ladytherapy

Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

23 août 2007

Au mérite

J'ai été élevée dans l'idée que dans la vie, "tout se mérite", et qu'"on n'a que ce qu'on mérite". On vit de toutes façons dans une société qui pense en terme de mérite. Il faut mériter ce que l'on a et même ce que l'on est. Etre français, être travailleur... tout se mérite. Si tu veux le devenir, tu ne le devras qu'à ton propre mérite. Et si tu le mérites, alors tu le deviendras !

Est-ce que c'est vrai ?

Quand j'étais en thérapie il y a plusieurs années, j'étais impreignée de tout cela. Et ma psy me répétait "mais enfin, on n'a pas ce toujours ce qu'on mérite dans la vie ! et puis qui jugerait qui mérite quoi ?"
En ce moment ? Tout le monde et n'importe qui. Comme on vit dans une société basée sur des idéaux de mérite, et où, notamment avec internet, tout le monde peut trouver son espace de parole, alors n'importe qui se permet de juger de qui mérite son travail, son argent, sa liberté, sa nationalité, l'endroit où il vit...

Mes parents font partie de ces voix. Ils jugent. Ils s'octroient le droit de juger mon existence à l'aune de ce qu'ils en savent, c'est-à-dire pas grand'chose, d'autant qu'ils ne se sont jamais intéressés à un grand nombre de sujets (combien de fois me suis-je fais rabrouer le soir pour avoir parlé de mes histoires avec mes copines, sur l'air de "mais si je te demande comment s'est passée ta journée c'est pas pour ces conneries !"). Les émotions ? Ils s'en fichent. On dirait que ce sont des machines à statistiques, ils collectent des chiffres : combien de temps a-t-elle travaillé, quel âge a-t-elle, combien elle nous doit. Et le statistiques ne sont pas en ma faveur il faut bien le dire.

Est-ce que pour autant je mérite d'être traitée ainsi ? Je ne peux pas m'empêcher de me le demander... mais ce qui me semble être le comble de l'horreur, c'est que je ne parviens pas à trouver une réponse.

Au fond de moi, je suis toujours convaincue que je n'ai que ce que je mérite, et que je ne mérite que ce que j'ai. Et encore, je devrais m'estimer heureuse de l'avoir car je le mérite à peine.
Ai-je le droit d'attendre de mes parents qu'ils m'aiment comme j'en ai besoin, alors que je ne parviens pas à me réconforter moi-même ?
Souvent, je me dis que j'ai les parents que je mérite.

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22 août 2007

Trahison

Ce n'est pas le fait qu'ils me demandent de l'argent qui me choque, je sais que je n'ai pas payé ce loyer et je n'ai aucune intention de le nier. C'est le fait que mes propres parents ne m'aient pas adressé la parole pendant des mois, et que les seules nouvelles directes que j'obtiens d'eux après tout ce temps, c'est une lettre de menace.

Menaces voilées d'expulsion, de poursuites judiciaires... plutôt que d'agir comme si nous étions de la même famille, et prendre le téléphone, et en discuter en adultes. Je ne vois pas pourquoi ils prennent de telles mesures alors que je n'ai jamais rien nié, je n'ai jamais refusé de payer : juste pas pu. Je vis depuis le début de l'année avec l'argent que j'ai gagné pendant 5 mois en été et automne dernier, et si j'avais dû payer le loyer, je ne sais pas comment je ferais actuellement. C'est la seule raison pour laquelle je n'ai pas payé ce loyer, et je n'ai jamais eu l'intention de m'en cacher ! Pourquoi ne pas en parler avant de sortir l'arsenal juridique et m'envoyer des recommandés ?

