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Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

14 décembre 2008

Ô Temps, accélère ton vol !

Je ne sais plus trop ce que je cherchais, mais j'ai glissé un oeil dans mon historique, cet après-midi.
Et là, Google m'a tout dit. Google m'a dit tout ce que je cherchais dans la vie.

Je n'avais pas pris conscience de tous les changements que je projetais ces derniers temps. Je me suis peut-être un peu convaincue que j'étais contente de ce que j'avais, même si je n'y croyais qu'à moitié. Depuis septembre, je n'ai de cesse de répéter à qui veut bien l'entendre que pour le moment, je profite. Je profite, mais en même temps, j'attends qu'on me change de poste et que je parte loin de cette collègue poison, donc en fait je ne profite pas tant que ça. Je suis dans une nouvelle période transitoire, dans une nouvelle salle d'attente. Elle est simplement plus agréable que la précédente parce que j'ai un travail, des revenus et plus de loisirs. Mais en réalité, Google me l'a bien dit : je cherche encore plein de choses dans la vie. J'en veux plus.
La vérité c'est que j'attends d'avoir eu ma titularisation (tout le monde me dit que ce n'est qu'une formalité mais j'ai si peur qu'en réalité je ne l'obtienne pas, surtout avec l'ambiance au bureau pour le moment) pour passer à la vitesse supérieure.
Et Google m'a bien dit où je voulais en venir. Google voit bien "logements interministériels", puis "adopter un chat". Et dans mon historique on peut d'ailleurs voir aussi les heures passées sur les sites IKEA ou Alinéa...
Mon ordinateur entier, en fait, crie ce que je ne veux pas m'avouer : partir, m'installer, enfin, chez moi, ailleurs. Les plans, les budgets, les fictions, même ; des dossiers entiers de mon PC disent combien je trépigne.

Tout dans mon attitude, si je prête un peu attention, dit en fait ma frustration.

J'ai étudié pendant plusieurs heures ma liste de Noël. Rien à faire, je ne demande que des choses qui ne me satisferont pas complètement. Je passe faire des achats sans arrêt, mais la frustration est trop grande parce que je n'achète pas ce que je voudrais vraiment. Je voudrais en fait m'acheter des meubles, du linge de maison, de la vaisselle, toutes ces choses qui n'ont pas de sens aujourd'hui parce que je déménage, normalement, si Dieu le veut, dans plusieurs mois. Alors j'achète ces livres, ces DVD, je meuble en fait le temps, j'attends. La titularisation est loin et je ne suis pas encore, pas vraiment, en sécurité. D'une certaine façon, et tout paradoxal que ce puisse être, dépenser mes sous dans une FNUC est le plus raisonnable que j'aie trouvé.

Je passe un temps fou sur Paris. J'ai toujours une bonne excuse pour humer l'air pollué des bords de Seine. Il y a toujours un bâtiment à regarder avec nostalgie. Je retiens mes larmes et je me dis que je suis idiote d'être émue. Je me surprends à me dire que je vais descendre à cet arrêt pour rentrer. Mais ce n'est plus chez moi. Je dois prendre le RER jusque tout là-bas. J'ai même failli demander une carte 1 zone, à la SNCF, il y a quinze jours. Juste par réflexe. Un réflexe vieux de 5 ans. Un réflexe dont je ne m'explique pas pourquoi il revient maintenant. Parfois je me promène et je me dis que si je remontais cette rue, juste celle-là, je serais à la maison, mais ce n'est plus ma maison, ou pas encore. Je m'absorbe dans la contemplation des plans du métro sans faire exprès, et je me dis que ce serait bien dans cet arrondissement, ou celui-là... en fait tous me plaisent, j'ai juste envie d'en être à ce stade. A ce stade où je peux rester après le resto, aller me faire un ciné, et rentrer chez moi sans craindre d'avoir loupé le dernier train. A ce stade où je ne suis plus en exil.

