ma soeur, comme elles semblent belles, ces années-là ! Etonnantes, bizarres, remuantes, drôles... le portrait qu'en brosse mon père donne l'impression que tout a été... une péripétie de plusieurs années, avec une conclusion amusante.
Ha ha ha. Comme c'est drôle. Ha ha ha, ces années-là. Sacrées années, hein. Que c'est original. Ha ha ha. Des années à se croiser sans se voir, à ne pas se connaitre, ha ha ha, la maison à refaire de fond en combles, ha ha ha, les travaux qui ont duré des années et des années, ha ha ha, ces années-là, sacrées années en vérité, je me taperais presque sur les cuisses si c'était mon genre, ha ha ha.

Je suis sur le siège d'à côté. Je suis figée par une peur glaciale. Au fur et à mesure qu'il parlait, la peur s'est glissée dans mes os pour m'emmurer. Et maintenant il finit son café, l'air de rien, il n'a toujours pas compris que ces années-là, c'est ma bête noire, la bête tapie dans l'ombre que j'ai laissée dans son coin, à défaut de mieux, à laquelle je ne donne plus rien à ronger mais que je n'ai pas su mettre à la fourrière ; ni jamais vraiment domestiquée, ni jamais vraiment ressortie de ma vie. Il ne s'est pas rendu compte que chacun de mes os est soudain terrassé par le froid le plus pénétrant, parce que mes souvenirs de ces années-là me donnent envie de pleurer, envie de hurler, envie de me cacher dans un coin d'ombre, envie d'approcher ma bête, là-bas dans son coin, envie de la gratter affectueusement entre ses deux yeux rouges phosophorescents, envie de me frotter le nez à son pelage luisant de gel, envie de redevenir la petite fille qui se cache dans les couvertures mais qui a peur du noir.
Je suis devenue un palais-igloo, un palais de conte de fée où tout est froid, vide, transparent et silencieux, et dans les couloirs de ce palais, la bête se promène comme un gentil toutou de compagnie en manque d'occupation, las, et en quête de quelque chose à ronger, et que pourrait-on bien ronger dans les couloirs transparents de mon corps si ce n'est mon coeur transi par le froid ?
J'ai perdu toute ma belle assurance, toutes mes blagues préparées à l'avance que je répète secrètement pour avoir l'air contente d'être là, mes anecdotes juteuses et mes sujets de conversation, je suis minuscule dans mon tailleurs, j'ai 8 ans, il fait froid, il fait noir, et la voix de mon père tonne de l'autre côté de la porte, ou au-dessus de mon lit, en fait un peu partout dans ma tête.
Je m'agripperais bien à la table, ou à ma chaise, ou à quelque chose, mais mes doigts sont figés dans la glace, ce sont de longs stalagtites translucides posés sur mes genoux givrés.

Et il rit, l'animal. De son rire à lui, jamais vraiment entier, jamais vraiment lâché, son rire retenu qui dit qu'il ne sait plus rire vraiment, qui ressemble à un rictus, un rictus de bête. Une bête qui mange dans la plus belle vaisselle de ma mère, mais une bête quand même. Une bête qui semble avoir décrété que sur toutes ces années-là, bon, en faisant le bilan, on voyait bien que ça n'avait pas été marrant, mais on peut quand même le prendre avec le sourire aujourd'hui, ou plutôt avec le rictus, puisqu'il n'y a plus de vrai sourire en stock depuis bien longtemps.
Soudain, pour la première fois qu'on en parle depuis tout ce qu'il s'est passé, ce sont des années qui semblent être reléguées au rang d'amusantes anecdotes sur nos années laborieuses.
Ne fais pas ça. Tu n'as pas le droit de faire semblant, de faire comme si ça n'avait pas été l'Enfer.

Mes pieds pantelants dans le vide, mon tailleur noir trop large, les chaussons qu'on m'a forcée à mettre, tout semble démesurément gigantesque et pétrifié dans la glace. Une petite fille hurle dans le silence, il y a comme de l'écho -ah non, c'est moi. En fait non, c'est l'écho de ma voix de petite fille, il y a presque 20 ans, mais aussi il y a 15 ans et il y a 10, et parfois même il y a à peine 5.

