ladytherapy

Tout savoir sur ladyteruki, y compris ce qu'elle même ignore...

25 mars 2006

Ce qui me manque

Rire du tour de force accompli par l'équipe du Président Bartlet, me retourner, et voir qu'il n'est pas là pour saluer l'effort avec moi. Il ne me manque que ces jours-là. Mais ces fois-là, c'est pas à moitié.

L'ami me manque. Je sais que je ne le retrouverai jamais. Je n'ai même pas envie d'essayer. Mais une fois de temps en temps, les bons souvenirs reviennent, et ce ne sont que des souvenirs. [soupir]

Je ne sais pas pourquoi je pense à lui depuis que ma grand'mère est morte. Ou plutôt je le devine, mais ne comprends pas que ce sentiment perdure. J'ai presqu'immédiatement pensé à lui ce soir-là. Je me suis dit qu'il savait sans doute ce que je ressentais. Mais surtout j'ai ressenti de la colère contre lui, j'ai pensé : "il l'avait rencontrée, lui, il a passé du temps avec elle", j'ai ressenti le besoin de lui faire me rendre les moments où il l'avait cotoyée. Comme si j'avais besoin de temps en extra avec elle, et qu'il devait me rembourser de ces moments-là. C'était stupide, mais la mort de ma grand'mère m'a fait penser à lui de cette façon.

Et depuis, une fois de temps en temps, je continue d'y penser. J'ai envie de jouer à un jeu video... c'est lui qui l'a gardé. Je regarde A la Maison Blanche... je ris et m'émeus seule. Je classe mes cassettes videos et tombe sur le final d'Angel... qu'est-ce qu'elle était bien cette autre saison qu'on avait regardé d'une traite, en moins d'une semaine ! Quelqu'un me parle de photos de moi, je dis que je n'en ai aucune récente de moins de 5 ou 6 ans... je me souviens soudain que je mens, il ya celles à EuroDisney. De petites choses.

Je n'ai pas été prise de l'envie de l'appeler depuis des mois et des mois. Peut-être même depuis un an. Je ne m'en soucie plus à un tel point, que je ne me souviens même plus de la dernière fois où j'ai eu un pincement au coeur en pensant à lui, alors que d'ordinaire je n'ai besoin de faire aucun effort pour me souvenir de ce type de choses, du moins tant qu'elles me hantent.

Je m'étonne chaque fois que je m'aperçois qu'il est venu sur mon blog, mais n'ai pas la moindre envie de lui envoyer un mail, même si dans ses commentaires, il laisse son adresse. Pas un seul instant il ne me viendrait l'idée de reprendre contact. Et puis je sais très bien que, quand bien même je le ferais, rien ne serait plus jamais comme alors. Et c'est l'ambiance d'alors qui me manque. Ce sont les coup de fils d'une heure ou deux le soir, à commencer à parler de choses sombres pour finalement parler de séries. Ce sont les rires et les échanges de vannes. Les conneries, quoi.

Pourtant, à la vérité, je n'ai pas très envie de voir des gens. J'ai deux ou trois noms qui me viennent à l'esprit, de personnes qui ne demandent qu'à avoir des relations moins superficielles avec moi. Il y a cette amie du lycée avec qui petit-à-petit je reprends contact. Cette autre que je snobe copieusement sans avoir le cran de lui expliquer pour moi (c'est comme ça, je préfère éviter d'expliquer frontalement et laisser les choses se tasser toutes seules). Cette membre de mon forum qui s'étonne que je ne sois pas plus causante avec elle en privé. Et puis aussi, bien-sûr...

Et il me convient parfaitement de rester à la surface des choses avec toutes ces personnes, et toutes les autres. Quel que soit le degré d'amitié que je ressente pour eux, je ne leur accorde qu'une place modérée dans ma vie, totalement par choix, et j'en suis ravie. A force d'ignorer des mails ou des coups de fil, de faire du silence radio à dose plus ou moins intensive, j'ai fini par obtenir la distance exacte à laquelle j'aspirais, et vais aspirer quelques temps encore, sans doute. Donc il ne me manque pas des amis. Ca va très bien pour moi de ce côté-là et c'est même un des rares qui me donne autant satisfaction en ce moment. Il ne me manque pas des amis, il me manque juste lui. Lui l'ami.