Le soir, je vais me coucher sur ce petit lit une place que je ne supporte plus. Les lattes ont lâché il y a bien longtemps. Je hais que le matelas soit posé à même le sol, mais je me refuse à tout investissement en ce sens. Bientôt, je vais déménager, et j'achèterai un lit plus grand, de toutes façons. Encore quelques mois. Je n'en suis plus à ça près, n'est-ce pas ? Quelques mois encore. Pas plus. A l'automne je prends mes clics et mes clacs. Je me barre. Peut-être même que je brûlerai le matelas.

Je ne supporte plus l'appartement de toutes façons, je le méprise. Je n'ai plus envie d'en prendre soin. Je me gronde pour ça, mais je n'arrive pas à m'en vouloir. Quand je casse quelque chose, je hausse les épaules : d'façons, je me tire. Oh ouais, je me tire bientôt. Plus que quelques mois.

Je ne devrais pas dépenser mon argent. En janvier, j'arrête les dépenses, je me le suis promis. Mais j'ai aussi besoin de me dire que je vis déjà un peu, quand même. Que je profite. Mais en janvier j'arrête, j'économise. Sauf que ce sera alors une nouvelle forme de salle d'attente et cette seule pensée m'exaspère. Je n'en peux plus. Je veux mon chez moi. Je veux me barrer d'ici. Je veux ne plus être réveillée par les trains en pleine nuit, je veux ne plus avoir à prendre ces mêmes trains pour aller travailler à plusieurs dizaines de kilomètres d'ici, je veux me casser, je ne supporte plus d'être si loin de chez moi.

Mais même l'aide de Google ne m'est en fait pas d'un grand secours. Il y a des annonces à lire, mais si je les imprime, à quoi bon ? Il y a tellement de temps, encore, avant de monter d'un barreau sur l'échelle de la satisfaction. Toutes ces annonces n'auront plus de sens à l'automne prochain de toutes façons. Rien ne peut tuer cette frustration.
Il y a tellement de démarches à faire, mais aucune que je ne puisse entamer maintenant.

Tout ce que je veux, c'est encore avancer.

Non, je ne suis pas heureuse. Réussir le concours, ça n'a pas suffit. Je veux plus. Et une fois encore, ce qui manque, c'est que le temps ne s'accélère pas.

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04 décembre 2008

Retour vers le futur

Je sens bien qu'avec ce qui se passe au travail, je suis involontairement tournée vers le passé en ce moment. Certaines personnes ont juste le don de rouvrir les portes qu'on a tout fait pour tenir fermées.
Depuis l'anniversaire de ma mère, certains épisodes douloureux me reviennent avec une violence inouïe. Mais, à la rigueur, à ce que mes souvenirs de guerre me reviennent, je m'y attendais un peu vu ce qui s'est passé. Avec cette collègue, je sais que j'ai en fait remplacé un harcèlement par un autre. J'y réagis peut-être un peu mieux qu'il y a 20 ans, et ce serait heureux, mais je m'aperçois bien des similarités, j'ai appris à les dépister.

Ce à quoi je m'attendais moins, c'est à tout un tas d'épiphénomènes plus ou moins conscients.
Je sais que je vais sur Copains d'avant consulter tel profil, de cela je suis par exemple pleinement consciente. C'est une partie moins sombre de ce qui s'est produit par le passé, ça n'a rien à voir avec mon père, mais je prends quand même une demi-heure pour y retourner, et faire ce voyage n'est pas innocent en cette période où, au moins une fois par semaine, je fais à nouveau mes cauchemars de vampires. Largement moins prévisible était le rêve de cette nuit.

Je le sentais un peu distant, je me disais que je me rapprochais de lui par réflexe, "encore", et que j'allais à nouveau en souffrir. Mais au moment où nous nous embrassions prudemment, du bout des lèvres, et que je reconnaissais le goût âcre et si particulier de sa salive, il me disait alors, avec cet air à la fois pur et bête qu'il avait autrefois, qu'en réalité, cette fois, il voulait y aller doucement, pour ne rien gâcher.
C'est mon dernier souvenir : la bouffée de tendresse qui m'a envahie en entendant ces mots.
Je me suis réveillée, et je me suis dit : c'est vrai, il est le seul dont je me souvienne du goût de ses baisers. A une époque, je le lui reprochais.