Et puis je me lève, je vais chercher ma veste dans l'entrée, et je reviens m'asseoir sur ma chaise qui a soudain repris une taille normale le temps de mon trajet, et je dis "excusez-moi, je prends ma veste, j'ai froid tout d'un coup". Je regarde ma soeur déballer le jeu de société auquel nous allons jouer. Je ris. Je ris !

C'est ce que je sais faire de mieux. Semblant.

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10 septembre 2008

Mon mien à moi rien qu'à moi

Ca fait 8 jours que j'ai commencé ma nouvelle vie. Ma vie de nana qui bosse. Pour toujours.
Il y a d'étranges effets secondaires à ça.

Le premier effet Kiss Cool a été de m'installer dans mon nouveau bureau, et de faire des emplettes en ce sens pour pouvoir avoir ma boîte de mouchoirs en papier, mon paquet de lingettes désinfectantes pour le bureau et le clavier, ma réserve de bouteilles de thé glacé... Et de se dire que cette fois, c'est vraiment dans mon tiroir que je vais ranger tout ça, et pas tout virer dans quelques mois et ramener mon bordel dans de gros sacs en plastique, piteuse.

Le second effet secondaire, un peu plus indésirable vu que j'ai pas encore touché l'ombre d'un salaire (c'est normal, hein, c'est juste pas raisonnable), ce sont les frais que j'ai engagés : nouvelles chaussures (je culmine à trois paires maintenant, je suis devenue Carrie Bradshaw), nouvelles fringues (je veux me payer un nouveau tailleurs avant Noël, mais pour l'instant je suis restée soft quand même), etc...

La troisième effet à retardement, et c'est bizarre d'ailleurs que ça ne soit pas arrivé avant, c'est qu'hier, quand je suis sortie vers 20h30 du boulot, j'ai pleuré. De bonheur.
Tout ça parce que lorsque j'ai fait ma garde seule de 17h à 20h, j'ai plutôt bien bossé, j'ai mangé un bägel au poulet et à la sauce pesto, et que je revenais le lendemain matin, et que ça serait toujours comme ça (enfin, un jour sur deux mais j'expliquerai les détails sur mon blog de boulot plus tard...).

Je suis donc sortie de là toute chamboulée, en me disant que je quittais mon boulot. Le mien.
Pourquoi celui-ci est-il plus le mien que ceux que j'ai pratiqués auparavant ? Je n'y ai pourtant pas encore mes habitudes, pas vraiment d'amie, je n'ai pas encore bien imprimé le rythme de travail et je me suis super gourde parce que la seule chose que je sais faire sans poser de questions, c'est prendre les appels, et que franchement côté stimulation intellectuelle c'est pas vraiment ça.

Mais indubitablement, c'est mon travail. C'est possessif, presqu'intime. Mon travail à moi que j'ai et que je perdrai plus jamais.

Et vous savez quoi ? Je vois le monde autrement.

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18 août 2008

Il n'y a pas de Dieu pour les bêtes

Non, ça c'est sûr, il n'y en a pas plus pour eux que pour nous.

Aujourd'hui, Trixie a été diagnostiquée d'un cancer.
C'est bien parce que Tomcat, lui, il a une hépatite, donc ça change un peu.

Et ce un peu plus d'une semaine après la mort de mon chien Cookie, resté chez mes parents.

Bah vous savez quoi ? Moi je crois plus en l'Ampoule si c'est comme ça.

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13 août 2008

Où sont les hommes ?

Je n'ai ni la force, ni l'envie, de retomber à nouveau amoureuse. Actuellement j'en serais plutôt au stade où j'ai envie d'imaginer qu'il est possible que je sois à nouveau avec quelqu'un jour, mais sans s'engager autant émotionnellement, et surtout sans rien faire pour que ça ne se concrétise vraiment.
Et comme je suis une gonzesse, c'est un peu compliqué d'en être là, forcément.

J'ai envie de tendresse, de complicité (de sexe aussi)... mais je n'ai pas envie de remettre ça maintenant. Enfin, si, quelque part j'aimerais en avoir l'opportunité, mais juste pour la refuser... allez comprendre.