J'y repensais, un peu plus tôt, justement après avoir eu ce petit soupir pendant A la Maison Blanche, ce soupir de regret qui voulait dire "il aurait sans doute ri sur ce coup-là !".

Je me suis demandé à quoi ça rimait. Je me suis demandé ce que pouvaient bien signifier certaines autres choses...

Par exemple pourquoi venir sur mon blog alors qu'il voulait à tout prix m'effacer de sa vie ? Pourquoi faire l'effort de le chercher, de lire plusieurs posts (et Dieu sait que mes posts sont rarement courts !), et même de prendre des nouvelles de ma famille ? Il y a peut-être un an, peut-etre légèrement moins, je me serais faite des idées sur le sujet. Mais au jour d'aujourd'hui, c'est simplement au-delà de mes facultés de compréhension. Je l'ai effacé de ma vie ; pas de mon passé, ça c'est évident, même si je le voulais j'en serais incapable, il a fait partie de mon existence pendant 5 ans et je ne peux l'effacer ni l'oublier, mais en tous cas, il n'est plus dans mes pensées (à part depuis deux semaines, comme je le disais, mais le cas est un peu particulier, non ?) Je ne me demande pas ce qu'il fait, comment il va, s'il s'en sort, s'il lui arrive des trucs bien, ou quoi ou qu'est-ce, enfin tous les trucs que je me demandais presque tous les jours à son sujet, lorsque j'étais encore sous le choc de la rupture et de l'éloignement physique. Je ne rêve plus de lui, non plus. Ok pas vraiment, mais c'était aussi dans les deux dernières semaines, c'est un cas à part encore une fois. Mais en-dehors de ces deux dernières semaines, où j'ai quand même été émotivement très bousculée il faut bien le dire, vraiment, je ne m'intéresse plus à lui en aucune façon.

Alors que moi, quand la séparation s'est faite, je ne le voulais pas ! Lui qui a voulu cet éloignement, cet effacement même, comment ça se fait qu'il ressent le besoin, une fois de temps en temps, de venir voir comment je vais ? Est-ce que j'ai loupé un truc ? Est-ce que je dois penser que je suis une mauvaise personne pour ne plus me préoccuper de lui et de son devenir ? Suis-je sensée, je ne sais pas, moi, regarder les infos, voir qu'il se passe un truc à Nantes, et me demander comment il va, ou l'impact que ça a sur lui, ou je ne sais quoi d'autre ? Dieu du ciel, j'ignore même s'il s'est passé quoi que ce soit de spécial à Nantes ces derniers temps ! C'est pas comme ya un an où je pouvais même pas regarder la meteo sans penser à lui, on en est à mille lieues ! J'ai fait une croix dans ma vie de tous les jours. J'aurais pensé qu'il l'aurait faite avant moi. Dois-je comprendre que ça n'a pas été si facile pour lui de m'oublier ? Après tout qu'est-ce qui m'étonne, j'ai été dans sa vie le temps qu'il a été dans la mienne, si je ne peux l'effacer, sans doute que lui non plus, pas si facile apparemment, puisque moi-même j'ai encore des périodes, comme en ce moment, où je pense à lui. Et puis ça fait plusieurs semaines maintenant qu'il n'a rien posté sur mon blog, je ne vois pas pourquoi je me pose tant de questions.

Tout ça, c'est la faute à la série A la Maison Blanche. Je n'aurais jamais autant cogité si j'avais pas regardé ce foutu épisode cette nuit. Les questions se seraient estompées, de la même façon que la douleur d'avoir perdu Mémé s'est atténuée, déjà. Déjà...

Mais pourquoi ces deux-là sont-ils tellement liés dans mon esprit, que lorsque je perds l'un, je ne peux m'empêcher de penser à l'autre ?