Ils me disent qu'ils ont besoin de cet argent parce que mon père va bientôt être à la retraite, et qu'ils ont des ennuis de santé. Je pensais que mon père n'entrait pas en retraite avant quelques années encore, et j'ignore de quels problèmes de santé on parle : les mêmes depuis des années qui empirent, ou de nouveaux ? Mais ils ne me parlent de rien eux non plus, et maintenant ils utilisent ces raisons pour me prendre de l'argent que je n'ai pas... et ça non plus ils ne s'y intéressent pas, au fait que je n'en ai pas. Ils sont partis en vacances (et je ne leur reproche rien même si évidemment je suis un peu jalouse, mais ils ont gagné leur argent et je ne vais pas leur reprocher de s'en servir) mais ils ne m'ont même pas envoyé une carte pour partager leur plaisir de réaliser le rêve de toute leur vie, j'ai appris ça par ma soeur, voilà tout, mais d'eux rien, et pourtant c'est quelque chose que j'aurais eu envie de partager, moi.
Et aujourd'hui, leur courrier typographié commence par "n'ayant pas de tes nouvelles depuis le début de l'année" ! Mais moi je n'ai rien de spécial à dire, alors qu'eux ont visiblement des nouvelles à me donner mais me tiennent à l'écart. Dans ce cas je trouve injuste de sous-entendre que je suis une fille indigne si eux-mêmes ne m'ont pas non plus adressé la parole !

Pas de nouvelles depuis le début de l'année ? Ce qui en plus est faux. Nous nous étions parlé plusieurs fois au téléphone, et la dernière dont je me souvienne, c'est mon père m'appelant de son portable pour me dire qu'il avait acheté une vitre pour la douche de mon appartement, mais qu'il ne la poserait qu'une fois terminé les travaux dans l'appartement de ma soeur. "Il me reste encore des choses à faire, on en reparle quand j'ai fini, en attendant prend les mesures du bac de douche, tu me les donneras à la prochaine occasion". Mais il n'y a jamais eu de prochaine occasion. Je ne l'ai pas créée, non plus, mais je pensais que vu les tensions, ça ne servait à rien d'appeler pour avoir l'air de réclamer.

Je pensais qu'il y avait une sorte de statu quo. En fait ils préparaient sans doute cette lettre bourrée de termes juridiques, de menaces lourdes (de "procédure longue, couteuse et psychologiquement difficile").

Ce sont vraiment mes parents ?

J'ai envie de pleurer en disant ce mot. Des parents. Je ne sais plus trop ce que sont des parents. Heureusement que mon homme me rappelle que des parents peuvent aussi prendre le téléphone pour parler, des parents s'intéressent au sort de leur enfant et parlent aussi de ce qui leur arrive, à eux. Des parents communiquent. Mais chez nous il n'y a plus tout ça depuis bien longtemps, si ça a jamais été.

Je pensais que nos distances étaient dues à une sorte de compréhension de la situation. Je réalise que ça n'a jamais été le cas. Ils n'ont que du mépris pour moi, mais pourquoi je m'étonne ? J'avais une dizaine d'années quand je me faisais traiter de gourde, de conne, quand ils me disaient que je n'arriverais jamais à rien dans la vie, que ma vie serait misérable...
Pourquoi maintenant que je leur prouve qu'ils avaient raison, que je ne suis qu'une merde, me donneraient-ils la moindre considération ? Pourquoi, alors que je ne suis qu'une ratée à leurs yeux, tenteraient-ils de me comprendre, de me respecter, de ne pas me heurter ? L'ont-ils vraiment jamais fait ?

Pourquoi je m'attends toujours à ce que nos relations s'améliorent, même juste un peu ? Pourquoi je pense que l'âge avançant, nous allons nous comporter avec plus de dignité les uns vis à vis des autres ?

Aujourd'hui, ce n'est pas d'être mire au pied du mur financièrement qui me brise le coeur, évidemment je ne saute pas de joie, mais plus que tout c'est de la trahison que je ressens. Je pensais qu'ils étaient mes parents quand ils ne se positionnent qu'en propriétaires.

Je ferme les yeux et je revois la moustache touffue de mon père, hurlant de rage, me dire que la famille, c'est le plus important dans la vie.

Et je les hais si fort de ne pas m'aimer.

Posté par ladyteruki à 18:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]