Il y a quelques semaines, j'avais lu cet article sur un site de rencontre au concept original, qui appelait les hommes des produits, qu'on pouvait mettre dans un panier, etc... ça semblait rigolo mais on ne pouvait quasiment rien voir dudit site sans être inscrite. C'est là que je me suis inscrite pour la première fois sur un site de rencontre... et même pas pour faire des rencontres, je voulais juste voir comment ils avaient joué avec leur concept. Un peu navrant quand même.
J'ai bien regardé quelques fiches produits... mais je me disais "de toutes façons, ça ça ne va pas, ça ce n'est pas pour moi, ça ça ne me fait pas envie...". J'ai bien compris que, si aucun produit ne m'intéressait, c'est qu'en réalité je ne suis pas prête du tout à rencontrer à nouveau quelqu'un, pas dans ce sens.

Le plus troublant c'est que même si j'ai envie de baisers, de caresses, et tout le reste... je n'arrive à envisager ça avec aucun mec. Ça me dégoûterait presque. Toucher un nouveau type, faire tout un tas de choses avec un étranger... juste pas envie. Mais j'ai pas envie avec les ex non plus, cela dit. J'ai envie dans l'absolu mais surtout pas en particulier. Parfois je suis dans les couloirs du métro et je me dis "quelque part là-dedans, ya peut-être mon prochain mec... et aujourd'hui c'est juste un étranger qui transpire dans le métro sale".
Le sexe me fait envie mais ni avec quelqu'un, ni bien-sûr seule (pas le genre de la maison).
Je ne comprends pas bien où je veux en venir...

J'ai passé plusieurs heures, ces deux derniers mois, à discuter avec un mec sur Skype. C'était très sympa, on déconne bien, on a des passions en commun, etc... Il y a quelques années de ça je n'aurais pas pu m'empêcher de me demander si... ou bien si... mais là non, intérieurement il ne s'est rien passé, je n'ai rien imaginé, pas une seconde je n'ai idéalisé quoi que ce soit, en fait je n'ai pas arrêté de trouver des raisons de me dire que si ce gars n'est qu'un copain, ça me suffit amplement, parce que je ne voudrais pas d'un gars comme ça dans ma vie. Je vois du négatif chez tous les mecs, au lieu de chercher chez eux quelque chose qui puisse m'attirer. Je me dis "mais arrête, on a compris, tu ne pourras jamais rien ressentir pour ce gars !" mais les vannes sont ouvertes et je continue d'argumenter pour moi-même tout ce qui fait que ça n'irait pas.

Je crois que je me sens seule, mais pas désespérément seule, et c'est ça qui me désarçonne un peu.

J'ai envie de quelqu'un dans ma vie mais pas à n'importe quel prix, pas n'importe quel mec, et pas maintenant. Avant, j'étais soit seule et ravie de l'être, soit seule et désespérément en quête de quelqu'un pour m'aimer.
En ce moment je suis seule, avec le fantasme qu'un jour ça change, mais sans vouloir que ça change réellement.
Je ne veux pas rester seule mais je ne veux pas de quelqu'un dans ma vie. Je veux juste avoir l'impression que c'est possible.
C'est fatigant.

Il y a cette pub qui est passée à la télé, tout-à-l'heure : "votre ex pense-t-il encore à vous ?". Immédiatement j'ai pensé à T. Il m'a fallu quinze bonnes secondes avant de me dire : "eh mais, mon dernier ex... c'est G !". Je ne pensais déjà plus à lui. J'étais étonnée qu'il ne fasse déjà plus partie de ma chair, comme T. Que voulez-vous, il y a les mecs qui ont compté, et les mecs qui sont simplement passés. Ça s'est bien plus mal fini avec T qu'avec G, mais malgré tout, T aura toujours une place quelque part. Une nostalgie. G est juste ce mec qui est passé dans ma vie, et qui en est sorti. C'est un peu triste mais c'est comme ça. Dans quelques années, quand je repenserai à mes ex, il y a de fortes chances pour que je ne pense même plus à nommer G. Peut-être que la lâcheté et la trahison finale de G ont aussi joué, mais T n'est pas spécialement parti avec les honneurs non plus ; non, ce n'est pas circonstanciel, il y a seulement ceux qui ont compté, et ceux qui ne laissent rien derrière eux. Tout ce qui me reste de G, de toutes façons, c'est une paire de chaussettes qu'il a oubliées en partant, et un site inachevé. De T, il me reste une boîte orange pleine de souvenirs, un livre, des photos, des années de relations compliquées... ce n'est pas comparable.
Parfois j'ai envie de parler à T alors que je ne ressens plus rien pour lui, juste parce que T a été T. Je réalise souvent que T ne sera plus jamais vraiment T, et je me ravise, ou je me borne à échanger quelques banalités... Mais G ne sera jamais qu'un ex de plus. Une erreur. En dépit de tout ce qui s'est passé, je n'ai jamais réussi à considérer T comme une erreur.