On en est là. L'ami d'une autre vie me manque. Je ne le retrouverai jamais, je ne le cherche pas, mais il me manque. Comme ça. Depuis deux semaines. Peut-être encore un peu, et après je reviendrai certainement à la normale. Ca vaudrait mieux parce que je ne saurais vraiment pas interpréter ça, autrement.

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08 mars 2006

Fini

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06 mars 2006

Seule

Elle va mourir seule. A l'hôpital, on a demandé à ma mère si elle souhaitait ou non être appelée de nuit pour être prévenue, si jamais ça n'arrive pas pendant la journée. Sinon, on l'appellera au petite matin. "On la garde jusqu'à 8h", fait l'infirmière d'un ton qui se veut rassurant.

Je n'arrive pas à croire ça. Non seulement qu'elle en parle sans aucune retenue à trois pas à peine de la chambre (après, étonnez-vous qu'elle n'ait pas envie de se battre ! tout le monde parle déjà d'elle comme si elle était déjà morte !), mais surtout de ce que sous-entend cette proposition. Ma grand'mère va mourir, et elle va mourir seule. Et tout le monde trouve ça normal. Comme si, même, ce serait gênant. Ca prendrait trop de place.

Meurt dans ton coin, n'embête personne. Si on veut dormir, ne va pas vous faire réveiller ! Au petit déjeuner, on verra ça.

C'est donc un certitude, ma grand'mère va mourir seule. Sans douleur, mais seule. Oxymore.

Maintenant ils vous font des services très pratiques pour tout. On vous envoie un mail lorsque vos fleurs de la St Valentin sont arrivées (ne vous dérangez pas pour appeler l'élu de votre coeur, Interflora fait ça pour vous), on se fait envoyer un SMS par l'agence d'interim (c'est pas comme si chercher un emploi avait vraiment de l'importance !), et on vous appelle au petit déjeuner pour ne pas vous réveiller si votre mère meurt. C'est normal.

BORDEL DE MERDE : C'EST NORMAL.

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Quinze jours à trois semaines...

...et ce sera la fin de l'univers "Grand'mère".

J'ai envie de vomir.

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01 mars 2006

Ma grand'mère va mourir

Quand on est la petite-fille de quelqu'un, on grandit avec l'idée que ces personnes partiront avant nous. En ce qui me concerne, je ne me rappelle pas d'une époque où il n'aurait pas été clair pour moi que je perdrais mes grands-parents un jour. Le plus dur c'est de penser qu'à ce moment-là, mes parents perdront leurs propres parents. Et là ça me rapproche du moment où je serai orpheline. Mais c'est encore loin. Et même ça, c'est tout-à-fait concevable pour moi. Je ne prétends pas que je m'en sortirai sans un bleu, sans une larme, mais je me suis, en quelques sortes, faite à cette idée. Peut-être aussi que lorsqu'on a passé plusieurs années de sa vie à songer, penser, voire envisager la mort, on voit les choses autrement. On y passe tous un jour, je ne peux pas lutter contre cette réalité et d'ailleurs je n'essaye pas. Je ne suis pas de ceux qui espèrent vaguement que certains êtres chers seront éternels. Je ne suis pas comme mon père, qui refuse cette idée. Je ne suis pas vraiment surprise, quand ma mère commence à dire "il vaut mieux qu'elle commence à voir des gens avant que..."

Mais voilà, ma grand'mère va mourir. Elle est là, dans ce lit d'hôpital, elle regarde le plafond. Elle n'écoute plus les médecins. Je me demande si ça vaut la peine de les écouter dans le fond. Elle attend.

J'imagine ma mère, qui prend sa voiture tous les soirs. Comment elle serre le frein à main lentement, très lentement, avant de prendre son sac et sortir de la voiture. Le léger soupir qu'elle retient avant de pousser la porte de la chambre. La façon dont elle crispe bien fort ses mains sur la lanière de son sac... ses mains en peau de poulet qui disent qu'elle va par là, elle aussi, ses mains qui me font mal. Comment elle crispe la mâchoire comme elle fait lorsqu'elle est impuissante. Comment elle ferme les yeux devant son volant avant de tourner la clé de contact au retour. La façon dont elle garde le silence plus encore que d'habitude, ensuite.