N'allez pas croire que c'est de la nostalgie ou des regrets, et encore moins quoi que ce soit d'autre. C'est juste qu'en ce moment, je vis un peu dans un autre espace-temps. Mon cerveau n'a de cesse, pendant mes heures de veille comme celles de sommeil, de raviver tout un tas de souvenirs, certains douloureux, certains doux, certains amers, certains terrifiants, venus de plein d'époque de ma vie.
Ce n'était qu'un rêve, mais un rêve qui comme par hasard tombe maintenant, au moment où je voudrais tant aller de l'avant, mais où quelque chose me retient en arrière. Me retient au fond.

Ce qui toute ma vie a été l'une de mes angoisses les plus vivaces, et les plus irrationnelles, se produit depuis plusieurs semaines : une main invisible, surgie des ténèbres, a attrapé ma cheville.

Du coup, vu l'état dans lequel j'étais, j'ai pris LA décision. Celle dont je savais depuis des années que je la prendrais quand j'aurais de l'argent.
J'ai de l'argent. Je l'ai prise.

Demain, je replonge encore plus dans toutes ces années. Pour en sortir une fois pour toutes, à terme.
J'espère.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Tomodachi no Uta

Je consulte sur Copains d'avant le profil d'une copine de lycée. Ses loisirs d'aujourd'hui ne me surprennent pas. En un peu moins de 10 ans, ils ont évolué de façon plutôt logique.

Ce qui m'amuse, c'est que les Artistes qu'elle écoute... j'ai fondé un site qui en parle. Je me plais à imaginer qu'elle est peut-être déjà venue sur mon site, peut-être même de façon régulière, et qu'elle ne sait pas que je me cache derrière ce pseudo, et l'idée m'amuse beaucoup de me dire qu'en fait nous sommes plus proches qu'elle ne l'imagine (et qu'elle ne m'a jamais laissé l'être, elle qui se protégeait tant).

Je me fais sans doute tout un film, mais la communauté de Jfans francophones n'est pas non plus si étendue.

Ça se trouve elle me lit, et elle ignore qu'à côté de moi, dans l'armoire, il y a encore quelques uns de ses dessins. Et on se croise probablement, comme ça, sur internet, depuis plusieurs années, et je trouve l'idée vraiment amusante. Ça se trouve ça fait même des années qu'elle fait partie des commentateurs réguliers ! C'est amusant comme idée, non ?
Peut-être un peu triste aussi, mais surtout amusante.

Cette simple idée la rapproche de moi, sans que je n'aie à la contacter pour renouer de quelque façon que ce soit. Quelque part, elle écoute infection ou SLAP THAT NAUGHTY BODY.

Combien y a-t-il de chances pour qu'elle s'imagine un jour que j'en fais autant de mon côté ? (enfin, plutôt infection, à choisir, mais bon)

Je n'ai aucune envie de renouer avec la plupart des mes connaissances passées. J'aime voir où ces amis d'il y a 10 ans en sont, ce qu'ils ont fait de leur vie, s'ils ont beaucoup changé... mais je ne vois pas l'intérêt de revenir, justement après tout ce qui s'est passé dans la vie de chacun, et après tous les changements qui se sont produits.
De la même façon que jamais je ne pourrais reprendre le contact avec Rel (même si maintenant ça m'est moins douloureux à envisager qu'il y a quelques années), je préfère laisser toutes ces amitiés passées où elles sont, m'en tenir là, ne pas chercher à raviver quelque chose qui de toutes façons n'existera plus.

Mais quand j'écoute infection, j'y pense quand même un peu, maintenant.

Posté par ladyteruki à 10:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]