Et pourtant, quand je regarde ces deux hommes du passé, plus les quelques autres, je me dis que je n'ai toujours pas trouvé ce que je cherchais.
Ce que j'ai toujours cherché.
Quand j'avais une dizaine d'années, l'idéal masculin, c'était Victor Hugo. Ne riez pas. Je me disais "si un homme comme ça, avec tant de choses à l'intérieur, tant de talent et tant de sentiments, a su exister à un moment, alors il doit y en avoir d'autres". C'était ça ma référence. Je cherchais un homme capable d'avoir un monde à l'intérieur de lui.
Le plus triste c'est que j'ai dépensé beaucoup d'énergie à avoir le béguin ou tomber amoureuse d'hommes désespérément vides. Chez T, j'aimais avoir l'impression qu'il combattait son vide, mais il ne m'a jamais semblé l'avoir vaincu. Chez G, j'avais l'impression qu'il meublait son vide d'une passion, mais il s'est avéré qu'il n'accomplissait jamais rien dans cette passion, elle le protégeait juste du monde adulte.
En fait je n'ai jamais rencontré d'homme qui m'inspire, comme je l'espérais quand j'avais 16 ans. Je voulais écrire pour un homme, lui écrire des rôles, lui écrire des histoires pour l'apaiser, avoir une sorte de muse masculine, quoi.

Mais ni Victor Hugo ni la muse masculine n'ont jamais croisé ma route. Chaque fois que j'ai rencontré des hommes, je pensais y trouver un être humain complet avec un monde intérieur, et je n'aimais jamais que l'écho de mon monde intérieur dans leur vide.

Il y a quelques temps, j'ai toutefois découvert un homme avec une vie intérieure dense. Avec sa propre inspiration. Avec ses propres passions. Avec ses propres ténèbres.
J'avais découvert son existence ya un bon bout de temps, un an et demi je pense, mais là, quelque chose sur son blog m'a touchée plus que d'ordinaire, et j'ai passé les 48 dernières heures à lire les premiers posts de son blog, et à me dire que finalement, il y a des petits Victor Hugo quelque part. En tous cas au moins un.

Et alors que je devrais être émue de cette révélation (mon Dieu, un mec complexe et qui ne s'en cache pas !), ça me laisse froide. Je suis contente de voir qu'il existe mais ça ne me fait pas rêver. Ça ne m'ouvre aucune fenêtre. Je ne me dis pas "finalement je pourrais trouver quelqu'un qui m'inspire, et vivre quelque chose avec lui", non, il existe dans son monde, et moi dans le mien, et je n'ai pas envie que les deux se rencontrent.
C'est triste de perdre la foi à ce point.
C'est triste de ne même pas retrouver une petite pointe d'espoir.
C'est triste de vouloir sans vouloir.

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Vide

Je me sens toute vide... et c'est pas très normal. Ou disons que ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé.

Il ne s'est pas passé un instant, ces dernières années, sans que je ressente quelque chose. Le plus souvent c'était négatif (dépression, désespoir, colère, haine, découragement, fatigue...), mais il y a évidemment parfois eu du positif (amour, motivation, envie de vivre...). Mais globalement il se passait toujours quelque chose. Je n'avais pas le temps de me sentir vide. Le plus approchant, c'était l'épuisement...
Et puis là, c'est mon 6e jour de vacances, et je suis confrontée à l'immense vacuité de mes sentiments. Je ne ressens rien. Rien ne m'intéresse complètement.