La façon dont elle est seule. Dont elle est déjà seule.

Moi, je ne l'ai pas encore vue, ma grand'mère. Je ne l'ai pas vu depuis qu'on a "fêté" mon anniversaire. Déjà là, ça n'allait pas fort. Mais les vieux, ils ne vont jamais fort. J'avais bien remarqué que c'était pas la grande forme, mais je n'ai pas fait attention. Je ne me le reproche pas. Ma grand'mère et moi, ça n'est plus ce que c'était. Déjà avant de cohabiter ensemble ça n'était plus ce que c'était, alors après ces six mois passés l'une à supporter la différence de l'autre, on s'est encore plus éloignées sous ce toit. Elle ne comprend plus la personne que je suis. Et je ne comprends pas comment elle a pu changer autant.

Vous auriez du la connaître il y a quelques années. C'était vraiment une grand'mère géniale. Ce n'était pas tant le fait de m'emmener en vacances (quoique rien que m'éloigner de la maison, c'était déjà miraculeux), c'était d'écouter. Quand j'étais plus jeune, je pouvais lui parler de tout. Pendant le lycée, j'allais la voir le lundi midi. Elle cuisinait pour douze et je finissais quand même les plats. Et je lui parlais de tout ce qui ne se disait pas à la maison. Je lui parlais de mes amies. De mes rires. De mes passions, un peu. Elle écoutait. Et surtout, elle parlait. Inlassablement et pendant des heures, elle racontait tout ce qui était elle. Je l'ai écouté au moins pendant la moitié de ma vie, c'est sûr. Je connais ces histoires par coeur. Il faut bien. Un jour c'est moi qui les raconterai.

Vous auriez du la connaître. Bien-sûr vous ne pouviez pas. Plus personne ne pourra. Ne verra la colère dans ses yeux gris en repensant à ses indignations passées. Ne verra les joues de couperose se gonfler en racontant quelques bêtises qui n'étaient pas vraiment drôles, mais on s'en fiche.

La petite fille en moi ne la voit plus depuis longtemps. La grande ne la voyait pas très souvent depuis que j'avais déménagé. Mais maintenant...

Je me réveille le matin depuis deux semaines en me disant que c'est aujourd'hui. Que quelqu'un va m'appeler. Et s'ils ne le faisaient pas ? Tous les deux jours, c'est moi qui appelle. Ca ne s'arrange pas, mais on n'y est pas. Je ne me couche pas. Ou trop tôt. Ils vont appeler ce soir, c'est sûr. Ou tôt le matin ? En plein après-midi ? Et si j'éteignais le téléphone ? Au moment où j'écris, ça se trouve... qui sait ?

C'est comme cette chanson.

L'an dernier, j'avais rêvé de ma grand'mère. L'autre. Juste avant d'être réveillée par un de ces fameux coups de fil. C'est quelque chose à quoi j'essaye de ne pas penser, depuis un an, parce que, j'ai beau savoir que mes rêves m'envoient des messages, je n'aime pas me rappeler de la seule fois où ils ont eu raison. Après, pour ne pas croire aux rêves prémonitoires... Est-ce que je vais me prévenir à l'avance cette fois ? Est-ce que mon subconscient me le rendra supportable ? Au moins quelques minutes de plus ? Est-ce que je vais réussir à bien le gérer en plus du reste ?

Dans le fond, bien-sûr que je vais y survivre. Ce n'est pas comme si on me donnait le choix. Et ce n'est pas comme si je ne savais pas ce qui se passe. Dans un jour, une semaine ou un mois, ou un an, bien-sûr que je sais que ça arrivera. Mais c'est l'attente, vous comprenez ?

Voilà. Ma grand'mère va mourir.

Posté par ladyteruki à 13:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]