D'abord, qu'est-ce que c'est que des vacances ?
Sitôt que j'ai des jours de congés, qu'est-ce que je fais ? Rien. Je ne sais pas me reposer, je me remets en mode glandage, et comme le mode glandage, c'est que je faisais dans les pires moments, j'ai l'impression de revenir en arrière au lieu de vraiment décompresser. Ça me stresse parce que ça me ramène à une autre époque. D'ailleurs les vacances c'est tellement pas pour moi, que j'en perds le sommeil. Je m'occupe mais rien ne me réjouit. Quand je prends la décision d'arrêter de m'occuper et de me détendre, je finis par glander. C'est infernal. Il n'y a là-dedans aucune satisfaction.
Je me dis que je devrais sortir... mais pour sortir où, faire quoi, voir qui ? Je n'ai aucun repère. Je n'ai plus affronté le dehors depuis des années, si jamais je l'ai un jour déjà affronté.
J'ai envie de m'extirper de ma condition et je reste désespérément moi-même. Enfermée.

Je tourne en rond et je n'arrive même pas à m'en vouloir pour ça. Je vivote. Ça ne rime à rien. Et demain je retournerai au travail avec cette frustration énorme de n'avoir pas profité de mes vacances.
J'ai déjà eu 5 ans de vacances, et je n'en voulais pas. Bah j'avais raison de ne pas en vouloir, je n'arrive pas à en faire quelque chose. Je ne me relaxe pas, ça me stresse. Je cherche à passer un bon moment et je ne sais pas le faire, ou disons que ma façon de le faire ne me satisfait plus.

Au 1er septembre je vais changer de vie, mais je serai toujours la même, et ça m'exaspère. Je ne sais pas comment évoluer aussi. Je sais à quoi je voudrais que ma vie ressemble mais je n'ai aucune idée de comment je pourrai m'y glisser.
Les heures filent et je ne parviens pas à me détendre. Je stresse de voir la journée filer et que rien de vraiment relaxant ne se soit produit.
Je sais pourtant que personne n'ira me chercher chez moi, et que c'est à moi de lier de nouvelles relations. Mais rien à faire, je ne sais pas sortir de là.

La porte de la cage est ouverte et c'est même pas que j'ai peur, je ne sais juste pas sortir, parce que je ne sais pas quoi faire dehors.

Alors les chiffres se suivent sur l'horloge de l'ordinateur ou du magnétoscope, et je me vide de ma sève. Et merde.

Où sont passées les grandes tragédies du passé ? Si au moins j'avais quelque chose à pleurer, je sens que ça irait mieux. Mais je ne sais plus me provoquer que des larmes artificielles, devant telle série ou telle chanson. Je n'ai rien sur quoi pleurer. Je me sens vide sans tout ce qui m'accablait avant.
Je n'arrive pas à croire que je ne ressente plus ces douleurs simplement parce que j'ai le sentiment de changer de vie dans quelques jours. C'est juste un travail, au nom du ciel ! Pourquoi ai-je tellement l'impression que ça va transfigurer mon existence ?
Et pourquoi ai-je l'impression que les jours qui me séparent de mon nouveau travail, le dernier d'une certaine façon, sont une antichambre ?

Je ne suis pourtant pas arrivée quelque part, c'est juste le début. Il y a le début de ce poste,commençant par une semaine de formation, puis un an avant la titularisation si je l'ai, et ensuite je me chercherai un appart, et dans trois ans je pourrai demander un autre poste, plus intéressant, et puis il y aura toujours des étapes, ce n'est pas fini, mais rien à faire, j'ai l'impression d'attendre de toucher au but au 1er septembre, et dans l'intervalle, rien n'a de sens, et surtout pas moi.
Je pense que si j'étais au boulot, ça ne serait pas très différent ; d'ailleurs j'ai pris des jours de congés parce que lundi dernier je n'avais rien à faire et je me contentais d'écouter de la musique, ça m'a frustrée et je me suis dit "si c'est pour faire ça, j'ai pas de raison de me faire payer, je prends des jours", mais demain j'y retourne et ça va être de nouveau ça, et ça m'angoisse aussi.

Je crois que... JE SUIS DEVENUE ACCRO AU BOULOT !!!
Dés que je n'ai plus de rythme de travail infernal, je dépéris. Comment j'ai pu devenir comme ça en quelques mois ? Comment ce boulot a pu emplir ma vie à ce point ?
Est-ce que le suivant me donnera la même satisfaction ?
Pourquoi ai-je besoin de travailler pour goûter mes loisirs ?
Comment expliquer que je ne m'éclate jamais autant sur TP ou dans mes autres projets que quand j'ai déjà eu une semaine de travail éreintante ?
C'est ridicule !
Pourquoi suis-je vide juste parce que ma liste de tâches l'est aussi ?
Je ne suis donc que ça ? Un petit animal de cirque qui se morfond dans sa cage entre deux représentations ?

Mais attendez, je ne veux pas avoir besoin de mon travail pour exister ! Je refuse d'avoir besoin de ça ! C'était normal quand je n'en avais pas, c'était un manque, il y avait un déséquilibre, mais comment ça peut me manquer autant maintenant ? Six malheureux petits jours ? Non c'est impossible ! Il faut que je fasse quelque chose ! Il faut que je me trouve un mec qui me largue et que j'en chiale nuit et jour, que mon père me lance une ignominie vicelarde, ou que quelqu'un meure, il faut une déchirure, quelque chose qui fasse que je n'aie pas que mon travail pour me sentir vivante...

Mon Dieu... je suis workaholic.
Et le comble de l'horreur, c'est qu'il me reste des congés à prendre.

Posté par ladyteruki à 00:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 juillet 2008

Nous interrompons votre programme (ou : On sait jamais)

Petite annonce à l'attention des geeks ou amis de geeks qui passeraient par ici, on sait jamais après tout.
Faites passer, surtout !


Rédactrice en chef d'un gros site généraliste sur la musique japonaise (la Jmusic, pour les initiés), vieux de bientôt 4 ans, en moyenne 70 000 visites par mois, avec une équipe d'une dizaine de rédacteurs (bénévoles) et ayant largement fait ses preuves, je cherche actuellement un développeur web (bénévole également, mais possibilité d'intéressements sur les revenus publicitaires) pour avancer le site dans sa prochaine version. On est très dynamiques, on a un site qui tourne bien, on veut juste terminer la nouvelle version ! Aidez-nous !

Pour résumer : notre ancien responsable technique nous a plantés là, mais il a déjà constitué une excellente base de départ dans un framework de son invention, encore perfectible mais actuellement viable (les rédacteurs peuvent déjà travailler dessus et ya quasi-pas de bug sur ce qui est déjà codé). La base de données est en place, il faut juste terminer de coder certaines rubriques et mettre la nouvelle version sur les rails.
Et migrer vers un hébergement sur serveur dédié (là on est sur Free).

Côté spécificités techniques : php/mySQL/Jawascript/Ajax... de la programmation par objet et une base de données avec de nombreuses interconnexions à gérer.

Idéal pour les développeurs "amateurs" qui voudraient se faire une expérience significative !!! Rien que la version actuelle du site fait déjà relativement joli sur un CV, mais la version qu'on veut finir, je vous raconte même pas comme vous pourrez vous vanter après.
L'équipe rédactionnelle n'a pas la chance de savoir coder aussi bien que vous, mais on est tous très motivés et on vous expliquera tout ce que vous aurez besoin de savoir sur le contenu du site pour lui donner un contenant solide ! On vous demande juste de savoir coder, ne pas nous lâcher, et être capable de travailler en équipe en nous tenant au courant de ce que vous faites et de l'avancement des choses, sans hésiter à poser des questions quand il y a besoin.
Vous ne connaissez rien à la Jmusic ? Le sujet ne vous intéresse pas spécialement ? C'est pas grave !

Contactez-moi par email (monpseudo@free.fr) pour nous aider à accomplir notre but : sortir notre prochaine version avant le 31 décembre ! Je suis également dispo pour toutes les questions que vous auriez, ou vous montrer la version actuellement en développement. Merci d'avance !
Et si vous voulez savoir de quel site il s'agit et voir notre version actuelle, c'est simple, dans les liens : Teruki Paradise.

Posté par ladyteruki à 14:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]